La défiance est désormais de mise entre les deux hommes – Photos © Fabrice Schiff

Par Marc Polisson

Il était temps de siffler la fin de la récréation et d’ôter les masques. C’est le proviseur Gérard Collomb qui s’en est chargé. Bien involontairement.

Le maire de Lyon qui vit grassement depuis 30 ans de ses rentes d’élu cumulard* a concédé – à domicile – sa première défaite sémantique face au jeune élu Pascal Blache. Lundi 19 septembre 2016, en plein conseil de la Métropole, le président socialiste a « pété un câble »  et taxé le maire du 6ème de « rentier » ! « J’ai trouvé ça inacceptable, injuste et faux » a réagi Pascal Blache sur l’antenne de Lyon Capitale. « J’ai dû créer 7-8 entreprises, (…) j’ai eu le prix de l’innovation en 2006 et je dois ça à personne, ni à mes relations familiales**, ni à mes autres relations ». Depuis, le cabinet du maire de Lyon tente par tous les moyens de recoller les morceaux. Mais le mal est fait.

L’altercation a eu le mérite de réveiller les engourdis

« Chassez le sectarisme, il revient au galop ! » résume bien Vincent Collin sur la page FB du maire du 6ème . Les chefs d’entreprise pro-Collomb qui connaissent parfaitement le parcours professionnel de Pascal Blache*** l’ont immédiatement assuré de leur soutien. Et vont désormais regarder Gégé d’un autre œil : « Avec son côté sympa, il nous a endormis, c’est vrai. Sa réflexion traduit bien le prisme marxiste avec lequel il perçoit le monde des entrepreneurs. » assure en off un grand patron lyonnais. Élu maire du 6ème en 2014, Pascal Blache avait tout fait pour conserver de bonnes relations avec le maire de Lyon, allant même jusqu’à enterrer la révolte naissante au sujet de la ligne C3 dont les travaux bloquent le cours Lafayette depuis 6 mois et qui s’avéreront totalement inutiles dans le futur. Sans le vouloir (sic), Gérard Collomb l’a élevé au rang de premier opposant.

A Pascal Blache de montrer qu’il est digne de cette distinction.

* Gérard Collomb a récemment été épinglé dans le livre du journaliste Yvan Stefanovitch qui révèle que de 2005 à 2015 il a touché 136 200 euros par an en n’allant que deux semaines par an  au Sénat.
** Pascal Blache est marié à Christel Mérieux, fille de Jean Mérieux
*** Agé de 52 ans, Pascal Blache, fils d’un menuisier et d’un agent SNCF, a créé sa première entreprise en 1993 en empruntant 50 00 francs.