Par Morgan Couturier et Marco Polisson

Douze mois après la première cérémonie satirique des Salades d’Or, le site politique Saladelyonnaise.com a renoué avec ses trophées potagers à la Comédie Odéon. Sur fond d’humour, nos élus en ont pris sérieusement pour leur grade. La soirée vegan s’est transformée en boucherie.

Bien que retiré de la vie politique, Michel Noir avait prévenu, de haut de sa longue et vertueuse expérience politique. « À Lyon, les élus qui se prennent trop au sérieux le payent souvent très vite » a déclaré l’ancien maire en dépliant ses jambes interminables sur scène. Lundi 1er avril au soir, il était préférable d’avoir sérieusement aiguisé son second degré et rangé son ego pour affronter la piquante cérémonie des Salades d’Or. En vedette, une vingtaine de personnalités politiques nominées dans les catégories « coup de pompe », « coup de gueule » ou de manière positive, pour leur « coup de maître ». Il ne manquait que « coup de rein » pour que la fête soit complète. Mais cousin Hub n’était pas là…

Las, « quand la salade est bonne », comme l’a interprété le groupe MiBémol, celle-ci se révèle souvent compliquée à avaler, à l’image du trophée « coup de pompe » décerné par le jury à Caroline Collomb, pour « sa gestion approximative des troupes macronistes ». Absente des débats, l’épouse du maire de Lyon s’en tire finalement à bon compte, défendue avec vigueur par l’avocat Richard Brumm, venu récupérer son trophée (une salade élevée au glyphosate, ndlr) sur scène. « Même si c’est de l’humour, ça confine au harcèlement ! » a grommelé au micro l’adjoint aux Finances en quittant la scène… sous quelques huées.

De l’humour au règlement de compte…

…il n’y a qu’un pas comme l’a constaté à ses dépens le député Thomas Rudigoz, démoli en direct par Pierre-Emmanuel Germain-Thill, membre de La Parole Libérée (lauréate du Grand prix du jury), accusé (injustement selon lui) de n’avoir pas soutenu un de ses amis, victime du Père Prenat et d’avoir voulu profiter médiatiquement de la sortie du film de François Ozon. Le même personnage s’en est ensuite pris à André Soulier, l’avocat du cardinal Philippe Barbarin. Le ténor du barreau, furieux, a quitté la salle et s’est fendu d’un courrier à Antoine Comte, rédacteur en chef du site… qui n’en demandait pas tant !

Autre politique assaisonné par le maître de cérémonie Julien Santini, le business-député Bruno Bonnell, dont l’avis de recherche sur Villeurbanne a été publié par le site lyonnais, malgré sa présence (discrète et tardive) au sein de l’assemblée. De manière plus humoristique, l’onctueux Georges Képénékian, lauréat du « Coup d’un soir » s’est vu ainsi récompenser de son éphémère action à la tête de la mairie. « Le coup d’un soir ? Cela a dû m’arriver quelques fois mais certains se sont transformés en belles histoires » a déclaré tout sourire le chirurgien à l’esprit très carabin…

Aucun lien avec la charmante Blandine Brocard, « distinguée » non pas pour son action au parlement (avec 16 interventions à l’Assemblée, elle est en queue de peloton*) mais pour son coup de gueule contre la couverture du Monde Magazine, où elle a cru reconnaître une iconographie nazie associée à son cher Emmanuel Macron (mais où va-telle chercher tout ça ?) ainsi que Mourad Merzouki, primé d’un « coup de maître » pour ses dernières chorégraphies.

En somme, des hauts et des débats lors de cette cérémonie dont les oubliés n’ont pas manqué de souffler sitôt le buffet ouvert, car si seule la victoire est belle, pour cette élection-là, tous s’accordaient à reconnaître qu’il était plus sage de passer son tour. A l’année prochaine !

*Source : nosdeputes.fr


Palmarès 2019 :

Coup de gueule de l’année : Blandine Brocard

Coup de pompe de l’année : Caroline Collomb

Coup d’un soir : Georges Képénékian

Coup de maître : Mourad Merzouki

Grand prix du jury : La Parole Libérée

Lundi 1er avril 2019