laurence A 42 ans, elle est l'archétype de la jeune femme du 6ème. Naturelle et sans ostentation. Issue de la société civile, cette maman de 3 enfants conduira la liste de Dominique Perben dans le plus chic des arrondissements lyonnais. Pour sa première interview politique, elle a fait face avec aplomb à nos incessantes provocations…

 

Pour démarrer, une petite bio express

Naissance : le 20 juillet 1965 à Paris

Parents : Mon père travaillait dans la banque et l'assurance, mère prof de français, puis HEC à Paris puis à ensuite élevé ses cinq filles.

Frères et sœurs : 4 sœurs vivant toute à Paris, elle est l'aînée.

Diplômes : BAC avec mention Très bien, Sciences-Po à Paris, l'école d'analyse financière et de gestion de fonds. 

Situation matrimoniale : mariée

Enfants : 3 enfants

Religion : catholique pratiquante

Carrière : 3 ans à la banque San Paolo à Paris en tant que gestionnaire de fonds, a ensuite accompagnée son mari dans le développement de son entreprise en Asie pendant 10 ans (1990-2000), puis créé une agence de crèches d'entreprises à Lyon pendant près de 3 ans (2003-2005).

ISF : Oui

Franc-maçonnerie : Non

 

 

Vous êtes sans doute la candidate la plus riche à se présenter aux prochaines municipales. Si vous êtes élue, comptez-vous faire un don à la Ville de Lyon ? Ou à la science ?

Je ne vois pas le rapport, je trouve que vous faites des raccourcis un peu courts (rires). Je ne vois pas ce que ma situation financière a à voir avec le fait que je sois engagée dans la vie politique. Je n'ai pas de fortune personnelle, ni mon mari, il est parti de 0 et a développé son entreprise, je peux être plutôt fière de ça. Mais ce n'est pas un argument de campagne, ni un contre argument. Ce n'est pas un sujet sur lequel on devrait s'étendre très longtemps.

 

Il faut dire que votre mari Cyril a connu une réussite fulgurante…

Il a fait sa coopération aux Philippines, et a rencontré un autre coopérant et tous les deux ont eu l'idée de créer une société de conseil en informatique, qui s'est rapidement développée entre les Philippines et l'Asie, et l'Europe puisque leurs clients étaient pour partie en Europe. Une partie de la conception se faisait aux Philippines. Au début, ils étaient deux et puis ça a grossi jusqu'au moment où il est sorti de cette société. Il y avait alors 700 personnes travaillant partout dans le monde…

 

Comment avez-vous vécu cette aventure ?

C'était une aventure très intéressante parce qu'on a habité aux Philippines puis en Indonésie. La construction d'une société comme ça est quelque chose de passionnant. J'étais très impliquée dans la stratégie et les décisions de partenariat avec les uns ou les autres, ou d'orientations à prendre dans un pays ou un autre, de construction d'une équipe, de recrutement. Il peut y avoir des problèmes humains à gérer, ça peut être assez pesant et c'est là que c'est important d'avoir quelqu'un avec qui on peut échanger. Il y a plein de choses qui se sont passées, c'est vraiment une aventure humaine très forte et qui d'ailleurs s'est poursuivie puisqu'après avoir quitté cette entreprise, il en a recréé d'autres. C'est vraiment que qui l'intéresse et ce qui m'intéresse aussi. Ce qui est intéressant c'est le démarrage, il y a tout à faire.

 

Comment avez vous vécu ces dix années ?

C'était très enrichissant, il y avait des grandes périodes de stress, puis en même temps, la sensation de créer et de développer quelque chose. Chaque étape était intéressante. Quand on part, on se rend compte de ce qu'on quitte. Quand on revient, on apprécie d'autant plus la vie à Lyon, en France. En même temps on découvre d'autres cultures. Le fait de pouvoir donner aux enfants la chance de pouvoir parler plusieurs langues, de découvrir d'autres pays, est une grande chance et j'aimerais bien d'ailleurs que dans les écoles, françaises et lyonnaises, les langues et l'ouverture aux autres civilisations aient une place encore plus grande. J'espère qu'on pourra, si Dominique Perben est élu, proposer des choses innovantes dans ce domaine.

