Texte : Marco Polisson – C’est une figure discrète et influente de la galaxie politique lyonnaise qui s’est éteinte lundi 25 mai 2026.
Comment définir sobrement ce conseiller juridique lyonnais de 75 ans ? « L’homme de tous les combats » me répond sans hésiter le consultant Erick Roux de Bézieux qui a ferraillé à ses côtés lors de la bataille de l’élection municipale lyonnaise de 2001 sur les listes de Charles Millon.

L’ainée Chantal Delsol, philosophe, convole avec Charles Millon, tandis que Marie-Laure Delsol épouse Michel Gariazzo. Devenus beaux-frères, ils sont plus que jamais des piliers du Cercle Charles Péguy, « think tank » incontournable de la droite lyonnaise dans les années 60-90, fondé par leur beau-père. Leur vie professionnelle est momentanément liée puisqu’ils créent avec Jean-Philippe Delsol le cabinet Delsol Millon Gariazzo (DMG).

Michel Gariazzo et Charles Millon participent activement à la revue du Cercle Péguy, « L’Astrolabe », fondée en 1971. En janvier 1982, ils organisent les assises des libertés à Lyon.
La politique anime leurs soirées avant d’occuper sérieusement leurs journées.
Tandis que la carrière politique de Charles Millon prend une envolée nationale (maire de Belley en 1977, il est élu député de l’Ain en 1978, président du Conseil régional en 1988 puis ministre de la Défense de 1995 à 1997), Michel Gariazzo s’investit dans la vie du 5eme arrondissement de Lyon où il réside. De 1983 à 1989, il occupe le poste de premier adjoint auprès de Bernadette Isaac-Sibille, maire de Lyon 5 (ci-dessous sur le perron avec les ténors de la droite en 1977).
En 1998, il s’active auprès de son beau-frère Charles Millon lors de l’élection au conseil régional qui sera invalidée un an plus tard. Exclu de l’UDF, l’ancien ministre crée son propre mouvement politique La Droite. « Son épouse Marie-Laure Gariazzo, supervise les adhésions à la permanence lyonnaise du nouveau parti, tandis que Michel, met lui aussi la main à la pâte », rapporte Libération.
Trois plus tard, il rempile pour les municipales lyonnaises bêtement perdues par la droite sur fond de querelle d’égos avec Michel Mercier et Jean-Michel Dubernard. Il prend ensuite du recul mais on retrouve son nom sur la liste du comité de soutien de Dominique Perben en 2008.
40 ans à la tête d’IDDEST
Sur le plan professionnel, Michel Gariazzo avait rapidement volé de ses propres ailes après l’épisode DMG. Fort de sa formation de conseiller juridique et fiscal, il crée en 1971 IDDEST, une structure de formation et de conseil qu’il va diriger et développer jusqu’en 2011. Cette année-là, il transmet le flambeau à Jérôme Lavaux qui lui a rendu hommage sur LinkedIn :

Joueur, il prédisait voire pronostiquait avec plaisir, au travail comme en privé, et même sa mauvaise foi était charmante. Nous l’aimions et garderons de lui la capacité de remise en question, le goût du débat (et pas que public), la soif de liberté et l’espérance dont il témoignait volontiers. »
Père de 5 enfants (Stéphane, Sophie, Jean-Simon, Julia et Benoit), il luttait contre un « méchant cancer » depuis plus de deux ans. C’est dans son refuge de Pelvoux dans les Hautes Alpes où il passait ses vacances… avec le couple Millon qu’il sera enterré. La boucle sera alors définitivement bouclée.
> La messe de funérailles sera célébrée le vendredi 29 mai 2026 à 14h30
Église Saint Irénée – Lyon 5
L’inhumation aura lieu le lundi 1er juin 2026 au cimetière de Pelvoux (05)
















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