Voeu des échevins. Le petit Grégory (Doucet) et le grand Alain (Mérieux)

9 septembre, 2026 | Actualités Lyon | 0 commentaires

Texte : Jean Etevenaux, historien – Depuis 2020, Grégory Doucet refuse de représenter ses concitoyens à la cérémonie du 8 septembre à Fourvière auprès de l’archevêque de Lyon ; sa conception étriquée de la laïcité l’empêche de tenir ce rôle de rassembleur (l’histoire de cette polémique annuelle, ici).

Aussi, pour commémorer le vœu des échevins, la Fondation Fourvière fait-elle appel à des Lyonnais dont la notoriété illustre l’agglomération. Il y eut ainsi des choix symboliques comme Jean-Michel Aulas, dont certains pensèrent qu’il pourrait revenir comme maire, et d’autres plus inattendus comme André Manoukian qui, aux dernières municipales, appela à voter pour le petit Grégory. Mais cette année 2026 a connu un sommet avec l’active présence d’Alain Mérieux.

Discret et populaire

Que celui-ci ait fait l’unanimité n’a rien de surprenant, puisqu’il représente trois facettes du génie lyonnais : l’enracinement, la réussite autant industrielle que scientifique et l’intérêt constant pour l’international et les blessés de la vie. Cet homme discret est pourtant populaire, comme l’ont montré les applaudissements qui, dans la basilique, ont accompagné son geste renouvelé de celui des échevins de 1643 : remettre l’écu de remerciement à la protection de Marie sur la cité et ses habitants.

Si Grégory Doucet avait le sens de l’Histoire, il aurait pu, lorsqu’il a participé aux échanges tenus ensuite sur l’esplanade auxquels, là, il aime bien paraître, établir un facile rapprochement avec Alain Mérieux. Ayant rappelé, car il lui faut toujours parler de lui, son engagement d’humanitaire dans la lutte contre le virus Ebola en Afrique centrale, il lui aurait été facile de préciser que le groupe Mérieux y était intervenu (comme encore en ce moment).

Comment ne pas relever l’unanimité exprimée à Fourvière avec la présence d’un très grand nombre d’élus et d’anciens élus, sans oublier le nouveau préfet, Étienne Guyot ? Il y avait aussi une première, avec la nouvelle présidente de la Métropole, Véronique Sarselli, puisque son prédécesseur, Bruno Bernard, pratiquait le même retrait que le maire de Lyon.

Elle participa ensuite activement aux échanges organisés devant un large public, avec de belles formules comme « l’audace, c’est continuer à espérer », tandis que le président de la Région, Fabrice Pannekoucke, rappelait la double nécessité d’« être dans l’action » et de se ménager « des temps d’arrêt ».

Le catholicisme social à l’honneur

Milliardaire patenté (15eme fortune de France), catholique revendiqué (on le voit souvent à Fourvière) et mécène multiple, Alain Mérieux s’est également investi, entre autres, dans L’Entreprise des Possibles, qui fédère des sociétés lyonnaises autour d’un engagement concret en faveur des personnes sans-abri.

Petit-fils d’un collaborateur de Pasteur, il incarne ainsi le côté patronal de ce christianisme social lyonnais, dont Monseigneur de Germay a rappelé qu’on fêtait le bicentenaire d’une de ses plus éminentes figures, le bienheureux Antoine Chevrier, le fondateur du Prado.

Quant à l’avenir, le fondateur de bioMérieux n’hésite pas : « Il faut que Lyon bouge, en particulier en s’appuyant sur son université, sur la science, sur la technologie et sur ses entreprises et pas vivre de façon passive. J’aimerais bien que Lyon rejoigne le peloton de tête et quitte le peloton de queue. »

Avis au petit Grégory : le bien commun que sont censés rechercher tous les élus ne passe pas par la case veilleuse.

Les photos de la cérémonie

Jean-Christophe Aguettant, nouveau président de la Fondation Fourvière

Une basilique bien remplie…

Emmanuel Imberton, Jean-Michel Aulas et Michel Baguenault de Puchesse

Marie Guyon

Étienne Guyot, préfet du Rhône, et le père Cacaud, chanoine

Le général Alain Lardet, gouverneur militaire de Lyon

Monseigneur Olivier de Germay, archevêque de Lyon

Alain Mérieux remettant l’écu à l’archevêque

Les paroissiens de la Guillotière remettent le cierge à l’archevêque sous le regard du Père Yves Guerpillon, recteur de Notre-Dame de Fourvière

La maitrise de Saint Thomas d’Aquin dirigée par Florent Perrier

La bénédiction de la ville

La table ronde que le diocèse organise depuis la défaillance de Grégory Doucet

 

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/jean" target="_self">Jean Etevenaux</a>

Jean Etevenaux

Docteur en Histoire
Historien, enseignant et journaliste tout à la fois, Jean Etevenaux ne manque pas de  casquettes. Une riche carrière et une érudition mises à profit pour Lyon People. Pour notre plus grand plaisir.

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