 

Quand votre époux l'a vendue en 2000, sa société réalisait 130 millions de dollars de CA. Combien a-t-il touché lors de la revente de ses parts ?

(Elle s'énerve) Mais vous voulez que je parle de mon mari ou de moi ? Cela n'a aucun intérêt sur le sujet, on ne va pas continuer là dessus, où alors vous l'invitez la prochaine fois et vous parlez avec lui. Moi je ne suis pas là pour parler de ça. On peut parler d'autres choses, je suis très fière de mon mari, j'admire ce qu'il fait et ce qu'il continue à faire.

 

Ça vous gène qu'on parle d'argent…

Ça ne me gène pas qu'on parle d'argent mais ce n'est pas le sujet, je ne vois pas en quoi ça peut intéresser les gens. Je ne considère pas que ce soit une question intéressante pour le débat. Je vais dire « joker »…

 

(Rires) Joker accepté. Pendant 10 ans, vous avez bourlingué en Asie. Pourquoi être rentrée à Lyon ?

A un tournant dans notre vie, la page de cette première aventure se tournait, et d'autres allaient démarrer. La question se posait de savoir où l'on avait envie de recommencer cette nouvelle tranche de vie. A l'étranger ou à Lyon ? On s'est très vite dit : on a envie que nos enfants grandissent à Lyon, on a une qualité de vie à Lyon que nous apprécions beaucoup, c'est pour ça que l'on est rentré à Lyon.

 

Quelle activité exerce-t-il aujourd'hui alors que vous êtes désormais multi millionnaire ?

Toujours lui… (Rires) on va l'appeler pour qu'il vienne répondre à vos questions, ce sera peut être plus simple. Il a démarré d'autres projets d'entreprises, aujourd'hui il a quatre, cinq projets différents qui avancent chacun à leur gré, à leur rythme. Ce sont des tous petits projets, dans le domaine de l'informatique, toujours sur le plan du conseil, de la réflexion stratégique.

 

Tous les deux, vous avez un petit côté « Jonathan et Jennifer, les gentils milliardaires… »

Ah non, non, non (rires) ! D'autres questions…

 

Est-ce le fait que vous vous ennuyez à la maison qui vous a donné envie de faire de la politique ?

Non, c'est pas du tout le fait que je m'ennuie à la maison, je ne me suis jamais ennuyée à la maison. D'ailleurs je n'y suis jamais restée suffisamment longtemps. J'ai toujours voulu faire plusieurs choses à la fois même si j'ai toujours été là pour m'occuper de mes enfants. La politique est arrivée comme ça, un petit peu par hasard, par une rencontre avec Dominique Perben. Il proposait à des gens qui n'avaient jamais fait de politique de réfléchir et de travailler sur un projet. Cette démarche m'a intéressée, je me suis dit : « Après tout, pourquoi pas ? » J'ai donc commencé un petit peu par hasard et plus j'ai travaillé, plus j'avais envie de poursuivre cette démarche.

 

Où avez-vous rencontré Dominique Perben la première fois ? Chez le coiffeur, où vous passez tous vos après-midi ?

Tous mes après-midi ! Non, pas tous mes après-midi, de temps en temps quand même. Je ne pense pas que nous ayons le même coiffeur d'ailleurs. Il a suffisamment de choses à faire pour ne pas perdre son temps chez le coiffeur. Je ne crois pas que ce soit un homme si attaché que ça à son image.

 

Un homme qui se teint les cheveux est-il attaché à son image ?

