Photos © Fabrice Schiff et DR

Par Marc Polisson

Depuis trois ans déjà, les collaborateurs de Claude Aguttes se démènent pour faire de la capitale de la gastronomie une place forte du véhicule de collection après Paris. Et ce qui pouvait apparaître comme une gageure est en passe de se transformer en pari. Réussi.

Elles se morfondent au fond d’un garage, assoupies depuis des lustres, dans l’attente d’un hypothétique réveil. Dans le jargon des collectionneurs, celles qu’on appelle des « sorties de grange » font rêver tous les commissaires-priseurs de la planète auto. La découverte, l’an dernier, d’une collection intacte, dans une propriété des Deux-Sèvres a fait l’effet d’une bombe. Une soixantaine de véhicules dormaient depuis plus de 50 ans dans les hangars de Roger Baillon, un transporteur de Niort, victime d’un revers de fortune.  Parmi les trésors enfouis, la Ferrari 250 GT California d’Alain Delon qu’on croyait disparue. L’émoi suscité s’est soldé par un chèque retentissant de 25,15 millions d’euros, soit deux fois son estimation initiale, lors de la dispersion de la collection au salon Rétromobile. Une histoire qui tourne en boucle dans les bureaux d’Aguttes aux Botteaux, où travaillent d’arrache-pied l’expert Benjamin Arnaud, Arnaud Faucon et Geoffroi Baijot, aux côtés de Maître Agathe Thomas et de Marion Quesne. L’étude lyonnaise a pris son rythme de croisière en organisant quatre fois par an des ventes aux enchères volontaires d’automobiles de prestige rapatriées du quart Sud-Est de la France mais aussi de tout l’hexagone et même de Suisse. Plus besoin de monter à la capitale pour vendre son véhicule de collection. Professionnels et collectionneurs ont vite compris tout l’intérêt que représente géographiquement Lyon, place centrale et facile d’accès. De plus, la salle des pas perdus de la gare des Brotteaux constitue un écrin magique pour les belles mécaniques. La régularité des ventes et la qualité des acheteurs ont permis de fidéliser une clientèle de passionnés qui ont pris un abonnement aux Brotteaux.

A quelques jours de leur prochaine vente aux enchères, les spécialistes multiplient les démarches et activent leur réseau afin de proposer un plateau de grande qualité. C’est à qui dénichera la perle rare. « Chaque voiture a une histoire particulière, l’occasion de rencontres aussi belles qu’inattendues » assure Benjamin Arnaud en mettant la dernière touche à son catalogue. D’ores et déjà annoncées pour le samedi 7 novembre : une Ferrari 512BBi de 1984 estimée entre 350 000 et 400 000€ ; une Porsche Speedster 911, 3,2 litres (190 000/210 000 euros) ; la Jaguar XK 150S Roadster ex-Gérard Louvin (140/160 000 euros) ; un cabriolet Rolls Royce Silver Cloud I DHC (140/190 000 euros), mais aussi des véhicules à petit prix comme cette Maserati Quattroporte de 1979 à restaurer entièrement, estimée entre 3000 et 5000 euros et de très rares véhicules utilitaires électriques de 1940 (Pierre Faure et Autelec) dans leur jus. Sans oublier une F50 miniature et une baby Bugatti estimée 25 000 /35 000€ ! Les amateurs d’accessoires et d’automobilia se disputeront un set de bagages en cuir de Ferrari F40 n’ayant jamais été utilisé, mais aussi des roues de compétition et une boite de vitesse frappées au sceau de la marque italienne. Maître Claude Aguttes se déplacera en personne pour tenir le marteau de cette vacation exceptionnelle dont le succès pourrait ouvrir les portes du salon Epoqu’Auto. A suivre !

Vente aux enchères véhicules de collection et automobilia
Samedi 7 novembre 2015 à 14h30
Gare des Brotteaux – Place Jules Ferry – Lyon 6


Bébé_Bugatti Lyon PeoplePropriété d’une famille lyonnaise depuis une soixantaine d’années, cette baby Bugatti est estimée entre 25 000 et 35 000 euros

Conditions de vente
Pour les vendeurs, il n’y a aucun frais d’engagement, l’inscription au catalogue est gratuite. En cas de vente, l’étude ne prélève aucun frais jusqu’au prix de réserve. Au-delà, elle encaisse 10% du montant adjugé.
Pour l’acheteur, il faut rajouter 20% au montant adjugé.