Texte : Morgan Couturier – Élu maire de Saint-Genis-Laval le 22 mars dernier, Jules Guillemot fait figure à 28 ans de jeune loup dans l’univers vorace de la politique. Passionné depuis sa petite enfance, l’édile veut éviter le sujet de l’inexpérience et passer à l’action. Son but : améliorer le cadre de vie de ses administrés.
Il y a le fond et puis la forme. Pile ou face. Selon comment tombe la pièce, on pourrait alors s’attarder sur ce bureau encore immaculé, dépourvu de décorations et de personnalité. Un ameublement de jeune célibataire, diraient certains, en référence à ce cliché voulant qu’un homme n’ait pas la même fibre décorative que Valérie Damidot. Pour l’édile, l’explication est pourtant à trouver ailleurs : son installation s’est faite sans passation, des trous dans les murs et des dossiers à réétudier.
« J’avais la volonté d’attaquer tout de suite dans le dur mais dès qu’on ouvre un placard, il y a un sujet qui tombe. Il y a eu 6 ans d’attentisme et aujourd’hui, il y a de vraies attentes », expose celui que les Saint-Genois ont élu avec 39,43% (contre 32,03% pour la maire sortante, Marylène Millet).
« On nous a mis une étiquette divers droite mais notre programme est loin d’être divers droite. On est une équipe de toutes les sensibilités. Et finalement, on est plus un parti de la nuance »
Côté face, la réalité est plus glorieuse. Jules Guillemot livre une autre facette de lui, bien plus raffinée que cette étiquette réductrice de plus jeune maire de la Métropole de Lyon. « Je suis un vrai amoureux de la politique », glisse-t-il. Pour le croire, il suffit alors de baisser les yeux et de fixer cette montre Lip portée à son poignet, comme un certain Charles de Gaulle avant lui. Une icône pour l’édile, lassé néanmoins et comme beaucoup par le spectacle politique d’aujourd’hui.
Mais si le Général est considéré comme l’un des dirigeants français les plus influents de l’histoire, l’amour du jeu politique lui vient pourtant d’une figure plus méconnue. En l’espèce, l’ancien maire de Saint-Martin-en-Haut, Régis Chambe, dont la stature et l’écharpe ont longuement impressionné le tout jeune Jules Guillemot. « À 10 ans, j’étais au conseil municipal des enfants. À 14 ans, je m’engageais dans une association, à 18 ans, je prenais ma carte dans un parti politique et à 20 ans, je devenais conseiller municipal », résume-t-il.
Également devenu chef d’entreprise à 21 ans, Jules Guillemot a donc appris à tout faire vite et bien. Une qualité qui plaît à ses électeurs, convaincus par la fougue de ce jeune premier. Rien d’étonnant alors à voir le maire de Saint-Genis-Laval vouloir « taper dans le dur ». « C’est pour cela que nous avons été élus », relève-t-il.
« J’avais conscience des obligations imputées au poste de maire, mais il y a des choses pour lesquelles on n’est jamais préparé »
Alors à défaut de travailler son design intérieur, l’édile a déjà fixé le cap de son mandat. En premier lieu, cette Maison de Santé largement attendue par ses administrés, pour laquelle il espère acter un emplacement avant l’automne prochain. « Ça fait partie de nos priorités pour améliorer le cadre de vie », évoque l’élu, ce dernier assurant avoir fait 400 000€ d’économie en trois mois, par la simple réduction du budget de fonctionnement.
Viendra ensuite 2027 et les « premiers gros changements », à l’instar du chantier de l’attractivité du centre-ville et d’une circulation à fluidifier. Et ce, sans oublier les sujets de la transition énergétique, de la création de logements « dans ce poumon vert de l’Ouest Lyonnais », de l’accueil de jeunes familles, de la sécurité et des investissements en faveur de la jeunesse et des seniors.
« C’est exigeant mais passionnant, même dans les moments compliqués », confie Jules Guillemot, en référence à cet ouvrier de Lustucru tragiquement disparu sur ses terres, un mois après son élection. « J’avais conscience des obligations imputées au poste de maire, mais il y a des choses, comme gérer des drames humains, pour lesquelles on n’est jamais préparé », argue-t-il.
Mais qu’importe l’heure et le jour, la montre du Général de Gaulle vient lui rappeler la direction à adopter. Et les priorités. La première étant sa commune, d’où le refus « en cinq minutes » d’une éventuelle candidature aux prochaines élections sénatoriales. Car au bout de l’histoire, la plus belle des décorations est finalement le paysage de Saint-Genis-Laval. « Un coin qui respire et une ville où il fait bon vivre » !



















0 commentaires