Georges Fenech ne fait pas dans la sélection mais fait dans l’accumulation – Photo © Marco

Par Marc Polisson

Dernier avatar de la campagne des primaires UMP lyonnaises, le ralliement de l’ancien maire de Lyon au député de Givors. Mais est-ce vraiment du bonus ?

Jeudi 6 juin 2013 – 17h30. Le club de la Presse accueille le dompteur Georges Fenech accompagné de sa dernière prise de guerre. L’ancien maire de Lyon a choisi de sortir de sa retraite politique – qu’il n’a jamais prise – pour dire tout le bien qu’il pense de Georges Fenech. Se faisant, Michel Noir a le mérite de confirmer par son engagement ce qu’il disait déjà aux militants UMP en janvier, à savoir « qu’il manquait un leader à droite. »  Rappelant devant les journalistes le profil idéal de celui qui pourra battre Gérard Collomb en 2014 : une forte personnalité, un homme d’action et disponible «  c apable d’aligner les heures », un homme habité par un projet et enfin un stratège.

Qualités réunies selon lui dans la personne de Georges Fenech, d’où son choix dévoilé aux côtés de Nora Berra et d’Emmanuel Hamelin. Qui a été contraint de sortir la brosse à reluire pour Michel Noir soulignant « sa vision de la métropole. Un traceur pour Lyon. » De notre côté, on a tracé les déclarations de l’ancien maire de Lyon rapportés par notre confrère Geoffrey Mercier le 21 janvier dernier. En ce jour de sinistre mémoire, Michel Noir avait entrepris de jouer – une fois de plus – les bourreaux de la droite lyonnaise, en réservant sa meilleure lame à Emmanuel Hamelin. « Le travail n’est pas fait. Je ne parle pas de la Croix-Rousse où c’est une catastrophe majeure » avait-il asséné.

Michel Noir 2Autant dire que la scène observée cet après-midi relevait du pathétique. Un non-sens que cette anomalie qui perdure. Depuis quand demande-t-on la bénédiction et la caution morale d’un personnage qui, dans le cadre de ses fonctions politiques, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 5 ans d’inéligibilité pour recel d’abus de biens sociaux ? Et permis à Pierre Botton, son ex-gendre et directeur de campagne de mettre la ville sous coupe réglée (Lire à ce sujet notre interview explosive de Fernand Galula). Quand la droite lyonnaise cessera-t-elle enfin de demander la bénédiction de Michel Noir à chaque échéance électorale ? Quand s’affranchira-t-elle enfin de la tutelle malfaisante de celui qui a largement participé à la défaite de Dominique Perben en 2008 ?

Le reproche vaut également pour Michel Havard, fort marri de cette nouvelle et contraint de sur réagir – en amont et en aval – au ralliement d’un personnage d’un autre siècle. Mieux vaut être seul que mal accompagné, cher Michel !