Je ne l'ai jamais vu chez le coiffeur donc je ne peux pas vous dire s'il se teint les cheveux. Et encore une fois, ça n'a pas d'importance. On ne juge pas les gens sur leur couleur de cheveux, leur coiffure. Donc ce n'est pas ça qui m'ait attirée non plus. Je l'ai rencontré à l'une des premières assemblées de constitution de Lyon Nouvel horizon. Un ami m'avait fait venir à cette réunion.

 

Comment vous a-t-il séduit ?

« Séduit » n'est peut être pas le mot mais intéressé intellectuellement. En expliquant sa démarche, en disant : « On est un certain nombre, autour d'une table, voilà ce que je vous propose… On commence une aventure ensemble et on va essayer de construire un beau projet pour la ville.»

 

Vous l'appelez par son petit nom ?

Je l'appelle Dominique ! (Rires)

 

Vous avez été choisie pour arbitrer la guerre des cabas entre la milloniste Nicole Chevassus et l'UMP Dominique Nachury que Doumé n'arrivait pas à départager.

D'abord je ne parlerais pas de guerres des cabas, en plus je fais mes courses avec un caddie, ça va plus vite, on met plus de choses dedans (rires). C'est vrai que Dominique Perben m'a demandé d'être tête de liste dans le 6ème pour favoriser ce rassemblement qui a été initié avec le groupe UPL. Ce rassemblement se fait avec deux personnalités importantes de la vie du 6ème arrondissement Dominique Nachury et Nicole Chevassus, et je les remercie pour leur attitude et leur disponibilité. C'est une grande chance pour moi de pouvoir bénéficier de leur expérience. Ce n'est pas du tout un arbitrage, ni une guerre, il n'y a pas de guerre. On travaille tous ensemble et ça se passe très bien.

 

Décrivez-nous Dominique Nachury…

Elégante et déterminée !

 

Nicole Chevassus…

On va dire : élégante et déterminée… (Rires).

 

Ne faites pas la blonde, dites-moi quelque chose d'original pour Nicole Chevassus…

Déterminée, ça c'est sûr, efficace et femme de terrain. Il faut que je trouve les bons mots puisque vous me surveillez à la virgule près. J'ai beaucoup travaillé ces derniers temps avec Nicole, Dominique je la connaissais depuis un peu plus longtemps, et c'est vraiment une femme de terrain et je le vois quand je me promène avec elle, sa façon pragmatique, efficace, elle connaît vraiment bien cet arrondissement. C'est une grande chance de travailler avec ces deux femmes.

 

Quel accueil avez-vous reçu de part et d'autre ?

Très bon accueil, on a constitué une équipe vraiment dynamique. Les militants sont peut- être les premiers à avoir envie de faire avancer les choses, de travailler ensemble, on a tous le même objectif : faire élire Dominique Perben à la mairie et proposer un autre projet pour Lyon. Ils l'ont tous bien compris. Ils attendaient vraiment ce rapprochement, ce rassemblement. Il faut désormais être efficace et convaincre.

 

Vous êtes tous les jours sur les marchés et rencontrez le petit peuple du 6ème

« Petit peuple », c'est très désagréable, vous ne devez pas aller souvent faire le marché… (Rires) tout le monde a besoin de se nourrir et de remplir son cabas et « petit peuple » est une expression que je trouve assez déplaisante !

 

Est-ce que les électeurs vous identifient ?

Je ne peux pas vous dire que tous les gens se retournent sur moi dans la rue. Je suis entourée de gens qui sont déjà bien connus dans l'arrondissement, des gens qui sont habitués à être sur le terrain et qui ont déjà un très bon contact avec les habitants du 6ème. Moi j'en connais un certain nombre aussi donc ça va bien se passer, il faut un petit peu de temps. A partir de janvier, on a mis en place tout un panel, je dirais, de rencontres et de lieux, la permanence du 6ème, des déjeuners, des soirées apéritives, ce sera peu être pas aussi recherché qu'ici (rires) mais on va accueillir tous les jeudis soir les habitants du 6ème. Vous pouvez venir me voir même si vous n'êtes pas du 6ème dans ma permanence qui se situe 70, rue Bossuet. On va faire des petits-déjeuners le jeudi matin pour les mères de famille qui ont déposé leurs enfants à l'école ou les papas qui peuvent passer nous voir avant d'aller travailler.

