001 Photos © Smart Angel Media, Marco et Fabrice Schiff

 

Par Julien Smati

 

L'église Saint Jacques du 8ème arrondissement s'est remplie à vue d'œil ce mardi 20 juillet 2010 malgré la période estivale. Nous connaissions la générosité de Philippe mais nous étions loin d'imaginer la ferveur de ses proches.

 

02-2 Une fidélité à la lyonnaise, éternelle comme le souvenir qu'il laisse à chacun. Une mobilisation réactive à la hauteur de son humanisme même si l'information n'est hélas pas arrivée à temps pour tout le monde… Le sport lyonnais endeuillé. Ivan Patet, Mathieu Renaud et les hommes du LOU Rugby étaient bouleversés par la perte de leur ami et ancien photographe officiel (ci-dessous avec Sébastien Piegay lors de la rencontre LOU-Toulon en 2005). Jean-Claude Beaumont a évoqué une soirée festive d'adieu, un GPTL éphémère comme Philippe l'aurait adoré. Jean-Louis Cazemajou préféra la discrétion. Pierre Bideau (OL) ne voulait manquer ce dernier rendez-vous tout comme Stéphane Morot Sir (ASVEL) et Léandre Borbon (OMS), très attristés par cette disparition brutale et inattendue.

 

002 Notre photographe sportif entretenait une affection particulière et une grande proximité avec la Ville de Lyon. Il avait officié comme garde du corps de Michel Noir à sa grande époque puis comme photographe officieux de Gérard Collomb qui l'avait pris aussitôt en amitié. Il connaissait quelques arcanes de l'hôtel de ville qu'il gardait fidèlement pour lui. C'est aussi toute une délégation de la Ville qui assistait à son dernier voyage. Thierry Braillard en proue accompagné de son épouse Sophie. L'adjoint aux sports de la ville insiste sur sa ténacité : « Le combat contre la maladie était perdu d'avance, il a pourtant mené ce combat avec sa gouaille et son esprit combattif au nom de son fils Clément ». Sandrine Frih peine à dissimuler son émotion tout comme Evelyne Haguenauer. François Royer, adjoint au maire du 2ème, assistait également à la cérémonie. 

 

004  Ses confrères de la presse ne l'ont pas oublié avec les présences des journalistes Maurice Fusier et Christian Lanier, des photographes Laurent Cerino, Saby Maviel et son éternelle complice l'artiste photographe Myriam b. Lyon People était également représenté par Marco, fidèle à l'amitié très taquine offerte par Philippe Gandelin au tout début de notre aventure éditoriale, il y a maintenant dix ans. Une amitié qui entraine mémoire et une bienveillance auprès de son fils Clément. Jean-Christophe Larose (Groupe Cardinal), ami et voisin au Lavandou, accusait cette triste nouvelle.  Notre festif phil aimait se transformer en DJ pour ses soirées d'été dans sa résidence secondaire après de belles journées passées avec Jean-Christophe. Son ancien camarade de classe, Hervé Bal (HB Editions), ne l'a pas quitté depuis les Chartreux, les deux hommes travaillaient dans le même univers golfique. Emu, Olivier Chatard (Delta Light) se tenait discret.

 

005 Côté GPTL, son lieu festif de prédilection, Marie Roussille se souvient avec émotion: « Philippe faisait partie du décor du GPTL, il était impossible de ne pas le croiser. Ayant la blague facile, il était chez lui sur tous les stands ». Des propos confirmés par Stéphane Morot Sir, directeur général de Canal + Events : « Omniprésent, il affectionnait particulièrement  le stand de la Ville de Lyon comme s'il le gardait, il s'occupait même du service. C'était le pilier du stand depuis longtemps comme à l'ASVEL ! ». Et c'est sur ce stand qu'il trinqua avec Momon Vidal, le réputé braqueur du Gang des Lyonnais. L'ennemi public numéro 1 rincé au champagne aux frais de la ville, Philippe jubilait du tableau offert mais n'osa pas cette fois dégainer son appareil photo ! Au GPTL 2009, il confia à Charles Couty qu'il s'agissait de sa dernière participation, l'année prochaine il ne sera plus là. « Il connaissait l'issue mais il s'est battu jusqu'au dernier jour, je suis impressionné par cette volonté de gagner sur la vie, c'est un exemple pour nous tous ! » confie Charly qui n'y croyait pas. « Au dernier dîner du Rallye de Charbonnière, il m'a déclaré que seule Notre Dame de Fourvière pouvait encore quelque chose pour lui, j'espérais le miracle de la guérison, lui aussi et il parti à Lourdes ». Comme Marie Roussille et bien d'autre, Charles n'a pas été prévenu des obsèques : « quand j'ai appris la nouvelle, j'ai reçu un grand coup et j'étais malheureux d'avoir manqué ce dernier rendez-vous, j'ai beaucoup prié pour lui ».  

 

006 Jean-Claude Pietrocola, directeur de Média Sport Promotion, le connaissait depuis le milieu des années 80. Une proximité entretenue autour du LOU Rugby et du Golf avec les magazines qu'éditait Philippe, Lyon Golf et Lyon Events. Après des années de complicité et de collaboration, Jean-Claude souligne avec force le caractère humaniste de Philippe: « Il n'a jamais cessé de veiller sur les autres, il avait une soif de vie extraordinaire. Il était passionné par la vie et les hommes d'action. Il était à l'aise partout et ne se souciait jamais du regard extérieur.  Il avait une belle âme et un vrai caractère ! » Le chef Christophe Marguin a été touché par les dernières attentions du photographe-éditeur lors du Trophée caritatif de Golf de la famille Marguin en avril dernier (photo ci-dessus): « Il est resté avec nous et a travaillé toute la journée alors qu'il était fatigué, c'était un homme de courage proche des gens qui souffrent. Un amoureux du sport qui vibrait par le sport. Je suis heureux de la reconnaissance manifestée à ses funérailles. Il comptait énormément pour beaucoup, et ça s'est vu !».

 

007 Sa soif de vie se définissait certainement par une de ses maximes favorites: « Malgré les années, j'aurai toujours 20 ans !! » Il avait tout dit, profiter de la vie tout de suite sans se poser trop de questions. Philippe savait vivre l'instant et percevait plus que d'autres la vraie valeur de la vie. Humble, il ne jouait aucun rôle et n'avait rien à prouver. Il a connu tellement d'univers et d'épreuves, comme la disparition de la mère de Clément, qu'il était impossible de l'impressionner. Il aimait tous ceux qui avaient du cœur, puissants ou non, et ne travaillait pas son image. Il était lui même, « brut de décoffrage », à prendre ou à laisser. Presque tous l'ont adopté. Généreux, il aimait son prochain. Ses magazines et ses photos constituaient un mode de vie, une manière de vivre le sport et de côtoyer ses amis dans une sincère et amicale convivialité. Des valeurs empruntées au rugby qu'il supportait depuis trente ans au LOU. Aux côtés de sa compagne Christine, il rêvait de voir revenir le LOU rejoindre l'élite du Top 14

 

28 Pour aider Clément Gandelin, qui a perdu sa mère il y a plusieurs années, Jean-Claude Pietrocola va créer une association d'entraide et un trophée de Golf annuel en mémoire de Philippe. Les fonds récoltés participeront aux études et aux besoins de Clément. L'histoire Gandelin continue de briller dans nos cœurs…

 

 

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