Par Morgan Couturier et Marc Polisson

Comme le veut la tradition, vieille de 374 ans, les élus furent nombreux à grimper jusqu’à Fourvière et Lyon fut béni. Avec Georges Képénékian dans le rôle du prévôt des marchands, malgré la présence notable du ministre de la Police.

Le renouvellement du vœu des échevins est ancestral, et si la peste a rejoint les livres d’histoire depuis des lustres, la tradition est comme chaque année respectée. A cette rencontre annuelle du spirituel et du temporel, les élus de tous bord emmenés par le président du Grand Lyon et par le maire de Lyon, le gouverneur militaire de Lyon Pierre Chavancy, le président de la Région Laurent Wauquiez, le président du Département du Rhône Christophe Guilloteau, le Préfet Henri-Michel Comet, Alain Mérieux, Olivier Ginon, Maître Jean Martinon, ou la passionaria de la Manif pour tous Frigide Barjot participent de bonne grâce. Dans des proportions plus importantes encore quand il s’agit de bénéficier des bénédictions de la Vierge Marie, ou pour les esprits les plus païens, du Cardinal Barbarin. Le primat des Gaules ne manqua pas de « souhaiter une grande mission aux députés » représentés par Thomas Rudigoz et Anne Brugnera. Avant de leur accorder une prière, qu’Anissa Khedher aurait tord de dénigrer, alors que l’ombre d’Alexandre Vincendet ne cesse de planer au dessus de sa tête.

Gérard Collomb ne lâche pas un pouce de terrain

Le ministre de l’Intérieur eut lui aussi, droit à sa petite attention. Les supputations quant à sa présence ou sa défection ont animé les discussions. Le cardinal se plaisait déjà à quelques échanges d’amabilités avec Laurent Wauquiez quand il eut vent de la bonne nouvelle. Et ce, alors que beaucoup imaginaient le premier flic de France au chevet des victimes de l’ouragan Irma.  « Mais vous êtes là, on vous en remercie », salua l’archevêque de Lyon. Installé au premier rang, au centre des débats, le ministre de l’Intérieur s’est cantonné au rôle de simple spectateur, comme le président de la Région, chacun dans leur travée attitrée, de part et d’autre de la nef. Les traditions sont tenaces et les promotions ne sont d’aucun poids face à celles-ci.

Ce fut donc à Georges Képénékian, de venir, comme en 1643, offrir la médaille de la ville, en échange des bénédictions du cardinal. Qu’importe si le lâcher de colombes fut manqué, « la puissance symbolique de l’évènement raisonne comme une évidence », rappela le maire de Lyon. Ce dernier promit d’ailleurs, – comme l’aspire Philippe Desmarescaux –, d’aider la Fondation de Fourvière à accueillir « plus et mieux » dans une basilique invitée à faire peau neuve. Un signe de la proximité entre les institutions qui ne manquera pas de froisser les esprits chagrins. Mais soit, Georges Képénékian tient le mot de la fin. « Les grands récits forment l’identité d’un lieu. Nos grandes villes tirent leurs traditions de leur histoire ».

Basilique de Fourvière
Vendredi 8 septembre 2017