Par Morgan Couturier

Il en a rêvé pendant des décennies de monter dans un train gouvernemental. 40 ans après ses débuts en politique, Gérard Collomb réussit enfin à vaincre le signe indien. Le voilà locataire de l’hôtel de Beauvau, pour le plus grand plaisir de ses proches. Mais aussi de ses détracteurs, qui en profitent pour discréditer l’équipe ministérielle du nouveau président.

On s’en doutait, la nomination de Gérard Collomb comme ministre d’Etat, qui plus est à l’Intérieur, allait alimenter les discussions de nos people lyonnais. Les réactions n’ont pas tardé, comme elles ne manqueront pas revenir sur la table aux premières mesures de l’ancien sénateur-maire ou de ses premiers couacs (et aveux de faiblesse ?). Ses proches saluent son audace et lui décernent un florilège de félicitations. À commencer par son premier adjoint à la mairie, Georges Képénekian, bientôt propulsé calife à la place du calife. « C’est une belle reconnaissance du travail réalisé pour le développement de la Ville et de la Métropole de Lyon avec un engagement exceptionnel, clame-t-il dans son communiqué. Et d’enchaîner : « son expérience dans la gestion des grandes villes et des reformes territoriales sera un atout majeur dans sa mission auprès des villes, des métropoles et des autres territoires de nos pays ». « Son attachement aux questions de sécurité des citoyens » rassure l’adjoint à la culture quant à la réussite de son supérieur. Une prospérité que souhaite également Thomas Rudigoz, dans un tweet où le maire du 5e arrondissement pose fièrement en compagnie du tout frais ministre de l’Intérieur. « J’adresse tous mes vœux de réussite à Gerard Collomb. L’action est #EnMarche », se contente-t-il d’écrire celui dont on envisage de plus en plus un départ vers l’Assemblée. Proche de l’ex président de la Métropole, Emmanuel Imberton salue lui, la reconnaissance des « qualités de fédérateur d’énergies au profit de l’intérêt collectif ». Le président de la CCI en profite pour inviter le numéro 3 du gouvernement à promouvoir les chambres de commerce et d’industrie.

Même son opposition y va de ses compliments

Dans la société civile, Bruno Bonnell, autre ami de Gérard Collomb et investi par la République en Marche ! aux législatives, met en lumière sa capacité à comprendre « avant tout le monde ». « Emu » et « fier », l’entrepreneur applaudit également la nomination de Muriel Pénicaud à la tête du ministère du travail, « une grande professionnelle au service d’une grande cause », écrit-il sur Twitter. Maire UDI du 2ème et opposant au maire de Lyon, Denis Broliquier n’est pas avare de compliments en mettant l’accent sur « l’honneur pour notre territoire d’être représenté à un si haut niveau de l’Etat ». « Gérard Collomb recueille à Paris, les fruits d’une longue vie d’engagement politique. Respect », témoigne-t-il, sans oublier la nécessité de « mettre en œuvre une nouvelle gouvernance » à la mairie de Lyon et à la Métropole. Un sujet que n’a évidemment pas occulté Pascal Blache, qui a immédiatement sorti le piolet pour grimper au sommet de la Métropole. Du côté de l’opposition pure et dure, Anne Lorne est la plus loquace. Menacée par la candidature de Thomas Rudigoz, dans la première circonscription de Lyon, la candidate à l’hémicycle s’est lâchée sur les réseaux sociaux. « Et la société civile ? Où sont-ils ? Enarques, anciens ministres, hauts fonctionnaires, ce n’est pas vraiment le renouveau, rédige-t-elle. Bref, le renouveau c’est ni Bruno ni Macron, juste des mots, de la séduction… ». Quant à Philippe Cochet (Les Républicains) au-delà de la nomination de Gérard Collomb, celui-ci se concentre sur sa famille politique. Un simple retweete d’Eric Woerth suffit à comprendre la satisfaction du maire de Caluire devant un gouvernement où la droite n’est finalement que très peu débauchée. Chacun ses intérêts. Ceux de Gégé sont désormais à Paris.