 

En cas d'alliance avec le Modem, vous risquez d'être déclassée. En êtes-vous consciente ?

Il ne faut pas écouter les ragots. Pour l'instant je ne me pose pas la question, parce que notre objectif est encore une fois, je vous le redis, de faire élire Dominique Perben maire de Lyon et pour cela de suivre la stratégie de rassembler le plus de gens possible autour de son projet et d'une équipe. C'est donc ce qu'il a fait pendant 3 ans avec les adhérents de Lyon Nouvel Horizon, ensuite avec le MPF, avec l'UPL récemment. Et peut-être bientôt avec le Modem, et j'en serais très heureuse car ça voudra dire que vraiment la Droite dans son ensemble est rassemblée, que l'on a vraiment de grandes chances de réussir dans notre entreprise. Ma position à moi, elle est accessoire. Je ne serai pas frustrée, ce sera bon signe, signe que nous sommes proches du but. J'en serai très contente.

 

Si c'est le cas, aurez-vous le sentiment d'être passée pour une potiche ?

Je ne me sens pas du tout « potiche », je ne suis pas dans la politique politicienne, donc on verra… Il y a une équipe, il y a des gens. Quand il y a un rapprochement avec de nouveaux éléments d'un parti, il est normal de faire de la place aux nouveaux arrivants.

 

Vous n'êtes donc pas sûre d'être encore n°1 en mars ?

Honnêtement, je ne suis sûre de rien, j'espère l'être mais encore une fois ce n'est pas ça qui m'empêche de dormir. Ce qui est important c'est de porter un projet et que ce projet soit approuvé par les Lyonnais.

 

Parlez-nous de votre équipe militante dans le 6ème.

Il y a les équipes UMP et UPL, j'aurais du mal à vous citer tout le monde. Il y a Nicole et Dominique déjà. Et puis un certain nombre de militants qui travaillent depuis longtemps avec Nicole ou avec Dominique, et les nouveaux qui sont avec moi, qui viennent de LNH, ou d'ailleurs. On est une grande équipe, je ne peux pas vous citer des noms comme ça…

 

Pourquoi êtes-vous sur la réserve ?

Je ne suis pas sur la réserve mais il faut citer tout le monde ou personne, c'est difficile, on ne peut pas citer tout le monde, on est nombreux. Hervé, Cyril, Claude, Anne-Claire, Hélène, Amaury, Dominique, Nicole, Denise, Marc, Jacky, j'en oublie et après ils vont me faire la tête… Sébastien…

 

Combien de langues parlez-vous, Laurence ?

Je parle l'anglais, je suis censée parler l'allemand, je parle un peu l'indonésien…

 

A cela, vous pouvez désormais rajouter la langue de bois !

Non ! Pas la langue de bois. On est une équipe et ce qui est important c'est de travailler tous en équipe. On ne va pas commencer à distinguer les uns des autres.

 

L'arrivée d'Amaury Nardone dans le 6ème vous fait-elle plaisir ?

Je n'ai pas à dire si elle me fait plaisir ou pas plaisir. Il fait partie de l'équipe donc on travaille tous ensemble, c'est ça qui est bien. C'est quelqu'un de très intelligent et de très efficace.

 

Diplômée de langue de bois avec mention, chère Laurence !

C'est vous qui avez l'esprit tordu ! On a une attitude positive et constructive, et justement j'essaie de ne pas rentrer dans les combines de politique politicienne.

