Texte : Fanny Suteau – Au cœur des champs de la Combe Verte, à Cailloux-sur-Fontaines, Véronique Sarselli, candidate à la Métropole de Lyon sous la bannière Grand Cœur Lyonnais de Jean-Michel Aulas, est venue à la rencontre d’une famille de maraîchers bien ancrée dans le territoire. L’occasion d’échanger sur les défis de l’agriculture périurbaine : foncier, logement des salariés et accès aux aides publiques.
Depuis plusieurs mois, la maire de Sainte Foy-les-Lyon sillonne les communes de la Métropole pour aller à la rencontre des habitants et des acteurs locaux. À Cailloux-sur-Fontaines, au nord de Lyon, Véronique Sarselli a choisi de mettre en lumière le travail de la famille Digonnet, des maraîchers installés depuis plusieurs générations sur la commune, symbole d’une agriculture de proximité qui participe à l’identité et à l’équilibre du territoire.

Damien et Jean-Marie Digonnet, Marco Polisson, rédacteur en chef de Lyon People, Véronique Sarselli et Angélique Enderlin, maire de Cailloux sur Fontaines
Trois générations de maraîchers aux portes de Lyon
Ici, l’histoire agricole se transmet depuis trois générations. Pierre Digonnet, le grand-père, cultivait déjà ses légumes en fermier « à l’ancienne ». Son fils Jean-Claude a ensuite structuré l’exploitation maraîchère avant de la transmettre à ses fils jumeaux, Damien et Jean-Marie Digonnet, aujourd’hui à la tête du GAEC de la Combe Verte, épaulés par leur frère Vincent pour la vente de détail via la structure « Mon Maraîcher ».
« Nous avons 60 hectares au total, mais seulement 25 irrigables pour les légumes », explique Damien Digonnet, qui produit notamment deux spécialités locales : la rhubarbe et le cardon, emblème hivernal de la région. Sur la commune, six exploitations agricoles seulement restent actives, dans un territoire où 70% de la surface demeure classée agricole.

La sanctuarisation des terres agricoles au cœur des enjeux de souveraineté
Mais cultiver aux portes de Lyon implique de nombreuses contraintes, notamment en raison du prix du foncier. « Sur nos 60 hectares, nous ne sommes propriétaires que de trois », souligne l’agriculteur. Une situation fréquente dans l’agriculture périurbaine qui complique les investissements. « On a parfois du mal à se projeter quand on loue presque tout », ajoute ce dernier.
Foncier, logement et aides : les attentes du monde agricole
Face à cette pression foncière, Damien Digonnet plaide pour une meilleure concertation lors des évolutions du plan local d’urbanisme (PLU). « C’est totalement anachronique, le monde agricole n’a pas été assez questionné sur ce sujet. Or, les agriculteurs sont les mieux placés pour savoir si les terrains sont exploitables ou non », indique-t-il.
Une idée qui séduit la candidate métropolitaine. « Je trouve votre proposition très intéressante : associer davantage les agriculteurs pour identifier les terres réellement productives », réagit Véronique Sarselli, avant d’ajouter : « nous devons sanctuariser certaines parcelles agricoles pour que vous puissiez vous projeter dans le temps ».

« Nos agriculteurs ont la capacité de nourrir le territoire. Encore faut-il leur permettre d’accéder plus facilement aux marchés publics et simplifier les dispositifs d’aides. Aujourd’hui, la complexité administrative décourage trop souvent ceux qui veulent produire localement », souligne Véronique Sarselli.
Dans un contexte de forte urbanisation, la préservation des espaces agricoles apparaît en effet comme un enjeu stratégique pour l’avenir du territoire.
« Si nous voulons maintenir une agriculture vivante autour de Lyon, il faut sanctuariser les terres agricoles et construire les politiques publiques avec les agriculteurs eux-mêmes. C’est une condition essentielle pour assurer notre souveraineté agroalimentaire et préserver un modèle agricole équilibré », affirme la candidate Grand Cœur Lyonnais.
Autre sujet sensible : le logement. « J’aimerais pouvoir loger mes salariés à un prix raisonnable, mais les logements sont très chers », déplore Damien Digonnet, dont l’exploitation emploie quatre personnes à temps plein (lui et son frère Jean-Marie, ainsi que deux ouvriers agricoles).

Fraîcheur maxi. Le ramassage des blettes…. disponibles immédiatement dans leur espace de vente sis 111, chemin de jambe de loup à Cailloux sur Fontaines
Les aides publiques constituent également un enjeu majeur. « Il faut simplifier les démarches et accélérer les délais », insiste le maraîcher. « Aujourd’hui, beaucoup d’aides sont réservées aux micro-exploitations bio. Si la Métropole veut préserver l’agriculture périurbaine, il faut accompagner toutes les fermes », ajoute-t-il.
Un constat partagé par Véronique Sarselli. « Nos agriculteurs ont la capacité de nourrir le territoire. Encore faut-il leur permettre d’accéder plus facilement aux marchés publics et simplifier les dispositifs d’aides. Aujourd’hui, la complexité administrative décourage trop souvent ceux qui veulent produire localement », souligne-t-elle.
Transmission des exploitations et dialogue avec les habitants
Au-delà de la production, la question de la transmission des exploitations agricoles constitue également un enjeu central pour l’avenir du territoire. Maintenir une agriculture active dans la métropole suppose d’accompagner les installations et de garantir des conditions économiques viables pour les exploitants.

Vincent et Sabrina Digonnet dans leur espace de vente directe à la ferme, ouvert le mercredi après-midi de 16h à 19h, le vendredi de 16h à 19h et le samedi matin de 9h à 12h
Présente lors de la visite, la maire Angélique Enderlin rappelle l’équilibre fragile entre urbanisation et agriculture. « Accueillir de nouveaux habitants, c’est bien. Mais il faut aussi pouvoir les nourrir. On ne peut pas construire au détriment des terres agricoles », souligne-t-elle, en référence à l’immense projet de ZAC qu’elle a découvert quand elle a été élue en 2020.
L’élue insiste également sur l’importance de maintenir un dialogue entre agriculteurs et habitants. « Les agriculteurs sont souvent les premiers protecteurs de la nature. Multiplier les temps d’échange avec les habitants est indispensable pour mieux comprendre leur travail et les enjeux du bien manger », ajoute la maire.
Entre rhubarbe, cardons et cultures de saison, la famille Digonnet poursuit son activité à quelques kilomètres seulement de la place Bellecour. Le symbole d’une agriculture de proximité que beaucoup souhaitent préserver. « Notre objectif, c’est de pouvoir continuer à produire ici et contribuer à nourrir le territoire », conclut Damien Digonnet.



















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