Texte : Morgan Couturier – Propriétaire de trois établissements festifs dans sa ville fétiche, Aaron Ajzenberg s’est surtout fait un nom dans l’organisation de soirées étudiantes. Au Azar Club, le Lyonnais a trouvé son terrain d’expression favori, sa « Commerciale » étant devenu une référence en la matière.
Le concept est bien connu : à la nuit tombée, lorsque la lumière vient à s’éteindre, le marchand de rêves entre en jeu pour apporter de beaux songes aux enfants. Alors bonne nuit les petits ? Non ! Aaron Ajzenberg n’a rien du gros nounours et pourtant, à compter du jeudi soir, le Lyonnais aime à s’immiscer dans le monde de la nuit. L’intéressé se plaît même à souffler à l’oreille des jeunes. Son but : les inciter à affronter la nuit sans dormir. En s’amusant… sur la piste.
Depuis huit ans, le trentenaire en a même fait un métier, concrétisée par la création le 1er juin 2019, de sa société évènementielle, MBC Events. Un paradoxe pour celui qui entama pareille carrière sans avoir posé un seul pied en boîte de nuit. Un manque pas vraiment rédhibitoire lorsqu’on sait que jeunesse rime souvent avec amusement. Et les études secondaires, avec l’organisation de soirées. « J’étais au BDE (Bureau des Étudiants), j’organisais les soirées étudiantes de mon école et j’adorais cela », explique-t-il.
Résultat, alors que l’incertitude du monde professionnel se rapprocha à grands pas, de nombreux patrons d’établissements lui facilitèrent la tâche en se positionnant sur son profil. En premier lieu, les dirigeants du Flamenco et du défunt Casa Bianca (devenu Le Tank aujourd’hui, ndlr). « Ils m’ont dit ‘‘elles sont cools tes soirées, est-ce que tu connais d’autres BDE, est-ce que tu peux continuer à nous amener des étudiants ?’’ J’ai dit je peux essayer », raconte-t-il.
Entre 400 et 600 soirées organisées chaque année
Alors Aaron Ajzenberg essaya. Surtout, il parvint à ses fins, au point d’attirer l’attention du Azar Club fraîchement créé par Benjamin Lavorel. « C’est drôle parce que lorsque la discothèque a ouvert en mars 2018, j’ai voulu participer à la première soirée. Je me suis fait recaler. Le deuxième soir, pareil. Alors je me suis dit que je ne remettrais pas un pied dans cette boite si ce n’est pas une de mes soirées. Huit mois plus tard, j’arrivais à les convaincre d’organiser une soirée un mardi soir, avec un BDE de fac de médecine. On fait 1 200 entrées. Ce fut vraiment un tremplin. À partir de là, l’aventure était lancée. J’ai commencé à faire régulièrement des soirées », évoque le jeune homme de 31 ans.
La meilleure d’entre elles ? Son incontournable « Commerciale », lancée en 2020 et devenue au fil du temps, « la plus grosse soirée étudiante » de Lyon. « Avant que je lance La Commerciale, le Azar n’ouvrait pas le jeudi, qui était réservé aux privatisations. Mais quand j’ai ouvert, tout le monde a voulu venir. On a débloqué l’accès aux étudiants dans des boites prestigieuses. Depuis, on m’a donné les clés du jeudi soir », avoue-t-il avec fierté.
D’organisateur d’événements à propriétaire d’établissements
Il n’empêche, la nuit est un univers bien fastidieux. Une impression que le poids des années ne cesse de renforcer. De fait, si le succès de la Commerciale continue d’animer Aaron Ajzenberg, ce dernier se dit prêt à lever le pied pour respecter sa stratégie préférentielle : « organiser des soirées, acheter des fonds de commerce puis acheter les murs ».
Dès lors, depuis cette Presqu’île qui héberge ses nuits et donc ses rêves, Aaron Ajzenberg a su remplir la première case. La deuxième, elle, semble bien engagée, l’intéressé ayant mis la main sur la Maison Mère en 2024, avant de racheter Le 42 en 2025 (avec son ami Cyriak Porte, ci-dessus) et d’ouvrir The Base en mars 2026 sur le quai Saint-Antoine (en remplacement du gay-friendly United Café). « C’est un challenge de fou », soutient-il avec envie. De grandes soirées étudiantes pourraient y être organisées à la rentrée. Car oui, « c’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière » !

















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