Par Morgan Couturier et Marc Polisson

Exclusif. Ancienne première dame de Lyon, l’épouse de Raymond Barre est décédée à Genève, la semaine dernière, à l’âge de 97 ans.

Les souvenirs des concerts de musique classique joués dans le théâtre de Tunis se sont définitivement estompés. Dix ans après le décès de Raymond Barre, qu’elle avait rencontré à l’occasion de l’un de ces fameux concerts, Eve Barre, née Hegedüs, s’est éteinte à Genève, à l’âge de 97 ans. Hongroise, héritière d’une famille israélite (son père était avocat, ndlr), elle rejoint la France pour étudier à la Sorbonne et à l’Alliance française, avant de retrouver sa terre natale, consécutivement à la déclaration de guerre de Mussolini en 1940. Eve Barre était alors venue en aide, avec sa famille, aux prisonniers français qui avaient réussi à s’évader des camps allemands.

L’invasion de la Hongrie lui fait craindre des représailles. A l’issue d’une véritable odyssée, Eve Barre s’installe dans la capitale tunisienne où elle officie dans un service de radiologie. Très sollicitée, en partie grâce à son physique avantageux, la belle hongroise finit par succomber aux avances d’un jeune professeur d’économie nommé Raymond Barre. De retour en France, elle accepte de prendre, le 19 novembre 1954, la main du futur Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing qu’elle accompagnera fidèlement pendant toute sa carrière politique. Carrière qui se conclura sur le fauteuil de maire de Lyon de 1995 à 2001. Le couple aura deux enfants, Olivier et Nicolas, âgés respectivement de 62 et 56 ans à qui nous présentons nos condoléances.

Eve Barre a été inhumée au côté de son époux au cimetière Montparnasse, lundi 6 novembre 2017, dans la plus stricte intimité.