Par Morgan Couturier

Fondé en 1519 par les Trinitaires, le lycée Ampère a célébré le 500e anniversaire d’une riche histoire, à laquelle ont participé de nombreuses personnalités locales et nationales.

« Ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière ». Ses mots, le lycée Ampère les cautionne plus que quiconque pour bien des raisons. D’abord parce qu’après 500 ans d’existence, l’établissement géré par les Jésuites puis les Oratoriens jusqu’à la Révolution ne vit que par les âmes qui l’habitent, ces milliers d’élèves ayant arpenté les sinueux couloirs de « cet ancien collège de pauvres et de méritants », dixit Guy Charlot, devenu inspecteur d’académie après avoir étudié en ces lieux.

La merveilleuse bibliothèque a été détruite sur ordre du maire Édouard Herriot, en 1912. Un triste épisode passé sous silence lors de la soirée anniversaire…

D’autre part, parce que ces écrits de Charles Baudelaire renvoient là encore à l’un des illustres pensionnaires du lycée. À sa manière, le poète entretient alors l’histoire de l’établissement, comme peu d’entre eux « peuvent s’en prévaloir », dixit Gérard Collomb qui a effectué entre ses murs l’un de ses 3 stages pour l’agrégation. Les anecdotes fusent, au prix des confessions de chacun, de Bernard Pivot à Raymond Domenech en passant par Michael Peters et les années passent.

Pourtant, à 500 ans, ce lycée qui fut catholique, impérial puis royal, avant de devenir républicain, « vit pleinement avec son temps ». « Toujours aussi dynamique », selon les termes de sa proviseure Anne-Marie Brugeas, l’institution pionnière en matière de mixité (depuis les années 70) se concentre sur l’avenir. Les élèves de sexe féminin l’ont bien compris. « Dans 500 ans, ce sera de nous dont on parlera. Allez, au travail » !

 Verbatims en la chapelle de la Trinité :

L’écrivain Bernard Pivot
« Sortez vos papiers, vos crayons, dictée ! »,

Raymond Domenech, président de l’Union Nationale des Entraîneurs
« J’ai mis six mois à retrouver les espaces. J’étais perdu. Le seul endroit que j’avais repéré, c’était la cantine »

André Manoukian, compositeur
« Le jour de la rentrée, j’étais tellement heureux que je portais un costume. Le seul idiot sur la photo de classe avec un costard, c’est moi »

Thierry de la Tour d’Artaise, PDG du groupe SEB
« J’ai le souvenir d’un professeur qui nous faisait recopier les leçons »

Gérard Collomb, maire de Lyon
« Ce bâtiment nous apprend beaucoup sur l’histoire de notre ville »

David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon
« Le lycée, c’est une période essentielle où l’on commence à penser comme un adulte, sans en avoir les responsabilités.
C’est la période des premières fois ».

Etienne Blanc, vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes
« Je souhaite que ce lycée soit encore longtemps le temple du savoir au cœur de notre cité »

Guy Charlot, inspecteur d’académie
« C’est un lycée des grandes découvertes, où j’ai appris à jouer au tarot et faire de la voile »

François Royer et Jean-Luc Da Passano, vice-président de la Métropole de Lyon
« J’ai passé 2 ans au lycée Ampère, pour ma première et ma terminale en 1967. Ce fut le dernier bac sérieux.
L’année suivante, ils l’ont donné à tout le monde ».

 

 Jeudi 2 mai 2019