jacques-truphemus--st-cyr.jpg Par Alain Vollerin

Après Jean Couty, Jean-Albert Carlotti et Elysée Thomas, Jacques Truphémus était invité dans la monumentale salle des Vieilles Tours par l’association Rendez-Vous des Artistes.

Heureusement, il était à l’abri des pluies diluviennes qui chassèrent ce 3 juin 2012 les exposants présentant pourtant leurs œuvres sous tentes. On peut dire que cette manifestation est vraiment « guignarde », puisque chaque année, ou presque, la pluie est au rendez-vous. Ce qui n’a pas découragé l’équipe organisatrice qui assura le commissariat de cette exposition très réussie. Toute la sélection était remarquable, et particulièrement l’affiche constituée par une belle toile, où trois grenades disent leur généreuse présence au monde dans une manière très enlevée, nourrie de raccourcis infiniment maîtrisés. Dire le plus avec un minimum de moyens, voici une grande partie du talent de Jacques Truphémus qui a séduit à Paris la Galerie Claude Bernard. C’est ainsi qu’il est le meilleur, qu’il traite de sujets aussi différents que l’intérieur de son atelier, de paysages, de sa maison des Cévennes, de ses immenses natures mortes qui font une partie du succès de l’hommage que lui consacre le Conseil Régional. Oser la toile écrue, vierge, pour poser son motif, et obtenir ainsi, un effet de surprise qui consterne et conquiert les amateurs de peinture, et désormais un public beaucoup plus large. A Saint-Cyr au Mont d’Or, dans une ambiance de dames patronnesses, à l’ancienne, comme au début de Truphémus, Fusaro et Cottavoz lorsque régnaient mesdames Grignon Faintrenie et Bach-Sisley, on a voulu évoquer le souvenir d’Aimée, l’épouse de Jacques Truphémus qu’il a connue étudiant à l’école des Beaux-Arts de Lyon, en venant déjeuner dans la baraque tenue par les parents de celle qui allait devenir la compagne de toute une vie. Toutes ces dames bénévoles, une sorte de retour aux sources pour Jacques Truphémus. On pouvait voir aussi d’admirables dessins, des aquarelles, des œuvres qu’on ne voit plus que rarement, des quais de Saône, par exemple. Jacques Truphémus qui fêtera cette année ses quatre-vingt-dix ans est un ami fidèle. J’étais heureux de le retrouver, lors du récent hommage fait à Hélène Mouriquand. Pour conclure, mes félicitations pour cet accrochage de professionnels (contenant de très agréables surprises) au service d’un artiste qui figure parmi les plus passionnantes personnalités de la peinture à Lyon. Dommage qu’une pluie battante ait éloigné de très nombreux visiteurs.