neron-bancel Photo © Jean-Luc Mège

 

Par Nadine Fageol

 

Où tu iras, j'irai. Un couple d'inséparables, elle étaye la vie de ce serial globe worker d'une pincée de vie d'artiste toute en générosité. Collages et décollages. 

 

Si les Neron-Bancel habitent une maison à 30km de New York, ils disposent d'un pied-à-terre entre Mid Town et Harlem avec vue dégagée sur l'East River. Un bobo appartement blanc essaimé de collages et autres peintures et dessins façon cartoon. Ici, absolument rien n'indique que Franck Neron-Bancel est vice-président de ADP, pour Automatic Data Processing, société américaine de services informatiques dans le domaine de la paye et des ressources humaines représentant 9 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2008 et 45 000 personnes dans le monde. Issu d'une famille lyonnaise depuis des générations, Franck a essuyé ses guêtres au Lycée du Parc puis Saint Just pour la Prépa Sup de Co effectuée ensuite à Marseille où il rencontre Laurence. Le couple ne se quittera plus, elle le précède à la Martinique où elle trouve un job un mois avant le début de son service militaire. Suivra un an à Buenos Aires à vendre des produits financiers aux non résidents avant de rentrer à Lyon pour sept ans. Le temps de donner naissance à deux garçons et une fille et lui d'intégrer GSI, société de services informatiques qui en 1993 envoie Frank à Londres. En trois ans, la petite famille apprend l'anglais et puis voilà que la world économie s'en mêle, GSI racheté par ADP, Franck est nommé à New York en charge du développement international. Jusque-là deux informations à retenir, la propension à voyager des Neron-Bancel est d'origine génétique, « une partie de la famille a vécu au Mexique entre 1830 et 1860. C'est dans nos gènes, on trouve des gens qui ont voyagé avec Lafayette et Napoléon…» explique Franck en riant. Seconde information, Londres en tant qu'étape préparatoire incontournable à nombre de migrations outre Atlantique comme cela va se vérifier par la suite.

 

Franck mué en globe-trotter pour procéder à des acquisitions et constituer des joint-ventures sur l'Amérique Latine, l'Australie, le Japon et l'Europe de l'Est ; Laurence s'adonne à sa vie d'artiste. Et le petit appartement arty de faire la jonction entre la maison de Mamaroneck, les enfants qui vont au Lycée Français à deux pas et les activités débordantes d'une Laurence affamée d'art. Guide au Neuberger Museum of Art, elle est encore en formation de guide au Whitney Museum qui possède la plus importante collection d'art moderne américain de la planète. Loin d'en rester là, elle anime l'association LMNY's et partage repérages et bons plans culturels sur son blog (http://www.elleaimeny.blogspot.com) qu'elle n'oublie pas d'illustrer de toniques flyers, en fait des collages peaufinés par cette fille du Vésinet à l'âme voyageuse. Franck en amour, comme on dit dans la province canadienne voisine, la couve des yeux. Quelques visuels extérieurs plus tard, devant un énorme steak haché, on avale le New York way of life à cent à l'heure. « Les enfants qui ont fait toutes leurs études ici ne sont plus tellement français, pas américains disons relativement internationaux ». L'incroyable diversité new-yorkaise, troisième information. Éric Brun, Ludovic Cazenave, patron de Medical Innovation Developpement ; Félix Boisson de Charzourne qui a monté la chaine de magasins O'CD ; Marc Rousse, de l'atypique Atalante Voyages ; l'huissier Damien Tronel ou encore Alain Crozier, directeur financier chez Microsoft… « les amis devant un pot de Macon aux Halles, il nous manque une ambiance particulière ». Et le couple de travel worker d'appuyer, « Lyon qui ressemble à une ville comme Melbourne au niveau proximité mer montagne se hisse sans problème dans le top 5 des villes dans lesquelles on peut vivre aujourd'hui avec en plus la gastronomie, le vin et une certaine esthétique ». Et plus tard, « je ne resterai pas ici éternellement mais je ne sais pas où j'irai », dixit Franck qui s'envole le lendemain pour le Brésil.