Par Morgan Couturier

Persécuté par l’URSSAF, le rédacteur en chef de Planète Lyon, Aymeric Blanc a dû s’acquitter d’une amende de 21 000 euros. Pour le magazine footballistique, le coup est rude, même si l’avenir du titre n’est plus en danger, grâce à la solidarité des lecteurs.

Dans l’univers du ballon rond, une telle sanction serait synonyme d’exclusion. Et pourtant, à force de batailles et par la grâce des lecteurs, le carton rouge a finalement pris une couleur moins excluante, plus jaune. Le magazine Planète Lyon et de son rédacteur en chef, Aymeric Blanc, ont donc échappé au pire, pour rester dans le lexique footballistique, alors que l’implacable verdict de l’URSSAF, qui accusait le journaliste de travail dissimulé, avait longtemps fait craindre la mort du magazine sportif. « Je plaide coupable, j’ai fait une erreur », confesse l’intéressé, qui conteste l’ampleur de la sanction, chiffrée à 21 344 euros !

Pour une distribution de flyers, Planète Lyon n’a pourtant eu d’autres choix que de payer, et vite, l’URSSAF l’ayant assigné en liquidation judiciaire.

« Tombé dans un système hallucinant » pour une histoire de distributions de flyers en famille, que le rédacteur en chef n’avait pas déclaré, celui-ci n’a pu que constater les dégâts et l’intransigeance de l’administration. « La loi leur permet de requalifier cette mission de tractage de deux heures de mes 5 distributeurs en 5 CDD de six mois, à temps plein ! », révèle-t-il. Faute de fonds suffisants pour payer ses racketteurs, Aymeric Blanc s’en est donc remis à la générosité de ses lecteurs et de quelques confrères.

L’entreprise fut concluante, dans des proportions inespérées. Les dons ont dépassé les 7 000€ et ôté la menace de la liquidation judiciaire. « Sans eux, j’aurais arrêté », assure-t-il. Ravivé par cette générosité et soucieux de clore ce douloureux chapitre, Aymeric Blanc a alors entrepris quelques sacrifices personnels. Le collectif triomphe toujours dit-on dans le monde du sport. Avec un prêt de 12 000€ contracté à la banque, Planète Blanc s’en tire donc à bon compte. « C’est quand même beau d’avoir un magazine sauvé par ses lecteurs », glisse-t-il en guise de conclusion.

Une belle victoire, un maintien assuré, place à de nouveaux objectifs.


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