 

Vous êtes dans la politique politicienne puisque vous cautionnez le nomadisme politique qui consiste à changer d'arrondissement au gré de ses ambitions…

Je n'ai été que dans le 6ème arrondissement, je ne suis donc pas concernée par votre question. Votre question s'adresse à Amaury Nardone. Vous la lui poserez directement.

 

Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Je n'ai pas de sentiments à ce sujet…

 

Comment jugez-vous le bilan du maire du 6ème ? Et celui de son équipe ?

Ils ont fait beaucoup de choses, ils ont été très présents sur le terrain, c'est une équipe de proximité avec des élus qui étaient sur les marchés aussi. C'est peut-être symbolique, mais ils allaient à la rencontre des habitants régulièrement, avec une démocratie participative qui a bien marché, des conseils de quartiers. Il y a eu une démarche de concertation. Des actions ont été faites pour redynamiser et apporter un nouvel élan économique et commercial dans le quartier des Brotteaux, que vous connaissez bien puisque vous y êtes installés. Ils ont fait beaucoup de choses et je pense que c'est louable car ils n'étaient pas aidés par la mairie centrale. Il faut continuer dans cette action, à la fois très présente, et dynamique.

 

Nicole Chevassus n'a donc pas démérité, selon vous ?

Je n'ai pas à porter de jugements non plus, mais je suis très à l'aise pour dire qu'elle n'a pas démérité. Pas du tout.

 

Pourquoi doit-elle alors céder sa place ?

(Elle s'énerve) Il ne s'agit pas de céder sa place, il s'agit de travailler son équipe avec notre équipe… Ce n'est pas la langue de bois c'est ça, Dominique Perben l'a déjà répété un certain nombre de fois, c'est une stratégie de rassemblement donc on est assemblé. Elle est toujours là, Nicole Chevassus !

 

Pourquoi Nicole Chevassus n'est-elle pas à nouveau tête de liste si elle n'a pas démérité ?

Il y a eu un rassemblement. L'UPL et l'équipe de Dominique Perben se sont rapprochées et rassemblées donc maintenant il a deux équipes ensemble.

 

Si je comprends bien, on ne retient pas son bilan mais on s'en tient à un système d'alliance. Ça ressemble fort à de la politique politicienne…

Non, on travaille ensemble, comme dans une famille je pourrais dire, deux personnes qui ont pris des voies un peu différentes pendant un moment. Pour ce qui est du programme, du contenu, il n'y a pas de grands points de divergence. Moi je n'en connais même pas. On a tout à gagner à travailler ensemble.

 

C'est une famille mais vous poussez le chef de famille vers la maison de retraite ?

Personne n'est à la maison de retraite, elles sont deux femmes très actives, c'est vraiment pas une expression qui leur convient.

 

Ils ont tous bien travaillé mais il va falloir faire des choix. Qui allez-vous conserver à la mairie ?

Ce n'est pas moi qui décide ci et ça. On est une équipe, le grand patron c'est Dominique Perben, « tête de liste » ne veut pas dire patronne. Ça veut dire conduire une équipe derrière un projet.

 

Parlez-nous de cette équipe ?

Vous voulez dire la liste… Je vous ai donné des prénoms de tous les gens qui travaillent avec moi. La liste ne sera communiquée par Dominique Perben, il l'a dit lui même, que dans le courant du mois de janvier. A ce jour je ne peux pas vous dire. Dominique Perben a été très clair, il a dit : « Seront sur les listes les gens qui auront bien travaillé ».

Ça peut être dans le mandat précédent, dans la campagne électorale aussi… On travaille tous ensemble, je travaille avec Catherine, avec Béatrice, comme avec les équipes UMP, je travaille avec tout le monde. Et je pense que c'est une grande richesse justement de mettre en commun les expériences de toutes ces personnes.

 

Vous savez qu'il va y avoir beaucoup de déçus puisque vous faites liste commune. Comment vous allez choisir vos coéquipiers ?

