Lyon. La vente de vélos, un commerce qui déraille

19 juin, 2026 | Actualités Lyon | 0 commentaires

Texte : Morgan Couturier – Alors que la municipalité écologiste vante les mérites des mobilités douces et du vélo, la filière connaît de réelles difficultés. Les ventes chutent, les commerces sombrent et l’économie autour du cyclisme reste très limitée.

Pas trop de chaleur, ni de trop grosses pluies et voilà les quais du Rhône et de la Saône abreuvés de vélos. Une pratique en hausse depuis que les automobilistes sont invités ou contraints de laisser leur voiture au garage. Mais surprise : le secteur de la bicyclette est bel et bien en crise. Preuve en est, les disparitions récentes d’enseignes telles qu’En Selle Marcel, Martine à Vélo ou B2ebike et les difficultés économiques du groupe Cyclable, placé en redressement judiciaire malgré son statut d’acteur historique du vélo.

Les cyclistes militants, adeptes du tout gratuit, ne font pas tourner l’économie.

Les chiffres sont d’ailleurs formels : le marché du vélo en France ne cesse de chuter, avec une nouvelle baisse des ventes de 4,8% en 2025. Lyon n’échappe pas à la règle malgré les injonctions dogmatiques du maire Grégory Doucet. La roue tourne : le déploiement des autoroutes à vélo (500 millions d’euros d’argent public) n’a pas changé la donne.

Un marché et un usage qui ne font pas tourner l’économie locale

La période post-Covid avait initié une tendance et l’achat massif de vélos électriques encouragés par l’Etat et les collectivités vertes. De nombreux entrepreneurs, parfois novices, ont alors jugé bon de s’immiscer sur ce marché. Hélas, le soufflet est retombé et les laisse sur le carreau.

Les rues lyonnaises sont encombrées de carcasses de vélos qui sont enlevées aux frais des contribuables

Le secteur du vélo urbain est peu propice au renouvellement. Résultat, le marché de l’occasion est en berne, la vente de vélos neufs est en recul (-8,4% en 2025) et les ventes de vélos électriques chutent de 16% sur la même période. En tout état de cause, les cyclistes ne sont pas les meilleurs alliés de l’économie.

Là où la voiture suscite des achats, la souscription de contrats de leasing et d’assurance et fait tourner l’économie locale des garages, du stationnement et des parkings, le vélo est un poids mort économique. Il est désormais prouvé qu’en dépit de leur nombre, les (vélo)assistés n’ont pas le pouvoir d’achat des (auto)entrepreneurs. Preuve en est la chute du commerce en presqu’île désormais interdite aux visiteurs motorisés.

Le vélo a connu son âge d’or mais la tendance est passée

Dans Lyon intra-muros, la mise à disposition de 5 000 velo’v en libre-service n’invite pas non plus les usagers du tout gratuit à participer à l’économie locale du cycle. « Beaucoup de marques ont disparu sur le territoire français ces dernières années », avouait en mai dernier Jérôme Mortal, cofondateur d’Ultima Mobility, entreprise spécialisée dans la fabrication de vélos électriques, dans les colonnes du Progrès.

Avec les Velo’v, les usagers n’ont pas nécessairement besoin d’investir dans des vélos urbains. Photo © Sytral Mobilités / Nicolas Robin

Alors comme souvent, il faut s’expatrier en périphérie pour trouver une économie plus prospère. C’est notamment le cas de l’enseigne Sodicycle, désormais installée du côté de Tassin-la-Demi-Lune. Pour son gérant, Frédéric Ledig, ce contraste est également à trouver du côté du matériel écoulé. Le magasin a fait le choix de se concentrer sur une seule marque (Specialized, nldr) et les vélos de route.

Photo © Sytral Mobilités

Une clientèle différente, amoureuse de belles machines et plus encline à investir ou à renouveler son matériel. Une impression confirmée par le site 3bikes.fr pour qui les « magasins qui s’en sortent le mieux sont ceux positionnés sur le haut de gamme ». En somme, qui font moins de volume mais vendent plus cher.

Pourtant, à regarder de plus près dans les rues lyonnaises, rares sont les usagers à rouler sur ces belles machines. Le vélo urbain made in China domine. Dès lors, malgré les labels flatteurs et les voies lyonnaises, le paradoxe est là : à Lyon comme ailleurs, le marché du cyclisme a les deux mains sur les freins.

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/marco" target="_self">Marco Polisson</a>

Marco Polisson

Rédacteur en chef
Co-fondateur du magazine.
En charge de la rédaction et responsable des partenariats.
Délégué à la protection des données RGPD

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