Par Marco Polisson

Il est reparti comme un goujat, sans avoir nettoyé la cuvette lyonnaise, déjà souillée l’an dernier. Le bibendum, personnage emblématique de l’univers marketing hexagonal n’est plus le bienvenu dans la capitale de la gastronomie.

La mauvaise publicité et le bad buzz qui ont entouré la suppression de la 3eme étoile de la maison Paul Bocuse auront-elles des conséquences pour la maison mère de Michelin, établie à Clermont-Ferrand (cité industrieuse sise 145 kilomètres après Saint-Étienne en direction de l’Ouest) ? Tout le laisse à penser.

Le manufacturier français de pneumatiques s’il reste dans la course mondiale, a vu ses parts de marché tailladées par les Chinois. Et ça ne va pas s’arranger dans la région. Son capital sympathie déjà bien entamé l’an dernier suite au déclassement toujours inexpliqué de Pierre Orsi et de Guy Lassausaie a été de nouveau tailladé par la rétrogradation – sans raison valable – de l’auberge du Pont de Collonges.

Certes Michelin n’a rien à craindre des amnésiques qui mettent la gomme sur les réseaux sociaux. Adorant le lendemain ce qu’ils ont brûlé la veille. Ce calcul cynique a été pris en compte au Codir de Michelin qui a validé la nouvelle ligne buzzmatique du guide.

Mais chez les Lyonnais et les aficionados de Monsieur Paul qui n’ont pas une mémoire en caoutchouc, ça risque de faire mal au moment de passer chez le garagiste. En effet, le guide est intimement lié à la maison de pneumatiques, et c’est son président, Florent Menegaux, qui l’a lui-même revendiqué lors de la soirée de lancement au Pavillon Gabriel, fin janvier. Tentant de protéger Gwendal Poullenec, le directeur (marketing) du guide, il a affirmé droit dans ses bottes : « Les choix sont difficiles et ne peuvent pas plaire à tout le monde, mais on les assume ».

Soit ! Aux lecteurs consommateurs aussi d’assumer leur réprobation et leur désaccord. Interrogés par Lyon People, des garagistes nous confirment avoir déjà reçu des consignes de certains clients, particuliers et sociétés, pour ne plus équiper leurs véhicules avec des pneumatiques Michelin. Et ils n’auront pas besoin d’aller très loin pour se fournir : le manufacturier allemand Continental – longtemps sponsor de l’OL – possède une usine à Caluire, dans la banlieue lyonnaise. Chez nous, quoi !