Gardien de but, comme son père Jacques en son temps, Christophe Breton n’a pas eu la carrière qu’on lui prédestinait. Mais en dépit de son temps de jeu réduit, le natif de Sainte-Foy-lès-Lyon a marqué le club à sa manière.

Dire que le foot est derrière lui serait faire offense à son activité. Le ballon rond demeure omniprésent dans ses bureaux de la rue du président Carnot, qu’il partage avec l’ancien avant-centre Jérémy Sutter et l’agent de joueurs, David Venditelli. Là, suspendus aux murs, les tuniques d’anciennes et actuelles vedettes du ballon rond rappellent que l’ancien gardien a mouillé le maillot, dès l’âge de 6 ans, sur les prés verts de Francheville. Son père Jacques y gardait déjà les buts de l’équipe locale. Alors dans un parfait mimétisme, Christophe Breton a embrassé ce poste ô combien concurrentiel. « Maintenant je suis calme, mais avant j’étais fracturé de la tête, rigole-t-il. Mais pour jouer à ce poste, il faut être fou furieux sinon tu es mort ».

Educateur au sein du club lyonnais, Roger Vignat et son compère Gérard Drevet, entraîneur des cadets nationaux, en avaient décelé les contours, au même titre qu’un talent certain, que ce dernier n’a pas hésité à promouvoir dans les cages de son équipe. « Je me suis retrouvé devant 35 000 personnes, un après-midi de septembre 1980, lors d’un lever de rideau OL – Bordeaux. En l’espace de deux mois, je suis passé de rien du tout à plein de choses », relate-t-il pour décrire le point de départ d’une carrière dessinée par José Broissard. Et si sa carrière s’est souvent jouée à peu de choses, dont quelques choix contestables de ses entraineurs, l’homme préfère retenir ces quelques moments magiques que seul le ballon rond peut procurer, malgré un temps de jeu limité à une cinquantaine de matchs. En tête de liste, cette inoubliable rencontre de novembre 1991, où le jeune gardien, fraîchement revenu de prêt (au Puy, ndlr), fut propulsé titulaire par Raymond Domenech, face « à la plus belle équipe de Marseille ».

« Il n’y a pas que le foot dans la vie »

Hélas, la vie est faite de hauts et de bas et la dernière année lyonnaise a pris des airs de chemin de croix, sur fond de désaccord sur la reconduction de son contrat, le tout cumulé à l’arrivée de Gregory Coupet. « Mais je n’avais aucune envie de partir », assure-t-il. De fait, l’aventure toulousaine, conseillée par son agent, a rapidement tourné court. Et les gants furent raccrochés en septembre 1997. « D’un coup, tu te retrouves chez toi à 31 ans, tu n’as rien. Même si tu es préparé, c’est compliqué. Mais il n’y a pas que le foot dans la vie. Dès 1991, j’ai commencé à m’intéresser à plein de choses », relate l’ancien portier. « La partie assurance, finance, les marchés boursiers me passionnaient particulièrement ». Alors pour combler le vide, Christophe Breton a rapidement trouvé la parade. Oubliées les vacances promises de longues dates, le Lyonnais s’est rapproché de celui qui deviendra son ami, Christophe Mazzoleni, fondateur de la société ATG conseil, avec qui l’ancien Olympien poursuit son apprentissage et s’accoutume des marchés financiers.

Mais l’assurance a ses faveurs et titille ses envies d’après-carrière, jusqu’à le pousser à développer sa propre société, Protec Sport, qu’il gère encore aujourd’hui. « En 2000, j’ai donc créé mon cabinet d’assurance, en m’appuyant sur mon portefeuille de joueurs ». Et l’histoire s’est mise en marche, sur fond de prévoyance puis par la force des choses, de gestion d’intérêts. « Mon activité s’est développée sur la partie patrimoniale et la gestion d’actifs », précise-t-il. En partenariat avec la structure Score Agencies de son ami David Venditelli depuis 6 ans, Christophe Breton apporte désormais, tantôt des solutions de prévoyance tantôt des solutions patrimoniales à une quarantaine de joueurs, anciens et actuels. Mais la fin justifie les moyens et le but est clairement défini. « Grâce à mon ami et avocat, Thierry Braillard, je suis en contact avec des acteurs majeurs du marché pour aborder la suite des quinze prochaines années », glisse-t-il en guise de conclusion. Homme prévoyant, Christophe Breton a trouvé sa place. Celle-ci, personne ne pourra lui ôter.