Au Kazakhstan, Vicat fait campagne avec le général Philippe Loiacono

4 mai, 2026 | Actualités économiques | 0 commentaires

Texte : Philippe Lecoq – Le jeudi 27 mai 2021, dans la cour de l’Hôtel du Gouverneur de Lyon, le général Thierry Burkhard, chef d’état-major de l’armée de Terre, préside la cérémonie d’adieu aux armes du général Philippe Loiacono, officier général de zone de défense et de sécurité sud-est, commandant de la zone Terre sud-est et gouverneur militaire de Lyon.

Le général Loiacono vient de passer trois ans à Lyon, trois années riches en rencontres, notamment dans le monde économique que ce fils d’artisan affectionne. Mais après quarante-et-un ans de service actif, son adieu aux armes à 59 ans n’est pas un adieu à la vie active. Car trois jours plus tôt, il vient d’apprendre par le DRH du groupe Vicat que son prochain camp de base sera… la Mauritanie, où l’entreprise exploite une station de broyage.

Le temps de prévenir son épouse qu’un vingt-et-unième déménagement pourrait s’envisager, de filer à Fos-sur-Mer – sans chauffeur – en stage d’immersion, puis sur les bords du Rhône à Montalieu-Vercieu (Isère), site emblématique de la plus grande cimenterie française, septembre signera ses premiers pas comme « directeur pays » du groupe Vicat. « A l’époque, l’idée était de montrer que j’étais capable de me remettre en question et sortir de ma zone de confort », avoue Philippe dans le salon des chefs du restaurant Le Président où il a fait escale le 16 mars dernier. Et d’ajouter : « mon père m’a dit que j’allais enfin servir à quelque chose » …

Pour ceux qui le connaissent – notamment Guy et Sophie Sidos – le défi de Philippe Loiacono n’en n’est pas vraiment un.

Olivier Ginon et Gérard Collomb sont venus saluer le général Philippe Loiacono le jour de son départ de l’Hôtel du Gouverneur, le 27 mai 2021

Revenons sur le discours du général Burkhard, publié par l’IHEDN, qui met en avant ses qualités humaines et de dialogue : « dans l’univers du haut commandement, vous êtes un officier général étonnant, détonnant. (…) Cette agilité intellectuelle combinée à votre éternel sourire fait de vous un interlocuteur apprécié, un négociateur redouté, un chef unanimement estimé ». Bref toutes les qualités requises pour devenir un « directeur pays » de Vicat, auxquelles on ajoute « bosseur » sans crainte d’être contredit. Philippe reste deux années dans ce « beau pays peuplé de gens simples, policés, et redoutablement doués en maths et sciences « dures » », à diriger cinquante personnes, vendre du ciment, et à représenter le groupe voire son pays auprès des autorités économiques et politiques mauritaniennes ».

En 2023, le groupe a souhaité que les compétences du général filent s’exprimer au Kazakhstan.

Alors direction Almaty, 2 millions d’habitants, capitale du pays jusqu’en 1997, et les bureaux de Jambyl Cement, filiale locale de Vicat depuis 2010. Changement de décor, « Almaty est une ville très agréable, avec des températures comprises entre 40-45° l’été et – 20° en hiver, pas plus… » plaisante le général qui apprécie cette ville « verte », qui signifie « Pomme », et se situe sur les contreforts des monts Trans-Ili Alataou qui se voient de toute la ville. Mais l’usine, gigantesque, entre 1,1 et 1,6 millions de tonnes de ciment produit, se situe à 450 km au nord d’Almaty, près du village Mynaral, au bord du lac Balkhach – mi eau douce, mi eau salée.

Guy Sidos, PDG du groupe Vicat et Sophie Sidos, vice-présidente de la holding du groupe Vicat et Présidente de la Fondation Louis Vicat ont reçu au siège du groupe à l’Isle d’Abeau l’Akim (gouverneur) de la région de Jambyl, Monsieur Yerbol Karashukeyev

Là-bas, 120 personnes environ se relaient trois fois par jour pour faire fonctionner la cimenterie en continu et remplir les quatre silos. Elle est reliée par un convoyeur automatique à une carrière qui l’approvisionne en argile et calcaire. Le reste des matériaux nécessaires à la confection du ciment est acheminé par rail. Et le ciment prend la même voie pour être distribué à Almaty ou à Astana, la capitale située encore plus au nord, aux nombreux clients du groupe qui le redistribuent aux bétonniers.

Là-bas, à Mynaral, un directeur d’usine et un de carrière assurent l’opérationnel.

Le général s’y rend toutes les trois semaines, mais l’essentiel de sa mission reste à Almaty. Au Kazakhstan, il y a seize cimenteries et la concurrence est rude. « On nous reconnaît notre capacité à délivrer du ciment de qualité en temps et en heure », souligne Philippe qui conjugue le mot « logistique » à tous les modes et sur tous les temps, puisque la météo eurasienne s’avère capricieuse. « De novembre à mars, on ne peut pas recevoir de matières premières », note-t-il. Vicat, c’est tout de même 18% de parts de marché à consolider et développer.

Le général appartient au syndicat des cimentiers, il est vice-président de la chambre de commerce et d’industrie franco-kazakhstanaise et président des conseillers du commerce extérieur… « Nous avons la chance d’avoir un ambassadeur de France qui apprécie les sujets économiques, avec des services de premier ordre », reconnait-il. Et le week-end ? Il travaille. Il en a l’habitude. Un militaire, même après son adieu aux armes, garde son rythme de campagne.

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/philippe" target="_self">Philippe Lecoq</a>

Philippe Lecoq

Journaliste économique et politique
Sa longue expérience de journaliste lui octroie une légitimité naturelle. La ville de Lyon  n’a pas de secret pour lui, alors Philippe Lecoq prend un malin plaisir à nous en conter les meilleurs récits, aussi bien au rayon économique que politique.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cliquez ici pour SIGNALER UN ABUS
Vous pouvez nous adresser un email afin de signaler un contenu. Merci de préciser l’adresse de la page dans votre email. Votre signalement sera pris en compte au plus tôt.

Aujourd’hui

lundi 04 mai

Saint Sylvain


 

Recevez la newsletter gratuite

Restez informé en temps réel !


 

 

View More Results…