Texte : Matthias Arguel – La refonte de l’avenue, entamée en 2024, n’est pas sans conséquence sur l’activité des commerçants qui ont témoigné leur détresse sur notre antenne. Parmi les victimes, le bar PMU Café Lumière, dont le chiffre d’affaires ne cesse de s’effondrer.
Sur l’avenue, les rideaux fermés un jour de semaine avaient fait craindre le pire. Mais au numéro 34, cette fermeture imprévue n’est heureusement qu’un épiphénomène. Le bar PMU Café Lumière demeure bel et bien ouvert, en dépit des difficultés engendrées par les écologistes sur l’artère emblématique du 8eme arrondissement.
Gérants de l’établissement depuis deux ans et demi, Issam Labidi et sa femme, Nadège, subissent pourtant de plein fouet les travaux orchestrés par la Métropole de Lyon. Un triste épilogue pour le gérant qui avait souhaité quitter l’entreprise familiale pour vivre de ses propres ailes, une nouvelle carrière professionnelle.
Une institution en danger
Autrefois réputée pour son activité florissante, l’avenue des frères Lumière avait eu les faveurs de son cœur. Et son choix s’était vite tourné vers ce commerce installé depuis 30 ans dans le quartier. Les habitués y étaient nombreux. Alors qu’importe si les travaux avaient commencé, Issam et Nadège Labidi prirent le pari de reprendre cette institution.
Hélas, le chantier est aujourd’hui encore béant. « Mon prédécesseur a lâché l’affaire, il commençait à prendre de l’âge et les travaux ne l’ont pas aidé », évoque le cafetier, dont l’activité a grandement diminué. « On avait des clients qui venaient en voiture. Aujourd’hui, ces mêmes personnes ne viennent plus », poursuit-il.
Des travaux redondants qui sonnent le glas des commerçants
En plus des difficultés à circuler, les commerçants subissent d’énormes difficultés à être approvisionnés. Les places sont devenues rares, alors les jours de livraison, l’avenue des frères Lumière rejoue souvent le film de longs et interminables embouteillages. « Quasiment tous les jours, les camions attendent pendant 2 heures », décrit le gérant.
Un client rencontré sur place le confirme : la situation est devenue insoutenable. « On est bloqué à la hauteur du tabac, on ne peut pas aller à la place Ambroise Courtois en voiture. C’était un quartier plein de vitalité, avec des commerces de tous types. Mais aujourd’hui, ils ont quasiment tous perdu 20 à 30% de leur chiffre d’affaires », s’offusque ce dernier.
Alors forcément, certains habitués ont tourné les talons et pris le chemin de nouveaux établissements. Au grand dam d’Issam Labidi, pour qui les travaux paraissent aujourd’hui interminables. Tous espèrent que la nouvelle présidente de la Métropole, Véronique Sarselli, déclenche très vite la réouverture de l’avenue.

















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