Gérard Collomb et le maire de Villeurbanne Jean-Paul Bret accompagnés du passé Grand Maître de la GLNF Alain-Noël Dubart lors de l’inauguration du temple de Villeurbanne. Photo © Michael Augustin – Lyon Info

Par Benjamin Solly

Subventions à des rencontres inter-religieuses, aménagement d’un ascenseur à la basilique de Fourvière… Le maire Collomb a-t-il manqué à ses engagements fraternels en transgressant le sacro-saint principe de laïcité si cher à la Veuve ?

Si chaque frère est invité à continuer l’œuvre maçonnique hors du temple, peut-on considérer que l’action publique d’un maire initié doit être guidée unilatéralement par les vieilles lunes d’une maçonnerie anticléricale ? Tablier contre calotte, certains frères n’aspirent pas au repos quand il s’agit de défendre une laïcité parfois mise à mal, mais acquise depuis 1905 et la loi de séparation des Églises et de l’État.

A la loge Eugène Varlin, à l’Orient de Villeurbanne – Grand Orient de France, on épluche jusque dans les moindres détails les compte-rendus des délibérations du conseil municipal de Lyon. Et on ne digère pas le vote par l’assemblée locale de subventions de financement ou d’aménagement de structures ou d’édifices cultuels dans la capitale des Gaules.

Dans son numéro de mars, le mensuel Lyon Capitale révèle que les frères d’Eugène Varlin ont saisi la justice maçonnique pour demander l’exclusion du frère Gérard Collomb. S’il ne travaille pas dans un atelier lyonnais – Collomb a été parrainé dans la loge parisienne Droiture et Solidarité – il partage l’appartenance à la même obédience.

« La Chambre Suprême de Justice Maçonnique décidera ou non si la plainte est recevable et si c’est le cas, elle sera traitée par le jury fraternel de la région Rhône-Alpes », explique le Grand Maître du GODF José Gulino mardi 5 mars 2013 sur le blog «franc et maçon» de l’Express, baptisé La Lumière.

Ce dernier confie également au journaliste François Koch sa surprise de voir un frère poursuivi devant la Justice maçonnique pour son action en tant que maire. Du côté du siège de l’obédience, rue Cadet à Paris, il se murmure que cette plainte émanant d’Eugène Varlin pourrait avoir des allures de règlement de compte politique.