Texte : Morgan Couturier – Exclusif. Placée en redressement judiciaire en mars dernier, la maison lyonnaise de vêtements en cuir et en peau se cherchait un repreneur pour assurer sa pérennité. La mort dans l’âme, la marque, aux mains de la famille Veilleux depuis 45 ans, a choisi de placer son avenir entre les mains d’un partenaire historique.
Il fallait respecter quoi qu’il advienne ce message écrit en lettres capitales sur le site officiel de la marque : « depuis 1949, La Canadienne vous habille par tous les temps et pour longtemps ». Alors qu’importent les difficultés financières, la maison de vêtements en cuir et en peau a tout fait pour maintenir son activité.
On la pensait même tirée d’affaire au commencement de l’année 2025 lorsque la marque s’était extirpée d’une procédure de sauvegarde. Hélas, l’hiver, d’ordinaire propice aux ventes, fut pour le moins compliqué et La Canadienne n’a pas « connu le regain de chiffre d’affaires espéré ».
Un déchirement pour la famille Veilleux, contrainte de replonger dans les méandres d’une procédure de redressement judiciaire, prononcée en mars 2026. « L’objectif était alors de trouver un repreneur pour que l’enseigne ne disparaisse pas », confie Jean-Sébastien Veilleux, évidemment ému de mettre fin à cette aventure familiale.
Et pour cause, le 19 mai 2026, la société danoise Stampe a vu son plan de reprise accepté par le tribunal des activités économiques de Lyon. Une entreprise aux reins solides, fondée en 1946 et spécialisée comme La Canadienne, dans la commercialisation de vêtements en fourrure et en cuir. Plus encore, la société était bien connue des propriétaires, celle-ci étant devenue un « partenaire historique » au fil du temps.
La fin d’une aventure familiale vieille de 45 ans
« Le côté positif, c’est d’avoir trouvé une porte de sortie pour faire perdurer la marque. Ils vont prendre soin de La Canadienne, une marque très appréciée des Lyonnais », décrit encore Jean-Sébastien Veilleux, ce dernier devant assurer la transition sur les trois prochains mois.
Alors avant de voler vers de nouveaux projets et de prendre le temps de se ressourcer après de nombreux mois éreintants physiquement et mentalement, le Lyonnais peut être rassuré : il transmet La Canadienne à « une société qui a des valeurs proches » des siennes. Le tout, sans aucune dette.

La page d’accueil du site internet de Stampe
Résultat : seul le magasin de Paris est contraint de fermer ses portes quand la direction des boutiques de Lyon, Chamonix et Annemasse sera confiée à un représentant français de la maison Stampe.
À l’issue du plan de reprise, douze postes ont également été sauvegardés sur les 26 existants. « Stampe, ce sont des fabricants, ils ont d’autres cordes à leur arc », évoque encore celui qui aura dirigé la marque au cours des deux dernières décennies. De quoi rassurer les fidèles clients de la marque. Malgré les épreuves, La Canadienne veut alors partager un message : la société a le cuir épais. Pour longtemps !
















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