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Par Benjamin Solly

Candidat à la présidence du Grand Lyon, le sénateur-maire d’Oullins a dévoilé les grands axes de son projet métropolitain qu’il souhaite graver dans la marbre d’une « charte » de gouvernance.

« S’appuyer sur les communes et les territoires. » Un avant-goût de la gouvernance métropolitaine sauce Buffet. Pour emporter la présidence de la nouvelle entité, qui rayonnera sur les 58 communes du Grand Lyon, le sénateur-maire d’Oullins joue la carte des identités locales, à rebours d’un développement métropolitain lyonno-centré. « Si on dit que le président sera toujours le maire de Lyon, on arrête de voter et on l’inscrit dans les statuts », ironise-t-il. Un propos qui vise évidemment le président Grand Lyon sortant, Gérard Collomb, friable sur ces griefs d’un jacobinisme à la lyonnaise et déjà attaqué par son 1er vice-président socialiste Jean-Paul Bret. « Je suis très sensible à la situation de la ville de Villeurbanne et je crois que la maire partage cette inquiétude », commente Buffet, habile, qui assure qu’il se battra pour que l’Asvel conserve sa salle sur ses terres villeurbannaises.

Faudra-t-il pour autant raser gratis ? « Ce n’est absolument pas ma démarche », recadre-t-il. Mais au regard de la configuration de l’assemblée communautaire, il faudra pour les candidats rassembler au-delà de leur camp. Et notamment convaincre la vingtaine de maires divers droite regroupés  dans le groupe Synergies-Avenir. Faiseurs de roi en 2001, les édiles avaient déjà choisi Collomb plutôt que… François-Noël Buffet. « La légitimité d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier », réplique-t-il. Et puisqu’il faut convaincre, Collomb et Buffet sont allés à la rencontre de ces maires, ont répondu à leur questionnaire. Un petit côté entretien d’embauche qui ne dérange pas le candidat de la droite. « J’ai été auditionné mardi. Nous avons échangé. J’espère simplement les avoir convaincus », commente-t-il. Mardi prochain, il rencontrera les élus UDI, dont certains sont acquis à Collomb.

La séance d’installation du futur président du Grand Lyon prévue le 16 avril prochain, la course aux voix continue pendant les prochains jours. « Faire une conférence de presse au lendemain de le rencontre avec les maires Synergies, c’est aussi une façon de leur dire que nous prenons l’engagement face aux médias de tenir les propositions que nous leur avons formulées », glisse un proche de Buffet. Car c’est bien sur l’aspect programmatique que le sénateur-maire d’Oullins veut faire la différence autour de deux grands axes : la maitrise de l’urbanisation et de la fiscalité. « Nous devons respecter l’identité des territoires, sans imposer un urbanisme densifié », explique-t-il, assurant de l’autre côté qu’il n’augmentera pas la pression fiscale s’il est élu.

Des gages préalables à un action axée sur une triple ambition. Le renforcement de l’attractivité économique de la métropole, l’équilibrage de la politique de déplacement entre les territoires et la relance d’une politique d’acquisition foncière. « Vous ne pouvez pas sortir des logements accessibles à tous si vous ne maitrisez pas le foncier », glisse Buffet en étayant ce dernier point. La prise en charge des compétences du Conseil général dans le cadre métropolitain doit également faire l’objet d’une « logique prudentielle », selon Buffet. « Nous n’avons pas eu d’éléments chiffrés sur les conséquences de la prise du Conseil général par la Métropole » , déplore-t-il. Si la commission des transferts de charge se mettra en place dès le mois de mai. Buffet propose une variable d’ajustement par la création d’un budget annexe à celui du Grand Lyon sur cette question spécifique.

Un projet global que le sénateur-maire d’Oullins veut décliner au cœur des territoires via des services métropolitains décentralisés. « Je veux respecter les identités locales », répète-t-il. Et de graver cet impératif dans le marbre d’une « charte » s’appuyant plus fortement sur les communes, et qui engagera le futur exécutif de la Métropole. Au regard de la vague bleue qui a submergé 49 des 58 communes du Grand Lyon à l’occasion des municipales, François-Noël Buffet estime que cet « élément issu du suffrage universel » engage « la dignité de la fonction de futur président de la Métropole. » Revenus en grâce, il n’est pas certain que les « petits maires » -qui n’ont pas oublié que l’UMP a présenté un candidat de 1er tour aux municipales pour tenter de ravir leurs sièges- l’entendent de cette oreille.