jours-de-printemps Par Christophe Magnette Durant quatorze ans, son nom a été associé à l’agence Charlestown Lyon dont elle était la gérante. Après avoir tourné la page à la fin de l’année 2007, la voilà déjà repartie avec Jours de Printemps, une agence de services à domicile.

 

Un nouveau jour se lève pour Blandine Peillon. Avec Jours de Printemps, sa nouvelle agence de services à domicile, elle ouvre ainsi – à 47 ans – un chapitre de sa vie tout aussi important que le précédent. La conclusion de ce dernier s’étant révélée douloureuse : le happy end souhaité ayant cédé la place à un soupçon d’incompréhension et d’inquiétude pour l’avenir d’une agence à laquelle elle aura tout donné. En guise de thérapie, et en femme énergique qu’elle est, Blandine a rebondi. Vite, très vite « J’ai arrêté Charlestown le 31 décembre, le 17 janvier je déposais les statuts ». Il faut dire que question prestations de services, elle sait faire. Recruter, former, encadrer, aussi ! Mais pourquoi le créneau du service à la personne ? « Il y avait un manque qualitatif à combler ». Pour l’occasion elle s’associe avec son amie d’enfance, Catherine Marchand, une parisienne qui lui apporte une expertise complémentaire : expert comptable de formation, DRH à temps partagé, spécialisée en droit social et juge prud’homal à Bobigny… pour ce qui résulte des aspects juridiques les deux copines semblent parées. Et tout s’enchaîne. Des bureaux flambant neufs, rue de Saint Cyr à Vaise, et un business plan respecté à la lettre. Les cibles ? « Les déçus du système, la population active, les célibataires notamment ». Sans oublier le réseau, le bouche-à-oreille, fondamental…

Pour une entreprise « citoyenne »

Côté effectif, sept employés sont déjà embauchés : deux chargés de clientèle, une gouvernante et quatre femmes de ménage. Pour ces dernières, les aspects surannés de la profession ont été gommés : elles roulent en Smart et travaillent en binôme « plutôt que de leur laisser faire quatre heures seule, il nous semblait plus pertinent de tabler sur deux heures à deux (…) et puis en cas de turn-over, cette organisation nous permet de pouvoir compter sur l’une ou l’autre qui soit au fait des habitudes du client ». Car la confiance et la confidentialité sont indissociables de ce métier de proximité. A terme, 11 personnes constitueront le team, un laveur de vitre, une cuisinière et une couturière sont prochainement attendus… Et tous profiteront des vœux formulés par Blandine : cours de français le soir et utilisation de produits respectant l’environnement. Quant aux services proposés, ils ont forcément un coût supérieur au marché : 21,50 € / h par exemple pour un ménage contre un prix moyen chez la concurrence compris entre 15 et 19 €. Mais Blandine assume : « Chez nous, quand on appelle, on ne tombe pas sur une plate-forme ». Pour cette première année d’exercice, nos deux amies ambitionnent la facturation de 3 000 heures par mois et un chiffre d’affaires annuel oscillant entre 400 000 et 500 000 €. Surtout, une fois le business modèle peaufiné entre Rhône et Saône, Jours de Printemps devrait être invitée à papillonner à l’échelle régionale.