Lyon. Face aux dérives du mouvement lycéen, la Région est déterminée à faire condamner les auteurs des saccages

14 octobre, 2026 | Actualités Politiques | 0 commentaires

Texte : Morgan Couturier (Mis à jour ce mercredi à 9h) – Alors que la journée de mobilisation lycéenne de ce mardi 13 octobre a apporté son nouveau lot de dégradations, la Région Auvergne-Rhône-Alpes évoque déjà « 25 à 30 millions d’euros » de dégâts liés aux débordements.

En visite au lycée Edouard Herriot du 6e arrondissement vendredi dernier, au cœur d’un établissement où le personnel a été blessé par des engins pyrotechniques, le président Fabrice Pannekoucke déplore une escalade de la violence avec « une volonté d’atteindre aux personnes qui est inadmissible ».

Des vitres brisées, dans le hall d’entrée comme à l’étage, témoignaient encore ce mardi des heurts passés. Il faut dire que sur la place Edgar-Quinet, les manifestations ont laissé des traces. Matérielles. Physiques aussi, alors que le proviseur, Damien Coursodon, son adjoint, M. Ailloud et deux autres personnes ont été touchés la semaine dernière par les tirs d’engins pyrotechniques.

« Imaginez que vous êtes au cœur d’un bouquet de feux d’artifice. Mais vous êtes dans le bouquet », décrivait alors Damien Coursodon, ce vendredi, à l’occasion de la venue du président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke. Un dérapage surprenant pour cet établissement établi dans un « environnement qui peut paraître serein » et où les conditions d’accueil sont idéales.

 

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« Il faut comprendre une jeunesse qui est parfois perdue mais ce n’est pas à confondre avec des éléments extérieurs qui sont animés par la seule volonté de semer le chaos »

« Nos élèves ont peur du présent et de l’avenir. Des peurs qui sont parfois argumentées, parfois violentes. Ils ont parfois du mal à caractériser leurs actions », tentait néanmoins d’expliquer le proviseur. Pour autant, du côté de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, laquelle estime qu’il n’y a plus aucun lycée en état d’insalubrité sur son territoire, ces dérapages demeurent inadmissibles.

« Nous sommes déterminés à faire condamner les auteurs. On ne peut pas avoir un déchaînement de haine. Nous sommes à l’écoute, parce qu’il faut comprendre une jeunesse qui est parfois perdue. Mais ce n’est pas à confondre avec des éléments extérieurs qui ne sont pas en recherche d’amélioration et qui sont animés par la seule volonté de semer le chaos et de casser. Il ne faut pas mélanger les deux », insistait de son côté Fabrice Pannekoucke.

25 à 30 millions d’euros de dégâts à la charge du contribuable

Avant de poursuivre : « Remettons du bon sens. Il y a des attentes, nous sommes à l’écoute. Et il y a des casseurs que nous sommes là pour condamner. Nous ne pouvons pas accepter que le contribuable soit amené à payer. C’est pour ça que nous devons être fermes pour que les casseurs soient appelés en responsabilité ». Plusieurs plaintes ont d’ailleurs été déposées en ce sens.

Le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes a sorti la calculette. Les dégâts liés au mouvement se chiffreraient déjà à « 25-30 millions d’euros ». Et si en parallèle, la préfecture du Rhône décomptait jusqu’alors plus de 220 interpellations sur le département, élus, forces de l’ordre et chefs d’établissements ont à nouveau été confrontés à la réalité des manifestations ce mardi 13 octobre.

D’après la préfecture du Rhône, 11 000 personnes étaient mobilisées hier mardi, au départ de la place Guichard. Hélas, au milieu du parcours, « un groupe de plusieurs centaines d’individus hostiles mêlé au cortège s’en est pris au mobilier urbain, aux commerces ainsi qu’aux forces de l’ordre qui ont essuyé plusieurs jets de projectiles », décrit-on.

Résultat, neuf interpellations supplémentaires ont été réalisées ce mardi, en raison de « tirs de mortiers, d’incendies de poubelles et de détention de projectiles ou d’armes prohibées ». Cinq personnes ont été blessées, dont « quatre policiers et gendarmes », affirme la préfecture du Rhône.

BONUS
Le lycée fermé, la Mairie de Lyon 6 ouvre ses portes aux étudiants

Passé en « modalité distancielle » depuis le jeudi 8 octobre, le lycée Édouard Herriot s’adapte au contexte et à ses stigmates actuels. Mais pour certains étudiants, cette situation est loin d’être optimale. En accord avec la direction de l’établissement et à la demande de certains élèves, la Mairie du 6eme arrondissement a donc décidé d’ouvrir ses portes à une centaine de jeunes, ce samedi 10 octobre.

« Des étudiants nous ont sollicités pour pouvoir passer leurs concours dans des conditions dignes et sereines. Leur demande était simple, légitime et urgente : pouvoir travailler, composer et défendre leurs chances, malgré une situation qui les dépassait », a témoigné le maire de l’arrondissement, Samuel Soulier.

Convaincu que ces « étudiants ne sont pas un problème à gérer », l’édile du 6e en a profité pour réaffirmer ses positions : « l’autorité ne s’oppose pas à la solidarité, l’exigence n’exclut pas la bienveillance et la fermeté face aux violences doit aller de pair avec le soutien à celles et ceux qui veulent construire ».

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/morgan" target="_self">Morgan Couturier</a>

Morgan Couturier

Le journaliste de Lyon People, c’est bien lui ! En quête de scoops, toute info est la bienvenue !

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