© Pascal Muradian

Dans son édition du 18 février, le Canard Enchainé assure que Michel Barnier n’aurait pas renoncé à présenter une liste aux régionales de décembre 2015 en Rhône-Alpes Auvergne, et cite Jean-Michel Aulas et Alain Mérieux en colistiers putatifs.

Joint par Lyon People mercredi 18 février 2015, Jean-Michel Aulas dément toute incursion dans la cuisine politique régionale. « Intox », répond-il sobrement à l’évocation d’une possible liste dissidente, conduite par Michel Barnier « avec des gaullistes historiques, des centristes », épaulée par le président de l’OL et l’industriel Alain Mérieux. Ce dernier a été vice-président du conseil régional sous Berraudier et Millon, de 1986 à 1998. En février 2006, c’est Michel Barnier qui devenait vice-président du groupe Mérieux Alliance, chargé d’animer les relations avec les grands organismes de santé internationaux aux côtés d’Alain Mérieux. Un poste qu’il quittait en 2007, nommé ministre de l’Agriculture du gouvernement Fillon.

Au-delà de cet épisode de name dropping cliquant, c’est l’investiture même de Laurent Wauquiez en Rhône-Alpes Auvergne pour les régionales de décembre 2015 qui provoque des remous à l’UMP. Si le député-maire du Puy-en-Velay dit ne pas goûter « les négociations d’arrière-cuisine », Nicolas Sarkozy doit pourtant éteindre quelques feux en interne. « Le président de l’UMP a donc invité Barnier, le 17 février, pour lui passer de la pommade et lui laisser miroiter un rôle de conseiller pour l’Europe. Pas sur que ça suffise à l’ancien commissaire », rapporte le palmipède. D’autant que Michel Barnier a été nommé mercredi conseiller sur les questions de sécurité et de défense auprès de la Commission européenne par le président Jean-Claude Juncker.

Empêcher le retour de Najat à Lyon ?

Aulas au soutien, voire colistier, d’une liste dissidente emmenée par Barnier, le montage ne manque pas de piquant. Il semble toutefois relever de la fiction au regard des enjeux connexes que porte ce scrutin. Notamment la réimplantation locale de la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem, qui pourrait former un ticket avec le sortant Jean-Jack Queyranne aux régionales. La 6e circonscription du Rhône et la 3e des Landes sont également citées pour le futur parachutage de l’ancienne élue lyonnaise. Un atterrissage à la Région -la bataille sur la compétence économique avec la Métropole en filigrane-  de NVB serait un coup porté au président de la Métropole Gérard Collomb. Difficile d’imaginer Jean-Michel Aulas prêter le flanc à une telle manœuvre en soutenant -voire en rejoignant- une liste dissidente, fût-elle portée par Michel Barnier. D’autant qu’en coulisses, le sénateur-maire de Lyon manœuvre pour mettre Queyranne sur la touche et pousser la candidature du vice-président aux finances de la Région et maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat. « Gérard Collomb dément toute volonté d’écarter Jean-Jack Queyranne des élections Régionales », infirmaient par voie de communiqué les services de communication de la Métropole, le 22 janvier dernier.