lp53.jpg DSK menottes aux poignets. Gégé les mains libres…

 

                                                

Par Justin Calixte

 

Tout le monde ricanait dans les bouchons lyonnais et encore plus dans les bistrots parisiens lorsque Gérard Collomb annonçait sans rire qu’il allait se présenter aux futures élections présidentielles. Eh bien, notre bon maire va peut-être devoir tenir sa promesse. Souvenez-vous, il avait précisé qu’il serait candidat si DSK ne se présentait pas. Or, comme vous le savez, ça risque d’être le cas.

 

Bien sûr, il y a le respect de la présomption d’innocence comme ne cessent de nous le répéter les notables socialistes et éditorialistes accablés par les avatars de leur champion. Les mêmes n’avaient pas été soucieux de cette présomption d’innocence pour Eric Woerth ou Nicolas Sarkozy. Disons que cette nouvelle affaire ne sent pas bon pour le directeur du FMI. Jean-Marie Le Guen qui fut l’un des ardents défenseurs de DSQ (oh, pardon !) lorsque celui-ci fut soupçonné de malversations avec la MNEF et ELF, a été l’un des premiers à monter au créneau pour contester les dires de la femme de chambre de l’hôtel Sofitel . Répétant sans cesse sur toutes les chaînes que le Strauss-Kahn accusé de tentative de viol ne ressemblait en rien à son ami Dominique, forcément insoupçonnable. Forcément !

 

Malheureusement pour lui, certaines des « victimes » de notre Dom Juan globe-trotter risquent de retrouver la mémoire et signaler à la justice française d’autres faits délictueux. Une conseillère régionale socialiste est déjà intervenue à la télé pour raconter les violences faites à sa fille par l’ex-futur président de la république. D’autres pourraient rassembler leurs souvenirs. Notamment, cette jeune lyonnaise dont j’avais raconté l’histoire dans les colonnes du magazine Lyon People en juillet 2005 (ci-dessous). Dans ce papier intitulé « y en a marre », je racontais en quelques lignes, la triste mésaventure d’une jeune beurette trop naïve. «  Y en a marre, hurle cette pauvre militante socialiste qui, après avoir exposé ses problèmes graves à un ancien ministre venu prêcher la bonne parole à Lyon, s’est vu proposer de voir régler ses problèmes en échange d’une petite gâterie. Un jour, sûrement, je vous raconterai en détail cette histoire vraie et vous livrerai le nom de ce ministre minable… »

 

Vous avez deviné le nom de l’ex ministre en question. Cette aventure était arrivée à ma femme de ménage de l’époque. C’était une drôle de petite bonne femme. Jolie. La petite trentaine. Les aléas de la vie avaient fait que cette jeune beurette lyonnaise, abandonnée avec ses deux enfants et malgré un bon bagage scolaire s’était trouvée contrainte de faire des ménages. Socialiste convaincue et grande admiratrice de DSK, elle s’était rendue à un meeting à l’occasion du référendum de 2005. En fin de réunion, elle est allée féliciter l’ancien ministre des Finances. Il la prend à part. Elle lui raconte ses malheurs – lui, dit qu’il va l’aider, lui donne son numéro de portable ; elle aussi. Il la rappelle deux jours plus tard. La fait venir à Sarcelles pour l’aider. Il lui paye son aller-retour en train. Elle y va. Avec son dossier sous le bras. Il lui propose la botte. Elle refuse. «  Vous pourriez être mon grand-père » , s’excuse-t-elle. Il n’insiste pas. Elle rentre à Lyon, dégoûtée de la politique. Il ne lui donnera plus signe de vie et bien sûr ne l’aidera pas à s’en sortir. A l’époque, j’avais été discret sur le nom de l’auteur de ces faits. Bien sûr, il n’y avait pas eu de tentative de viol mais avouez que négocier les charmes d’une jeune femme en difficulté en l’échange d’une promesse d’appartement et de travail n’est pas joli-joli non plus. Et ne plus donner signe de vie après le refus de la belle est honteux.

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L’arrogant Strauss-Kahn ne sera pas candidat. Voilà qui ne devrait pas désespérer Billancourt (ni moi) mais bien d’avantage les quartiers bobos ou encore le peu sympathique Stéphane Fouks, homme de communication malheureux puisqu’il coachait, il y a peu de temps, le sinistre Laurent Bagbo. Désespérer aussi les éditorialistes gauchisants qui gesticulent dans nos petits écrans.

Ces mêmes journalistes se régalaient de la sortie du film « La Conquête » censé révéler les défauts comportementaux de Nicolas Sarkozy. Je crains pour eux que nos compatriotes s’intéressent davantage au feuilleton télévisé que nous offre la dégringolade de DSK. Un feuilleton qui pourrait s’intituler « La débandade ».

  Enfin moi, ce que j’en dis.