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Par Benjamin Solly

Le député-maire du Puy-en-Velay (UMP) a levé le voile sur ses intentions pour les Régionales de décembre 2015. Comme attendu, il brigue la tête de liste en Rhône-Alpes Auvergne. Un parcours semé d’embûches jusqu’à la présidence de la nouvelle grande Région ?

Un parterre impressionnant d’élus venus de tous les départements. « Sur la cinquantaine de parlementaires que compte la région, 45 soutiennent ma démarche », se réjouit-il. Pour son lancement de campagne en vue des Régionales de décembre, Laurent Wauquiez a fait la démonstration par le nombre. Le petit doigt sur la couture du pantalon toutefois pour ce natif de Lyon. « Il ne s’agit pas de la candidature d’un homme, mais d’une équipe », s’excuse-t-il presque, en égrenant le nom des élus présents. Au tableau d’honneur, le député-maire de Caluire Philippe Cochet et Etienne Blanc, parlementaire de l’Ain. Dans leur sillage, l’estrade déborde de conseillers régionaux, maires et conseillers municipaux venus de tous les départements, jusqu’à l’édile d’Issoire Bertrand Barraud. « Je tiens à souligner l’importance de la présence d’élus locaux et de maires », brosse-t-il. Ils sont près d’une soixantaine. Les susceptibilités sont préservées, jusqu’à l’oublié Gilles Gascon, maire de Saint-Priest, finalement cité en fin de conférence de presse dans un éclat de rire général.

Seules absentes, l’ancienne tête des listes des Régionales de 2010, Nora Berra, et l’ancienne présidente du groupe UDC à la Région, l’eurodéputée Françoise Grossetête, plus en phase avec la candidature potentielle d’un Michel Barnier. « Je lui tends la main, je souhaite qu’il rejoigne notre équipe  car il n’y a pas de place pour la division. Mais la légitimité vient du terrain, et les habitants de Rhône-Alpes Auvergne sont suffisamment grands pour décider », glisse-t-il à destination de son challenger. Dès lors, faudrait-il une primaire pour départager les deux hommes forts de la droite régionale qui briguent la tête de liste ? « Pourquoi pas, mais nous n’avons pas de temps ni d’énergie à perdre. Que la décision soit prise rapidement », insiste-t-il. Au final, la commission nationale d’investiture tranchera. Porteur d’une dynamique d’unité, Laurent Wauquiez ne ferme pas la porte à ses partenaires de l’UDI. « Mon objectif est de rassembler le plus largement possible, mais qu’on ne compte pas sur moi pour les négociations d’arrière-cuisine. » Le maître queux ponot assaisonnera la sauce pendant l’entre-deux tours, à l’instant d’intégrer l’UDI au menu du rassemblement la droite et du centre. Avant de céder quelques sièges dans un futur exécutif.

Le choix du Docks 40 pour porter le fer, à deux pas de l’Hôtel de Région, n’est pas anodin. Le sabreur altiligérien réserve ainsi ses premières lames au président de région Jean-Jack Queyranne. « Les élus qui se construisent des palais, ce n’est pas ma conception des choses », raille-t-il, évoquant le coût de construction de l’Hôtel de Région. Voisin, le Musée des Confluences a du sentir passer le vent du boulet à l’évocation « d’un gaspillage scandaleux de l’argent public. » Le palais Queyranne dans le viseur, Laurent Wauquiez  tire également à boulets rouges sur l’augmentation des dépenses administratives de fonctionnement, soulignant également une « explosion » du coût de la carte grise. Une dernière saillie à l’attention « des élus régionaux qui font le tour du monde aux frais du contribuable » – coucou ERAI ! – et Wauquiez de proposer non pas un programme mais trois missions à mener sur « l’emploi, l’apprentissage et les réponses à apporter à nos compatriotes sur les problématiques de leur vie quotidienne. » Le programme se construira à l’avenant de ses déplacements de terrain, qui commencent dès cet après-midi avec une visite auprès des entrepreneurs de la Vallée de l’Arve (74).

Dominique Nachury reçoit les doléances des élus lyonnais

Ils sont déjà près d’une centaine d’élus à avoir transmis à Dominique Nachury, seule députée UMP de Lyon, leurs bons états de service. Et même si Wauquiez jure que « la décision, ce n’est pas Paris qui la prend », les candidats potentiels font passer leurs CV à la députée, directement en prise avec la capitale. Objectif ? Intégrer la liste de droite aux régionales. « Je n’ai pas encore envoyé le mien », se marre l’ex conseillère régionale et élue du 7e arrondissement Laure Dagorne. Michel Havard, président de l’opposition municipale à Lyon louche également sur une bonne place qui, au final, sera chère. « C’est le signe d’une bonne dynamique », glisse bon teint Dominique Nachury, pas dupe pour deux sous. D’autant que certains sortants du Conseil régional seront frappés par le cumul des mandats en 2017. Ils devront alors abandonner l’un de leurs mandats s’ils repartent pour la Région en décembre 2015. « Ma priorité sera la Région et cela m’amènera à faire des choix, je quitterais mon mandat de maire du Puy-en-Velay sans pour autant abandonner mon implantation en Haute-Loire », informe Wauquiez.  Selon sa formule qui fera office de slogan de campagne, le candidat à la candidature veut apporter un « nouveau souffle » en Rhône-Alpes Auvergne. Pascal Blache, maire du 6e arrondissement et nouveau tube de la droite lyonnaise, assure ne pas être intéressé. Également approché par Michel Barnier, l’édile-chef d’entreprise assure toutefois qu’il cooptera le futur candidat auprès des forces économiques de la région. Les jeunes élus lyonnais que sont Élodie Roux de Bézieux, Aurélie Bonnet Saint-Georges, Maryll Guilloteau, Jérémie Bréaud, Saïdi Ali Chellali ou Grégory Sansoz ont, eux, bien reçu le message de renouvellement délivré par Laurent Wauquiez.