x-men-le-commencement.jpg Par Aymeric Engelhard

 

Dans l’univers des super-héros on en avait presque oublié les X-Men. Il faut dire qu’à cause des deux derniers volets de la saga celle-ci perdait violemment en crédibilité. Du coup, avec le réalisateur de « Kick-Ass » aux commandes, un renouveau semble en cours. L’erreur n’est pas admise.

 

Quand Bryan Singer, réalisateur des deux premiers volets plutôt réussis de la saga, annonça que Matthew Vaughn reprenait en main le nouvel épisode des aventures de ses X-Men, c’est toute la cinéphilie qui poussa un « ouf » de soulagement. En effet entre temps sortirent le mauvais « X-Men 3 » et l’ignoble navet « X-Men Origins Wolverine ». Vaughn se devait donc de recoller les morceaux entre une saga en chute libre et un public saturé. Face au nombre chaque année plus important de films adaptés des aventures d’un super-héros quelconque, « X-Men » devait remonter la pente et se refaire un nom. Cependant il va sans dire que cette saga n’a jamais atteint le niveau flamboyant de « Spider-Man » (si l’on reste du côté de Marvel ). En clair, le génial réalisateur de « Kick-Ass » avait la pression. Son film s’intéresse aux débuts des X-Men, lorsque le professeur Xavier et Erik « Magnéto » Lensher se rencontrèrent et formèrent une équipe de gens pas très normaux pour contrer les plans d’un machiavélique mutant qui chercher à endiguer une guerre nucléaire entre Etats-Unis et URSS. Vaughn pose les bases de la saga, montrant bien que les choses n’ont jamais vraiment changé, si ce n’est l’importance des causes défendues. D’un côté une bande de gentils et de l’autre une bande de méchants luttant ici pour éviter que le monde entier ne casse sa pipe. De même, la question de l’identité des mutants face aux humains se voit traitée et retraitée jusqu’au bout avec peut-être plus d’intelligence que dans les précédents opus, Vaughn maîtrisant certainement mieux les ressorts émotionnels que ses prédécesseurs.

 

« X-Men le Commencement » sait se montrer passionnant dès qu’il s’intéresse aux méchants mais perd quelque peu de sa superbe lorsque les gentils envahissent l’écran. Il n’y a qu’à voir la différence entre Michael Fassbender (Magnéto) et James McAvoy (Xavier), les deux interprètes principaux. Sans le premier, le film perdrait clairement de son intérêt. C’est LE personnage passionnant de la saga, le grand ennemi. De même, le vilain du film, incarné par un Kevin Bacon parfait, et ses motivations sur le long terme se révèle fantastique. On a plus de mal à apprécier la quête du sempiternel gentil et sa vision du monde qui n’évolue finalement jamais. Reste évidemment tout l’intérêt de découvrir les fondements du groupe de super-héros le plus célèbre jamais créé. La réalisation semble hésitante. Là où, dans « Kick-Ass », l’inspiration venait d’image à image, on assiste ici à un blockbuster calibré sans personnalité malgré les qualités évidentes qui martèlent l’écran. C’est certainement le gros problème de Matthew Vaughn. Aucun de ses quatre films ne se ressemble, il n’a aucun style, il a juste compris comment faire un film, comment se faire une place dans le système hollywoodien. Non pas que ce soit un défaut puisqu’il n’a jamais réalisé de navet mais, dans le cas de « X-Men… », aucune idée n’est proposée dans la mise en scène. On dirait même qu’il s’est parfois retenu niveau violence (alors que les deux premiers épisodes étaient limites avec le personnage de Wolverine). De plus, on ne peut s’empêcher de tiquer sur certains mutants pas très classieux tels que le Fauve ou Azazel qui semblent tout droit sortis d’épisodes des « Power Rangers » ainsi que d’effets spéciaux parfois trop justes pour une production de cette envergure.

 

Cela fait de ce préquel à la saga « X-Men » un film plutôt moyen, difficilement à la hauteur de ses ambitions. Il n’en reste pas moins agréable à suivre grâce à quelques scènes de bravoure (toujours avec les méchants, ou futurs méchants), une musique inspirée et un rythme de bon blockbuster.