collomb-prsident Par Philippe Dibilio

 

Le sénateur maire de Lyon est allé à Montpellier laver l'honneur souillé de son ami Georges Frèche et des 59 socialistes « suspendus » de parti parce qu'ils figurent sur sa liste.

 

Il a dit, sous les feux des caméras de la France entière, combien l'intéressé était un bon président de Région et surtout qu'il n'était pas antisémite, ce qui doit être vrai tant les témoignages concordent sur ce point. Il faut dire que le prétexte choisi, à retardement d'ailleurs, pour lui accoler cette étiquette est bien ténu. La phrase sur « la tronche pas très catholique » de Fabius relève dans la bouche de Frèche d'un langage châtié. Et il est évident que cette expression populaire – que ceux qui ne l'ont jamais prononcée lèvent le doigt – n'a que la connotation raciste qu'on veut bien lui donner et dans ce cas elle vise tout aussi bien les musulmans, les orthodoxes, les francs maçons, les communistes ou autres athées et libre-penseur. Mais en se rendant à Montpellier le maire de Lyon visait sans doute d'autres buts et tout d'abord celui de poursuivre sa quête médiatique en vue d'exister sur le plan national. Dommage qu'il n'atteigne son but seulement lorsqu'il tire contre son camp ; mais c'est la loi du genre. Par la même occasion, il a conforté son image de baron de province vent debout contre les appareils parisiens. Une posture au fond très lyonnaise si, à l'instar d'un Pradel, il ne l'utilisait que pour consolider son incontestable leadership lyonnais. Comme pour Collomb ce n'est pas le cas, voila qui a fait dire quasi unanimement aux média que le maire de Lyon en s'attaquant à Martine Aubry préparait le terrain à DSK en vue des primaires de gauche pour la présidentielle de 2012. Pas si sur !

 

Pour ma part j'ai été frappé par une des séquences reprise par les TV. On y entend Georges Frèche affirmer, et c'est une évidence, que Martine Aubry ne serait pas la seule candidate à la candidature, qu'il y aurait DSK mais aussi Ségolène Royal et peut-être François Hollande. Et d'ajouter qu'il y verrait bien Gérard Collomb aussi, lequel réjoui n'a pas démenti. Comme en politique chaque passage médiatique se prépare toujours autour de la petite phrase que l'on souhaite voir reprise, voilà peut-être bien celle retenue par Collomb et son staff. En effet, depuis sa victoire par KO aux municipales, le maire de Lyon veut se forger un destin national et s'en donne les moyens ; or sous la Vème République il n'y a qu'une échéance qui vaille : l'élection présidentielle. Un nirvana rendu plus accessible grâce au tour de chauffe que représentent les primaires : si on les gagne, on accède à la phase finale, si on les perd on émerge sur la short liste des candidat à un ministère prestigieux quelque soit le vainqueur depuis que Sarkozy a pris l'habitude de piocher dans le camp d'en face. Encore qu'il en aura moins besoin pour un deuxième mandat. En tous cas, participer aux primaires c'est tout bénéfice. J'en étais là de mes élucubrations sur le sens de la campagne montpelliéraine de Gérard Collomb lorsque j'ai lu sur un site concurrent que Jacky Darne en arrivait lui aussi à la même conclusion. Et comme le premier secrétaire de la Fédération du Rhône du PS est mieux placé que moi pour se forger un avis sur la question, je me dis que mon point de vue n'est pas aussi farfelu que ça. Il reste que le maire de Lyon devrait garder à l'esprit le « syndrome Noir » lequel, on s'en souvient, avait en son temps lâché la proie lyonnaise pour l'ombre présidentielle.