michel-franois-2 Par Alain Vollerin

 

Michel François est probablement un schizophrène belge. En déambulant dans cette excellente exposition qui vient du SMAK de Gant, la plus intéressante présentée par Nathalie Ergino depuis longtemps, on sillonne l'Histoire de l'Art Contemporain.

 

On pense à Robert Filliou et à Erik Dietman, à Louise Bourgeois, à Marcel Broodthaerts, à certaines œuvres d'Annette Messager. Un parcours très agréable pour ceux qui se passionnent pour l'Art Contemporain. Des contemporains parfois un peu excessifs, comme ces dirigeants de l'Opéra de Bruxelles qui commandèrent au mois d'Octobre pour le mois de janvier une œuvre comportant des pissenlits. Michel François ne pouvant les trouver en Belgique, ni même en Europe, on envoya trois personnes cueillir des pissenlits dans une ville d'Afrique du Sud. L'histoire ne dit pas pour quel budget ! Et la crise alors ? Apparemment, on s'en fout. Des idées et des moyens pour faire des œuvres à tous prix, Michel François n'en manque pas. Georges Maciunnas n'aurait pas désavoué Michel François qui porte un joli nom évocateur des chanteurs de variétés des années soixante-dix. Non ! Pas Claude François… Michel François est un vrai, un sincère qui ne fait pas semblant d'y croire. Il est né en 1956 et a participé en 1999 à la Biennale de Venise et à la Documenta de Kassel en 1992. Sculpteur, photographe, auteur de performances et d'installations, il utilise aussi la vidéo. Dans l'une d'elle, il se met en scène un fumeur de cigarettes et buveur de bière repenti qui échappe à des bouteilles vides chutant de manière périlleuse dans sa proximité, avec un bruit terrible. Dirais-je. C'est fracassant. Oui ! Car, il faut voir là une volonté de témoigner. L'Art Contemporain n'est plus minimaliste dans son contenu. Il est maximaliste en charge de sentiments, en vécu. Il y a bien longtemps que je le dis, provoquant ainsi le désaccord de certains puristes. La nouvelle génération me donne plus encore raison. Jamais l'Art Contemporain n'a comporté une telle volonté d'exprimer des sensations, des expériences permettant de se positionner au Monde, de se confronter avec lui. Je vous recommande vivement la visite de cette exposition. Certaines pièces sont vraiment très belles. Quelques-unes traitent du décor et de son envers avec le secours de vastes miroirs qui vous renverront votre image. Notre univers est narcissique, alors, pourquoi bouder son plaisir ?

 

Jusqu'au 9 mai 2010

Institut d'Art Contemporain

11, rue Dr Dolard – Villeurbanne

04 78 03 47 00 – www.i-ac.eu

Mercredi au dimanche – 13h à 19h

Plein tarif 4€