lisandro-lopez Photo © Fabrice Schiff

Par François-Jean Tixier

 

 

Avec un but en championnat et déjà quatre en Ligue des champions, l'Argentin Lisandro Lopez, recruté par l'Olympique lyonnais cet été, fait l'unanimité chez les passionnés de football et au sein de l'équipe dont il devenu le nouveau chef de file.

 

"En tant que dirigeant, on ne peut que se satisfaire d'avoir un tel joueur", se félicite le président Jean-Michel Aulas qui a dû débourser 24 millions d'euros pour le débaucher du FC Porto. "Il n'a pas besoin de beaucoup s'exprimer pour bien jouer. Tel qu'il est, il me comble", souligne encore l'homme fort du club rhodanien, au sujet de la très grande discrétion dont fait preuve Lisandro vis-à-vis des médias, et donc du public, alors qu'il est au cœur de toutes les discussions. "Il n'a pas besoin de beaucoup de relations avec les autres, mais il dégage une telle attitude de guerrier qu'il est un exemple pour tout le monde. Claude Puel le cite souvent dans ses causeries", rapporte encore le président de l'OL, reconnaissant sa "grande intelligence tactique". Bernard Lacombe, ancien avant-centre international de Lyon, Saint-Etienne et Bordeaux, s'étonne "un peu quand même" de sa rapide adaptation à l'Olympique lyonnais. "C'est rare, surtout lorsque l'on est attaquant avec des nouveaux partenaires", dit-il. "A 26 ans, il exprime une certaine maturité, mais il a joué dans de grands clubs (Racing Club en Argentine, FC Porto) même si certains ont découvert ce joueur", ajoute Lacombe, conseiller de Jean-Michel Aulas.

 

"Un talent hors normes"

 

 

Auparavant, Lisandro Lopez évoluait dans le championnat du Portugal dont l'exposition médiatique est moindre que celle des footballs espagnol, italien ou anglais. A Lyon, il était quasiment inconnu du grand public qui n'a désormais d'yeux que pour sa nouvelle vedette. L'éphémère page Benzema est tournée, les huit ans passés à l'OL par Juninho sont de l'histoire ancienne. "Lorsque nous sommes allés le voir jouer au Portugal, il se battait avec la même envie et la même générosité contre Benfica ou le Sporting que face à Maritimo Funchal. Il entraîne tout le monde dans son sillage", poursuit Bernard Lacombe. Selon lui, Lisandro est difficile à cerner par ses adversaires, car il est habile dans les décrochages et les démarquages "à l'image de Sylvain Wiltord qui était toutefois moins buteur". Sonny Anderson, qui a contribué à l'envol de l'OL de 1999 à 2003, souligne quant à lui sa capacité à se mettre au service de l'équipe, notamment dès la perte du ballon. "Il emmène l'équipe sur le pressing, et c'est ce que demande l'entraîneur", explique l'ancien avant-centre brésilien, aujourd'hui préparateur des attaquants du club. "Il a également la faculté d'anticiper. Il voit déjà l'action avant qu'elle ne se développe, comme mardi à Anderlecht sur le premier but. Il venait de manquer un tir, mais il a ensuite bien senti l'erreur de l'adversaire dans la phase de relance", analyse Anderson. "Il a un talent hors normes, cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu un tel joueur à l'OL", conclut le Brésilien.