C'est toujours la même question (rires). On ne va pas dire untel a démérité… Il y a plein de gens qui ont plein de qualités. Ils ne pourront pas tous être sur la liste, c'est sûr et certain mais ça a toujours été comme ça. Il y a plein de gens formidables, et un nombre limité de places sur les listes. C'est un choix difficile et Dieu merci ce n'est pas à moi de le faire, en tout cas pas uniquement moi…

 

Ce n'est pas un peu frustrant pour vous de voir que toutes les décisions importantes sont prises ailleurs…

Ce n'est pas frustrant du tout surtout que je suis très présente au QG central. J'ai suivi toute la constitution du projet général. La constitution des listes, on n'est pas dedans. En tous cas, moi j'ai autre chose à faire que penser à la constitution des listes pour l'instant. Ce sera après, et je ne serai pas seule pour y réfléchir.

 

La belle Heidi Giovacchini représentera la Gauche face à vous… Ce n'est plus une élection, c'est un concours de beauté… Tous les mâles du 6ème sont en rut !

(Rires) Je crois que Mme Giovacchini est tout à fait intelligente, elle n'a pas été choisie tout comme moi, uniquement sur son physique. J'en suis même certaine. J'ai eu l'occasion de la rencontrer une fois quand je travaillais pour « Crèches attitude » pour lui présenter les avantages d'une crèche d'entreprise. Elle n'a pas donné suite.

 

C'est une personne de centre droit, vous auriez aimé l'avoir dans votre équipe ?

Moi je suis engagée sur un projet, je n'ai jamais été militante, je n'ai jamais fait de politique avant de construire ce projet. Je l'ai rencontrée une fois, elle m'a fait l'impression d'une femme très compétente et intelligente, je ne peux rien vous dire, je n'ai pas d'avis.

 

Si Perben est élu, quel poste voulez-vous occuper ? La coiffure ou la manucure ?

(Sérieuse) Je pense qu'il faut évoluer un peu, c'est bassement machiste. Dans ma courte carrière de fréquentation des hommes politiques, je n'en ai connu aucun qui soit comme ça. Finalement ils ne sont pas tellement machos, nettement plus galants et élégants, je ne vais pas dire intelligents, ce serait déplaisant pour vous. Vous allez encore dire que je fais la langue de bois mais tous les sujets sur lesquels j'ai travaillé m'ont passionné, à vrai dire je trouve que il n'y a pas vraiment de réponse. La question de l'attractivité de Lyon, faire de Lyon une ville accueillante pour les entrepreneurs, sont des choses qui m'intéressent, d'autant plus par ma formation. Le rayonnement international de Lyon et tout le travail fait par Philippe Genin qui est devenu un ami et qui est quelqu'un que j'aime vraiment beaucoup. Tout cet aspect là m'intéresse mais c'est vrai j'ai eu l'occasion de me pencher de manière assez approfondie sur la question des personnes âgées, comment faire pour qu'elles restent plus longtemps dans leur quartier. Je trouve que c'est vraiment un sujet très important, et qui mérite qu'on s'en occupe. Il est trop négligé aujourd'hui et il y a vraiment des choses à faire. La petite enfance, les problèmes auxquels sont confrontés les jeunes parents. Il n'y a pas de solutions à tous les problèmes, il faut vraiment proposer d'autres solutions.

 

Quelles sont vos propositions phares pour le 6ème ?

La première chose qui me vient à l'esprit c'est casser cette rupture qu'il y a dans le 6ème entre un côté et l'autre des voies ferrées. C'est quelque chose qui m'a sauté aux yeux, aménager les passages sous les voûtes des voies ferrées, il y a vraiment une cassure entre les Brotteaux et l'autres côté des voies. Le quartier Bellecombe, il y a beaucoup à faire. Il faut en faire un passage de circulation agréable, pas un truc glauque comme c'est le cas aujourd'hui. C'est symbolique mais important et je pense que l'on peut vraiment mener ce projet avec les habitants. Poursuivre le dynamisme commercial, économique, continuer ce qui a été fait dans le quartier des Brotteaux et faire venir des commerces, des restaurateurs dans le quartier Bellecombe. Déjà il faut qu'il y ait un lien entres ces deux quartiers.

