Texte : Fanny Suteau – Nommé préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du Rhône en mai dernier, Étienne Guyot prend les commandes de l’une des régions les plus stratégiques de France. Après près de quarante ans au service de l’État, cet ancien élève de Sciences Po et de l’ENA retrouve une ville qu’il connaît déjà : Lyon, où il fut sous-préfet au début des années 1990.
Dans la hiérarchie républicaine, le préfet est une figure à part. Toujours présent, rarement sous les projecteurs. On le croise lors des cérémonies officielles, des inaugurations, des visites ministérielles ou lorsqu’une crise éclate. Son rôle n’est pas de faire campagne ni de séduire l’opinion, mais de représenter l’État dans toute sa continuité.
Depuis le 18 mai 2026, cette mission incombe à Étienne Guyot. À 64 ans, celui qui succède à Fabienne Buccio retrouve un territoire qu’il connaît bien, avec l’expérience d’un homme qui a traversé plusieurs décennies de vie publique sans jamais quitter le fil conducteur de sa carrière : servir l’État.

Etienne Guyot a remplacé Fabienne Buccio.
Des bancs de Sciences Po aux plus hautes responsabilités de l’État
Né à Nancy le 31 mars 1962, diplômé de Sciences Po Paris puis de l’École nationale d’administration, Étienne Guyot choisit très tôt la préfectorale. Un choix de vocation plus que de carrière. Dès les années 1990, il découvre Lyon comme sous-préfet avant de multiplier les responsabilités au sein de l’administration française.
Cabinets ministériels, directions centrales, Chambre de commerce et d’industrie de Paris Île-de-France, puis présidence du directoire de la Société du Grand Paris : son parcours épouse les grandes mutations de l’action publique française.
Cette diversité d’expériences lui forge une vision transversale de l’État. Derrière le costume du préfet se dessine un homme habitué à arbitrer, coordonner et faire dialoguer des mondes qui ne parlent pas toujours le même langage : élus, chefs d’entreprise, forces de sécurité, associations, services publics ou encore collectivités territoriales.
Un préfet de terrain pour une région stratégique
À la tête de la deuxième région économique française, Étienne Guyot coordonne l’action de l’État sur un territoire de près de huit millions d’habitants. Sécurité, développement économique, transition écologique, grands projets d’infrastructures, gestion des crises, préparation des Jeux olympiques d’hiver 2030 : les dossiers s’enchaînent sans répit. Il est également préfet du Rhône et préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Est, l’un des postes les plus exposés de la haute fonction publique.
À peine installé à Lyon, son agenda donne le ton : rencontres avec les ambassadeurs, réunions sur les Jeux olympiques des Alpes 2030, inaugurations d’entreprises, échanges avec les représentants du monde économique, déplacements sur le terrain… Une succession de rendez-vous qui traduit une même méthode : être présent, écouter et décider.
Étienne Guyot rappelle d’ailleurs régulièrement les priorités qui guident son action : « la sécurité, la croissance économique et l’emploi, la transition écologique ainsi que la cohésion sociale et territoriale ».
Le retour à Lyon
Plus de trente ans après ses premiers pas dans l’agglomération lyonnaise comme sous-préfet, il retrouve une métropole profondément transformée. Plus internationale, plus attractive, mais aussi confrontée à des défis inédits en matière de sécurité, de logement, de mobilité ou de transition environnementale.
Sa force réside peut-être justement dans cette discrétion. À l’heure où la communication occupe souvent le devant de la scène, Étienne Guyot cultive une autre posture : celle d’un haut fonctionnaire qui préfère l’action aux effets d’annonce.
Derrière une apparente réserve se cache un homme rompu aux grands projets, habitué aux responsabilités nationales et convaincu que le rôle d’un préfet consiste d’abord à faire fonctionner la République au quotidien. Une mission silencieuse, mais essentielle, au cœur de l’une des régions les plus influentes de France.


















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