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Tête de liste pour les régionales de décembre 2015 en Rhône-Alpes Auvergne, Laurent Wauquiez a débriefé à la sulfateuse le bureau politique de l’UMP du 3 février dernier. Dans son viseur, Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire. Boum !

Laurent Wauquiez a la gâchette facile… et le « off » brutal ! Le nouvel homme fort de la droite rhonalpine, investi par l’UMP pour les régionales de 2015, n’a pas mâché ses mots à l’évocation du bureau politique de son parti qui s’est tenu 3 février dernier. Dans son édition du 11 février, Le Canard Enchainé rapporte les propos épicés du secrétaire national de l’UMP au sortir de l’exercice. Échaudé par la controverse autour des consignes de vote pour le 2nd tour de la législative partielle dans le Doubs, qui mettaient aux prises le PS et le FN, le n°3 du parti s’est fâché tout rouge.

Faire barrage au parti de Marine Le Pen mais laisser les électeurs libres de leur choix, Nicolas Sarkozy a finalement suivi la ligne anti-FN chère à Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé. Il a été mis en minorité par son bureau politique, qui a voté pour le « ni PS, ni FN » à 22 voix contre 19. Une manœuvre dilatoire qui a semé la confusion pour Laurent Wauquiez. « Le numéro qu’il nous a fait est lamentable. Personne n’y a rien compris. Il a soit disant voulu faire un coup, mais il s’est vautré », aurait vertement conclu le député-maire du Puy, dans une saillie rapportée par le palmipède.

NKM a également essuyé une salve. La veille du bureau politique, la vice-présidente de l’UMP affirmait au micro de Jean-Jacques Bourdin que, sans autre alternative, elle voterait pour le candidat opposé au Front National. La députée de l’Essonne a fait coup double avec une sortie sur ces parents qui préfèreraient emmener prier leurs enfants plutôt que respecter les horaires de l’école publique. Pour Wauquiez, toujours cité par le Canard, « elle était tellement pas à l’aise avec son appel à voter PS, chez Bourdin, qu’elle a dit une grosse connerie sur les gamins de Mulhouse qui arrivent en retard à l’école à cause des prières. »

Dernière cible du sniper à l’anorak rouge, Bruno Le Maire. Le député de l’Eure a désavoué le front républicain sans trancher l’épineuse question, évoquant seulement le rôle de l’UMP : rassembler « autour d’une certaine idée de la République. » « Celui-là se la joue au-dessus de la mêlée : il ose dire au bureau politique qu’il faut laisser une totale liberté de vote dans le Doubs, y compris de voter FN » , fulmine Wauquiez. Seul rescapé de ce bilan catastrophique, Laurent Wauquiez lui-même, ironise le journal satirique, qui estime avoir « marqué des points en disant qu’il n’était pas question de voter FN, ni PS. »