Après avoir donné de la voix contre l’érection du monument à la mémoire du génocide arménien et essuyé une volée de bois vert, elle s’était fait toute petite. Voire discrète. Pour le plus grand soulagement de ses adversaires et amis politiques. Mais voilà qu’en s’attaquant à Christian Philip, Dominique Perben l’a fait ressortir du bois. Aux abris !   Vous aviez disparu de la circulation pendant des mois, enfouie sous un monument un peu lourd à porter… Je me suis cassé le bras… (Rires) 

Qu’est-ce que vous êtes allée faire dans cette galère contre les Arméniens ? Une galère ? Mais ce n’est pas contre les Arméniens, c’est contre l’édification de ce monument de la place Bellecour qui est inconstructible, au pied du clocher de la Charité qui est un clocher baroque dans une zone hyper protégée et à très forte densité architecturale, historique et patrimoniale. Alors que l’architecte des bâtiments de France a deux pages d’arguments pour dire qu’il ne faut pas construire, il a fallu que le maire de Lyon et le préfet donnent leur feu vert pour cette construction qui est tout à fait incongrue. Ce n’est pas contre les Arméniens, c’est contre la localisation et le mépris de toutes les règles de droit. Donc on fait plaisir aux petits copains et c’est tout. A un petit lobby qui fait du bruit, du tam-tam…  qui s’est cru tout permis. Et voilà que vous ressortez du bois… pour défendre le député Philip dont vous êtes la suppléante ! Pourtant au début ce n’était pas gagné, votre couple ! Non, ce n’était pas gagné du tout ! (rires) Christian Philip est un homme loyal, qui a fait énormément de boulot pour cette ville en tant que premier adjoint de Raymond Barre. C’est vrai que, moi en tant que maire d’arrondissement, j’étais plutôt maltraitée car Raymond Barre n’aimait pas les mairies d’arrondissement. Christian Philip a toujours été correct, c’est moi qui étais bagarreuse en fait. Au moment des législatives, il y a trois personnes qui m’ont influencé pour accepter sa proposition : Le premier entremetteur a été Jean Wertheimer, qui était son oncle et avec qui j’avais d’excellentes relations, ensuite sa mère qui était une femme remarquable et pour qui j’avais beaucoup d’admiration, et le troisième argument était quand même de taquiner Raymond Barre. C’était assez étonnant que le maire d’arrondissement qui avait tant combattu le premier adjoint et le maire de Lyon à l’époque, se retrouve suppléant de Christian Philip, je trouve que ça faisait du bien à Raymond Barre. C’est de l’anecdote ! Il faut quand même reconnaître ses qualités : c’est un bosseur, il est loyal, c’est un type intègre ! J’espère qu’il ne va pas lâcher devant Perben ! S’il renonce, je l’assomme ! (Rires) Mais ce n’est pas votre type d’homme ? Non (rires) ! Mais c’est quelqu’un qui est intéressant à connaître. J’apprécie son sens de la justice, et son sens du service. Il a un côté humain que j’apprécie.   Dans un entretien à Lyon People, le ministre-candidat a déclaré qu’il n’avait aucune leçon à recevoir de celle qui a construit l’échec de 2001 (voir interview)… Vous vous êtes senti visée ? Pas du tout parce que c’est du n’importe quoi ! Alors là vraiment pour un ministre, c’est n’importe quoi ! Qu’il s’informe et qu’il parle de ce qu’il sait ! On ne critique pas une élue qui a fait son travail, son devoir et qui s’est battue pour la ville de Lyon et qui n’a pas démérité ! Et ça je ne l’admets pas !