le-progrs Photo © Fabrice Schiff

 

La nouvelle devrait être rendue publique dans quelques jours. Selon nos sources, la direction du Progrès serait enfin tombée d'accord avec l'un des deux repreneurs pressentis. D'Olivier Ginon ou de Christian Latouche, qui a remporté ce duel à chéquiers mouchetés ?

 

On respire du côté de la rue Montrochet, siège du quotidien régional. En se mettant d'accord financièrement avec Christian Latouche, le Progrès va pouvoir enfin détacher du boulet qui le plombait depuis des années. A raison d'un million d'euros de pertes par an (à multiplier par xx années), on comprend le soulagement de l'état-major de Gérard Lignac qui n'a jamais cru au potentiel de la télé locale. « Le Progrès, en effet, est aujourd'hui l'actionnaire de référence de la télé lyonnaise, un Progrès détenu par une banque, le Crédit Mutuel. Or un banquier ça peut, à la limite, accepter de perdre de l'argent dans une tentative de spéculation comme nous l'a montré l'actualité mais pas de manière récurrente et l'évidence est là. TLM perd de l'argent depuis sa création et rien n'annonce des perspectives inverses » écrivait notre chroniqueur Philippe Dibilio en juin dernier (lire l'article) 

Dans ces conditions, on peut imaginer que le PDG de Fiducial a fait une bonne affaire. Du moins sur le papier. Car il va lui falloir désormais sponsoriser sa nouvelle télé qui, en pleine crise, ne devrait pas trouver de sitôt le chemin de la rentabilité. Si l'on ajoute le chèque qu'il doit signer tous les mois pour combler les pertes de Lyon Capitale (évaluées à 50 000 euros par mois), sa nouvelle marotte pour les médias devrait lui coûter 150 000 euros mensuels. Politiquement parlant, cette cession ne va pas faire l'affaire de Gérard Collomb qui avait demandé à Olivier Ginon (en tandem avec Bruno Rousset) de contrer les velléités expansionnistes de Christian Latouche à qui l'on prête aussi l'intention de racheter d'autres médias (lire la chronique de Saint Pothin). 

Mais voilà, la crise est passée par là et le PDG de GL Events ne peut dégainer son carnet de chèques à tout bout de champ. D'autant que le rachat des brasseries Bocuse et du traiteur Pignol va déjà lui coûter un bras… Latouche peut désormais continuer son marché en toute impunité.