Le « senseï » Collomb, ici dans le métro tokyoïte en juillet dernier, semble s’être réconcilié avec ce mode de transport. Photo © BS

Par Benjamin Solly

A l’occasion de l’inauguration de son local de campagne dans le 5e arrondissement, le sénateur-maire de Lyon a annoncé un projet de ligne de métro reliant Tassin au Vieux-Lyon, lundi 3 février 2014.

Nature géologique des sous-sols, emprise au sol du tunnelier, coût d’investissement… Les raisons ne manquaient pas pour que Gérard Collomb oppose un véto net et (presque) irrévocable à la relance du plan métro à Lyon. L’édile a finalement tourné casaque.  En effet, le 1er magistrat a dévoilé un projet  de métro qui partirait du Vieux-Lyon pour relier le quartier d’Alaï à Tassin-la-Demi-Lune,  en passant par Trion, Point du Jour et Ménival. Gérard Collomb veut désenclaver l’ouest de l’agglomération via cette ligne qui pourrait  permettre une connexion au tram-train et une liaison avec le futur Anneau des Sciences  (portion ouest du périphérique lyonnais que Collomb souhaite boucler).

Une idée qui a du sens mais qui ne manque pas de faire sourire ses challengers. Pourfendeur du métro à Lyon quand ce sont ses adversaires municipaux qui portent le projet, Gérard Collomb n’avait pas manqué de faire la leçon à Michel Havard lors du conseil municipal de septembre 2013.  « J’ai fait calculer combien coûtait votre projet pour la portion Saint-Paul/Part-Dieu. C’est entre 850 millions et un milliard d’euros. Tous les crédits du prochain mandat seraient alors consacrés à ce projet », raillait alors l’édile. Savoureux, quand on sait que la ligne souhaitée par Collomb coûterait 800 millions d’euros, selon les informations du Progrès.

La question des transports, qui incombe au Grand Lyon, sera une des pierres angulaires des municipales lyonnaises. Avec dans sa mire la communauté urbaine, Collomb réserve aux maires de l’ouest lyonnais un projet sur-mesure. Ces édiles du centre-droit, qui ont porté le maire de Lyon à la présidence du Grand Lyon, jouent sur du velours. Leur vote sera déterminant à l’heure de renouveler ou non le sortant dans son mandat de président de la communauté urbaine. Les travaux du nouveau tube pourraient débuter à la fin du prochain mandat pour une mise en service de l’ouvrage à l’horizon 2025.