Texte : Morgan Couturier – Initialement attendu dans une salle municipale du 8eme arrondissement, le député LFI a finalement trouvé une solution de repli du côté de Villeurbanne. Une délocalisation qui passe mal du côté de l’extrême gauche, laquelle n’a pas hésité à décrier son allié écologiste.
Une invasion le mardi, un tacle appuyé le mercredi : la France insoumise la joue musclée en ce début de semaine. En cause : la présentation du livre « antifasciste » de Raphaël Arnault, initialement prévue ce jeudi 5 novembre, à l’Espace 101.
Mais alors que le maire du 8e arrondissement, Olivier Berzane, et le maire de Lyon, Grégory Doucet, ont finalement fait volte-face et décidé d’annuler ladite conférence en raison des « risques que comporte la tenue de cet événement », la France insoumise a visiblement décidé de maintenir l’événement coûte que coûte.
Et comme annoncé, la députée du Rhône, Anaïs Belouassa-Cherifi, est parvenue à trouver un lieu de repli pour le fondateur de la Jeune Garde. Son point de chute ? Un bar à bières basé à Villeurbanne : le Biéristan, réquisitionné ce vendredi 6 novembre, à partir de 19 heures.
« Nous ne céderons pas face à la menace fasciste », se réjouit la librairie associative la Tanière, chargée de la promotion dudit ouvrage. Attendu du côté de la rue Paul Lafargue, Raphaël Arnault jubile. Et en profite au passage pour tacler explicitement Grégory Doucet, accusé d’avoir annulé la réservation de la salle « à la demande de l’extrême droite ».
Le torchon brûle entre les écologistes et les Insoumis
Une charge qui fait écho à l’irruption de militants d’extrême gauche dans l’enceinte de la mairie du 8e arrondissement, ce mardi 3 novembre. Une tentative d’intimidation qui a nécessité l’intervention de la police municipale. Au grand dam d’Anaïs Belouassa-Cherifi.
A quoi joue le maire EELV de Lyon @Gregorydoucet ?
➡️ Empêcher la conférence d’un député insoumis sous pression de l’extrême droite est une faute politique.
➡️ Faire évacuer par la police municipale les citoyens assistant à un conseil d’arrondissement est une faute politique.Nous ne nous soumettrons pas à ces tentatives de censure des voix antifascistes au moment ou la haine raciste monte dans notre pays.
📍Rendez vous vendredi 6 nov à 19h au Bieristan à Villeurbanne.
— Anaïs Belouassa Cherifi (@BelouassaAnais) November 4, 2026
« À quoi joue le maire EELV de Lyon ? Empêcher la conférence d’un député insoumis sous pression de l’extrême droite est une faute politique. Faire évacuer par la police municipale les citoyens assistant à un conseil d’arrondissement est une faute politique. Nous ne nous soumettrons pas à ces tentatives de censure des voix antifascistes au moment où la haine raciste monte dans notre pays », condamne la protégée de Jean-Luc Mélenchon sur X.
Cette délocalisation rouvre en outre le débat autour de la tenue de la conférence du député LFI, récemment auditionné pour « association de malfaiteurs ». Plusieurs voix se sont d’ailleurs élevées pour annuler à nouveau l’événement. À commencer par la conseillère municipale de Saint-Genis-Laval, Agnès Marion, pour qui cette conférence relève de la provocation.
« 4 000 mètres. C’est la distance qui sépare désormais l’estrade où l’on s’apprête à applaudir Raphaël Arnault du trottoir sur lequel la tête de Quentin (Deranque) a été fracassée. Une telle initiative relève d’une indécence profonde », désapprouve-t-elle, invitant au passage à signer une pétition à destination du préfet du Rhône.
Vers une nouvelle annulation ?
Même son de cloche du côté de l’extrême droite, où Tiffany Joncour, dénonce « cette reprogrammation dans un contexte de fortes tensions ». « Changer d’adresse ne suffit pas à écarter les risques. Les habitants, les commerçants et les forces de l’ordre n’ont pas à subir de nouveaux débordements liés aux tensions entourant cette venue », déclare la députée RN.
🚨Après le retrait de la salle à Lyon pour raisons de sécurité, Raphaël Arnault déplace sa conférence dans un bar à Villeurbanne. Changer d’adresse ne suffit pas à écarter les risques ! Je demande au préfet d’interdire cette rencontre pour prévenir tout débordement.
https://t.co/rcfkoOAbBo— Tiffany Joncour (@Tiffany_Joncour) November 4, 2026
Avant de poursuivre : « La liberté de réunion doit être respectée, comme la sécurité de chacun. J’attends des autorités qu’elles prennent leurs responsabilités et toutes les mesures nécessaires pour prévenir les violences et les dégradations. Il faut anticiper, avant que les riverains et les commerçants en paient une nouvelle fois le prix ».
Déjà confronté à la gestion des différentes mobilisations lycéennes et des Gilets jaunes, le préfet Étienne Guyot aura la lourde tâche de trancher. Nul doute qu’il se serait passé d’un tel dossier.

















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