Texte : Morgan Couturier – À la plaine des jeux de Gerland, le collectif des parents des jeunes sportifs reproche à la municipalité écologiste de faire le jeu des prostituées. Alors que les élections municipales s’apprêtent à rendre leur verdict, ces derniers espèrent enfin être entendus.
Aux abords du Matmut Stadium, la scène est si récurrente qu’elle commence à lasser, sinon exaspérer. Le soir venu, alors que les terrains ont à peine éteint leurs lumières, les inimitables camionnettes de la rue Jean Bouin et de l’allée Pierre de Coubertin font leur retour, tel un mauvais cauchemar.
Coup d’envoi à 20h, au dernier passage des forces de police.
Qu’importe l’arrêté préfectoral instauré en mai 2023 et interdisant le « stationnement de tout véhicule dans lequel s’exerce une activité de prostitution », le match se rejoue encore et encore, une fois Gerland plongé dans la pénombre. Et ce, avec pour seules lumières, les phares des voitures des clients et les yeux des enfants. 1 000 licenciés, invités à observer la scène contre leur gré.
Au grand dam de leurs parents. Mais aussi du restaurant l’Argenson dont le repreneur Frédéric Guerra se plaint déjà de ces trafics. Pour autant, la mairie écologiste ne semble pas partisane d’un quelconque changement. Grégory Doucet comme son adjoint à la sécurité, Mohamed Chihi, n’ont jamais apporté leur soutien à cette mesure.
« Ma fille m’a demandé combien gagne une prostituée »
Pire, le maire de Lyon s’était illustré en payant avec l’argent des contribuables, les frais de fourrière de certaines prostituées. C’est également lui qui subventionne chaque année l’association Cabiria, connue pour sa défense acharnée des travailleuses du sexe et son opposition farouche à l’arrêté pris par la Préfecture du Rhône.
« À nous, parents, ils nous disent que l’on exagère et que c’est nous qui jetons des préservatifs par terre », s’offusque une maman à la seule prononciation de cette association. « Quant à Doucet, en privé, il nous dit qu’il faut les intégrer au paysage urbain et que tout le monde doit travailler », poursuit-elle.

Quid du mur végétal censé séparer les terrains d’entrainement du terreplein des prostituées ? Disparu !
Même le mur végétal, financé par ce dernier à hauteur de 850 000€, n’est plus que l’ombre de lui-même. Alors depuis, les enfants sont de nouveau confrontés à ces corps nus et à diverses activités glauquissimes. « Ma fille m’a demandé combien gagne une prostituée », se désole une autre maman, alors que le soir, entre 80 et 100 camionnettes reprennent le cours de leurs activités après avoir déserté la zone en journée.
Selon les parents, la mairie aurait fixé des horaires de travail
La raison ? Des horaires négociés avec la municipalité. « Mais si on organise des horaires, c’est considéré comme du proxénétisme. Et là, c’est ce que fait le maire de Lyon. Jusqu’à 20h, elles n’ont pas le droit de s’installer mais passé cette heure, c’est porte ouverte », pointe le collectif des parents.
Pour celui-ci, le problème va plus loin que ces questions d’horaires. « Le lieu est associé à cette activité. Même la journée, des clients traînent dans le quartier. Ils viennent taper aux vitres des voitures des mamans. Nous, on demande que les prostituées soient déplacées ailleurs, sur un site sécurisé », évoque encore le collectif.
Dans un contexte où la sécurité truste les premières places des programmes municipaux, les parents espèrent des réponses et une amélioration rapide. Le sort des votes pourrait alors faire évoluer le sujet dans un sens ou dans un autre. À Gerland, on croise les doigts.















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