Par Morgan Couturier et Marco Polisson

Son surnom basé sur celui de son ami Paul Bocuse lui déplaisait et dénaturait sa légendaire modestie. C’est pourtant en grand homme du Beaujolais que Georges Duboeuf s’en est allé, honoré comme il se doit par ses proches et amis.

La symbolique fut forte : alors que son cercueil descendait les marches de l’église avant de s’immobiliser sur le parvis, Georges Duboeuf eut le droit à une dernière salve d’applaudissements. Sincère et prolongée, comme pour mieux encourager le premier ambassadeur du Beaujolais dans sa traversée vers l’au-delà. Hasard du calendrier, le négociant de Romanèche-Thorins aura donc attendu « les premiers jours de deux mille vins », comme l’a écrit son ami Bernard Pivot, pour quitter cette terre qu’il aura choyée tout au long de son vivant.

« Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance » Evangile de St jean

Parmi les 900 amis venus affronter la brise matinale et garnir l’église Saint-Pierre, de nombreux visages familiers de gastronomes, appliqués à saluer celui qui ne manquait pas de sublimer leurs mets avec ses dives bouteilles. En tant que président des Toques Blanches Lyonnaises, Christophe Marquin, épaulé de son père, Jacky, ne manqua pas ainsi de représenter ses confrères cuisiniers… qui brillaient par leur absence.

Fort heureusement certains d’entre eux eurent le bon sens d’effectuer le court trajet jusqu’en Saône-et-Loire, de Pierre Troisgros à Pierre Orsi en passant par Jacotte Brazier, Georges Blanc, Christian Bourillot, Daniel Léron, Joseph Viola, Michel Chabran, venu soutenir son ami Jean-Paul Lacombe, au coude à coude avec les représentants de la maison Bocuse, Françoise Bernachon, Vincent Le Roux et Paul-Maurice Morel, Thibaud Gaudin, non loin de Françoise et Jean-Paul Pignol, très ému, Colette Sibilia, Renée Richard, Raymone Carlut, Gérard Vanier, Jean-Claude Caro ou Gilbert Reboul.

Son épouse Rolande ne put répondre présente

Bernard Pivot, Marcel Guigal, Jean-Claude Anaf et Jean Martinon, Alain et Dominique Vavro, ou encore Françoise Petit n’ont pas manqué de réconforter Fabienne et Jean-Paul, Franck et Anne, accompagnés d’Adrien, Antonia, Aurélien et Angèle, ses petits-enfants dont les larmes encore abondantes contrastaient avec la bonne humeur qu’inspirait Georges Duboeuf tout au long de ses 87 printemps. Son épouse Rolande fut « dans l’incapacité d’être parmi nous », précisa le Père Emmanuel Payen, avant de dresser le portrait du défunt avec qui il s’était longuement entretenu l’été dernier.

« Il fut un ambassadeur infatigable du Beaujolais, un visionnaire du développement des vins. Il aimait la vigne et les vignerons, ses amis. Son sens du commerce était impressionnant, lui qui a voyagé dans le monde entier pour faire aimer les vins du Beaujolais ». Croyant, Georges Duboeuf aimait surtout « l’odeur de la vie ». Fort heureusement, son empreinte est éternelle, soulignèrent les participants réunis après la cérémonie au Hameau du Vin pour lever leur verre en mémoire de leur ami disparu.

Nous n’avons pu mettre un nom sur certains visages. Merci de nous aider à compléter la photo 27 : marco@lyonpeople.com

Jeudi 9 janvier 2020