segolenejjq Pas de temps à perdre pour Gégé. La semaine dernière,

  il ne s'est pas déplacé pour saluer Ségolène !

 

Par Philippe Dibilio

 

On peut se demander ce que recherche Gérard Collomb en se lançant dans les méandres de la préparation d'un congrès socialiste qui donne la nausée au peuple de gauche et une bien triste image de la politique. En présentant une contribution tout en affichant qu'il n'était candidat au poste de premier secrétaire il se rangeait d'emblée parmi les porteurs d'eau, mais pour quel leader ?

 

 

Sur ce plan il a surtout procédé par élimination. Il ne soutiendra pas un « présidentiable » a-t-il d'abord affirmé. Puis il évoqua un possible « éléphanteau de préférence plus sexy que lui » pour porter ses couleurs, voilà qui fait branché mais qui n'annonce pas l'ébauche d'un programme politique. Comme ils sont peu sinon point à prétendre à ce profil, le maire de Lyon s'est rabattu sur Pierre Moscovici. Candidat au poste de secrétaire, ce dernier affirme ne pas être dans la course à la candidature présidentielle, certes puisqu'il est évident qu'il roule pour celui qui est son mentor en politique à savoir Dominique Strauss-Kahn lequel attend son heure dans l'ombre newyorkaise en qualité de président du FMI. Seulement les choses se sont gâtées avec l'initiative de Cambadelis, le fin manœuvrier de DSK, qui, à La Rochelle, a lancé un mouvement de rapprochement avec Martine Aubry et autres pour assurer une base plus large au futur candidat à la candidature. Il ne reste donc à Moscovici et à Gérard Collomb au mieux que la troisième marche du podium derrière l'équipe Delanoë-Aubry et l'isolée Ségolène Royal. Si les choses devaient se terminer ainsi on serait en droit de se dire « tout ça pour ça ». Bien sûr le maire de Lyon aura trouvé dans cette aventure une certaine notoriété nationale mais il aura aussi cultivé une image partisane qui ne correspond pas à celle qu'il a dans sa bonne ville de Lyon où il est considéré comme un homme d'ouverture, en particulier à droite et dans le monde économique. Et puis ce temps passé dans les arcanes de la préparation du congrès ne l'a pas été sur les dossiers lyonnais, or en début de mandat il est des choses qu'il faut mettre en place vite et, on le sait bien, le temps perdu ne se rattrape pas.

 

Image brouillée

A son arrivée au « campus » de Royan, à savoir l'université d'été des jeunes UMP, Jean Sarkozy, le fils de l'autre, a doctement déclaré : « Ici vous ne verrez pas des éléphants ou autres animaux de je ne sais quel bestiaire politique, mais des jeunes qui pensent et qui débattent de politique ». Au terme des deux jours de ce rassemblement, l'image était plutôt brouillée. Sur les chaînes de télévision point d'images de jeunes studieux, on leur réservera seulement celles de PomPom girls ou autres spécialistes de la claque, dans les journaux pas d'expression du moindre jeune populaire. En revanche on a vu et entendu, ceux que l'on n'appelle pas des éléphants mais ou est la différence ? Raffarin, Devedjian et bien sûr Fillon lesquels ont rassuré les jeunes en leur disant que Sarko leur téléphonait régulièrement. Bravo pour les jeunes qui ne semblent pas assez matures aux yeux du président pour qu'il s'adresse à eux en direct. Mais au fond ils n'avaient peut-être pas grand chose à débattre ces jeunes-là qui sortaient d'une élection fratricide de leur président à eux, laquelle a dû laisser quelques traces et aurait pu là encore brouiller l'image. Mais on pourra toujours retenir de Royan l'image d'une Nadine Morano plus jeune que jamais et qui l'a montré sur la piste de danse comme en témoigne le clip diffusé sur Le Parisien.fr.

 

Bernard Bolze, le bon choix

Dans le cadre de sa réforme Rachida Dati, garde des sceaux, vient de nommer un contrôleur général des prisons en la personne de M. Delarue. Il sera encadré par une commission d'une dizaine de personnalités de la société civile parmi lesquelles on note la présence de deux Lyonnais : Jean Costil et Bernard Bolze. Si le premier agît de longue date dans le secteur de la défense des demandeurs d'asile, Bernard Bolze est lui un militant de la première heure du respect des « privés de liberté ». Humaniste jusqu'au bout des ongles, aussi pugnace que discret, Bernard a su utiliser juste ce qu'il faut le projecteur des médias pour faire avancer les nobles causes qu'il défend. Créateur de l'Observatoire International des Prisons, il a su imposer aux gouvernements de gauche cette structure qui dérangeait. Animateur de la première heure de l'action contre la double peine, il a reconnu le geste de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, pour en finir avec cette ineptie juridique. Le gouvernement ne pouvait faire meilleur choix que ce passionné du respect de l'autre pour encadrer l'action de ce tout nouveau contrôleur des prisons. Quant aux éternels sectaires qui ne manqueront pas de voir là le ralliement d'un homme de gauche au sarkozysme, on les abandonnera à leur esprit borné. Bernard Bolze est un homme trop libre pour être récupéré, son domaine c'est l'action et on peut lui faire confiance pour continuer le combat en toute indépendance.

 

Erratum

Dans sa dernière livraison, le mensuel Lyon Mag évoque les dossiers où, au Gand Lyon « ça va chauffer » et de citer, à juste titre celui du TOP (tronçon ouest du périphérique). Sans doute pour pointer une pratique tacticienne de Gérard Collomb, le magazine écrit : « c'est à un élu UMP que le président de la communauté urbaine a confié un  rapport sur ce sujet sensible. Il s'agît de l'avocat Jean-Claude Desseigne, maire de Tassin-la-Demi-Lune. » Si l'intéressé est bien maire de la commune à la célèbre horloge il n'est pas membre de l'UMP, c'est d'ailleurs au moment de la constitution du groupe UMP au Grand Lyon, dans le mandat précédent qu'il a rompu alors que jusque-là il siégeait au sein du groupe RPR. Aujourd'hui membre du groupe Synergies, il s'affiche lui-même « divers droite, sans étiquette ».