perrin-by-andr-perez Nathalie fait du charme à l'objectif pendant la campagne des Municipales 2008 – Photo © André Perez

 

 

Par Philippe Dibilio

 

Last but not lost la dernière nouvelle du congrès de Reims du PS nous est venue avec l'annonce de l'élection au secrétariat national de Nathalie Perrin-Gilbert. Une nomination qui la met au premier rang de l'appareil socialiste au côté de Martine Aubry.

 

Voilà une belle consécration pour la maire du premier arrondissement qui avait fait ses premiers pas d'élue au côté de Gilles Buna et d'Yves Fournel lors de la conquête de l'arrondissement en 1995. Patiemment, la jeune Nathalie a su observer et apprendre le métier dans l'opposition à Raymond Barre, au point de prendre le poste de maire en 2001 lorsque Gérard Collomb est devenu premier magistrat de la ville. Une place que nul n'aurait pu lui arracher en 2008 pas même Gégé himself. Proche de l'électorat de son arrondissement elle a, depuis, pris de sérieuses distances avec le maire de Lyon et n'a pas hésité durant la préparation du congrès à faire un choix différent en soutenant Bertrand Delanoë puis Martine Aubry. Sa nomination apparaît donc comme une pierre dans le jardin de Collomb. Un Collomb marginalisé au sein de cette direction où même le poste de président du tout nouveau Forum des territoires lui a échappé au bénéfice de Marylise Lebranchu, fidèle parmi les fidèles de la maire de Lille. Exit également la présidence, qu'il détenait jusque là, du Comité National laquelle échoît à Michel Destot, le maire de Grenoble, qui s'est empressé de déclarer qu'il ferait, lui, de cette instance « un vrai outil de travail ». Un congrès qui aura aussi marqué un temps d'arrêt à la fulgurante ascension de Najat Belkacem. Elle qui avait déclaré à la presse qu'en cas d'élection de Ségolène Royal, elle aurait de « grandes » responsabilités nationales se contentera, comme Gérard Collomb, d'une place de minoritaire au bureau national. Un temps mort qui ne la privera pas de mandats, elle en cumule pas mal pour quelqu'un qui prône l'inverse mais qui l'amènera à découvrir l'adversité. Ce en quoi son parcours d'enfant gâtée de la politique ne l'avait pas habituée. Bien sûr ces épisodes nationaux ne bouleverseront pas les équilibres locaux et Collomb gardera la main sur beaucoup de choses mais on peut faire confiance à Nathalie Perrin pour prendre appui sur ce nouveau statut au sein du PS afin de s'assurer plus d'autonomie dans ses prises de position et tracer son sillon pour les années à venir.