 

Et concernant la vie quotidienne des habitants du 6ème ?

Il faut aussi que les gens qui habitent dans le quartier s'y sentent bien. Et moi je vous reparlerai des personnes âgées. Pour les maintenir au cœur de leur quartier et dans le 6ème il y a beaucoup à faire, il y a une population importante. Il faut rénover les maisons de retraite. Il y a vraiment eu des grosses lacunes dans ce domaine. Le maire actuel de la ville ne s'y est pas assez intéressé. Il faut tout faire pour que les personnes âgées puissent rester chez elle, c'est plus un travail de lien, de mise en relation des différentes personnes qui peuvent intervenir, vivre ou travailler autour de ces personnes. La mairie peut vraiment être facilitateur là-dessus. Même chose pour la petite enfance, proposer d'autres solutions, la crèche ce n'est pas une réponse à tout. Ce sont des sujets pour la ville de Lyon mais des sujets très importants pour le 6ème aussi puisqu'il y a beaucoup de personnes âgées mais aussi beaucoup de jeunes couples qui arrivent et qui ont besoin de trouver des solutions.

 

Au niveau du rayonnement ?

Il y a un projet important qui a déjà été proposé par les conseils de quartiers et soutenu par la mairie, c'est de récréer une nouvelle bibliothèque. De déménager et de développer la bibliothèque du 6ème. Celle qui existe aujourd'hui n'est vraiment pas digne de ce nom, dans les sous sols de la mairie. On peut en faire un projet qui soit un lieu de rassemblement, d'échanges, pour toute la population du 6ème quelles que soient les générations. Ce sera une bibliothèque médiathèque, cher ami, ça restera toujours bien d'avoir des livres, plein d'autres choses autour peuvent être développées, des salles médias… C'est un projet très novateur et pourquoi pas le faire au musée Guimet.

 

Si Gérard Collomb était venu vous chercher, seriez-vous partie avec lui ?

Non. D'abord il ne serait pas venu me chercher (rires). Il n'a pas eu cette démarche d'ouverture, de construction d'un projet que Dominique Perben a eue. Je n'ai pas eu l'occasion de le rencontrer mais de toute façon je ne pense pas que j'aurais répondu à une sollicitation éventuelle.

 

Que lui reprochez-vous ?

Je ne veux pas faire d'attaques personnelles, ni de langue de bois. Je vais me situer surtout sur le plan des idées, des projets et je pense qu'on peut proposer une autre ambition pour Lyon que celle qui est mise en œuvre actuellement et c'est le sens de mon engagement auprès de Dominique Perben. Ce n'est pas une attaque personnelle contre un homme, c'est une exigence plus forte pour Lyon et pour ses habitants.

 

Vous avez récemment serré la main de Sarkozy. Quel plaisir cela vous a-t-il procuré ?

Je ne me suis pas évanouie (rires). J'étais très flattée, honorée de lui serrer la main mais c'est un homme comme les autres, même s'il fait beaucoup de choses très bien. Ce n'est pas un fantasme, ni mon type d'homme.

 

Si vous deviez partir sur une île déserte, emmèneriez-vous Gégé ou Doumé en maillot de bain ? Un seul choix possible !

Je peux proposer autre chose ? Ni l'un ni l'autre. J'emmènerais mon mari. Je ne suis pas sûre qu'ils aient très envie de partir sur une île déserte avec moi, ils ont autres choses à faire en ce moment (rires).

 

Pour vous rappeler votre trip asiatique, on a décidé de vous parer de ce joli kimono…