La tribune libre de Justin Calixte

C’est à Lyon que Laurent Gerra a choisi de présenter « la dernière » de son spectacle 2016 mais aussi de l’aventure engagée, il y aura bientôt 10 ans, avec le Big Band de Fred Manoukian.

Comme d’habitude les Lyonnais ont répondu présents et fait le plein de la Halle Tony Garnier, ce samedi 10 décembre 2016. Mais, pour la circonstance, ses amis des Toques Blanches emmenés par Christophe Marguin, sont venus en masse pour lui faire une super surprise. La « sacrée soirée » se transformant en « surprise, surprise ». A la fin du spectacle, une trentaine de chefs ont envahi la scène apportant, tels des rois mages épicuriens, des montagnes de victuailles chères à notre imitateur gourmand : huitres, pâtés en croute, charcuteries diverses et variées, fromages en ribambelle… la Halle Tony Garnier s’était transformée en Halles de Lyon.

Voilà qui apportait une note joyeuse à cette « dernière » évidemment vécue avec mélancolie par Laurent Gerra et l’ensemble de ses musiciens. La palme de la tristesse revenant à Fred Manoukian qui avait du mal à cacher son mal être….  Laurent dut mettre les bouchées doubles pour déclencher le fou rire de ses musiciens n’hésitant pas à bousculer l’ordre établi et à se lancer dans des impros improbables.

laurent-gerra-toques-blanches-2016-2Voilà qui me rappelait ses débuts à la fin des années 80 quand, dans ses tous premiers spectacles aux Flibustiers, à l’Accessoire ou encore au théâtre des Minettes, il se régalait à improviser histoire de faire pouffer de rire son partenaire de l’époque. Ses têtes de turcs d’alors étaient Krasucki  (« Y a pu d’empoi ») Gillot-Pétré et sa météo, Michel Noir en grand dadais, les voix françaises de la série « Amicalement vôtre » et bien sûr, déjà, Jean-Paul Belmondo déclamant du Audiard…

Pour cette dernière, Laurent a ravi ses amis d’hier ; ceux qui ont cru en lui dès ses débuts. Ils étaient évidemment tous venus pour partager ce bon moment riche d’émotions. Ne manquait que Gérard Collomb qui avait préféré aller applaudir son protégé Emmanuel Macron qui, paraît-il, a lui aussi fait un tabac ce week-end, en imitant une Ségolène Royal proche de l’extase.

A la fin du spectacle, anciens amis et plus récents, se sont retrouvés pour partager les gourmandises apportées par les chefs lyonnais. L’ambiance aidant, j’en ai profité pour me réconcilier avec Thierry Frémeaux qui était très fâché après une de mes chroniques, il est vrai assassine, consacrée au Festival Lumière. J’en étais marri. En effet, autant il est jouissif d’apprendre que vous avez fâché un Gérard Angel, un Etienne Tête, un Yvon Deschamps, une Martine Roure, un Robert Marmoz, un Michel Noir, un Jean-François Mesplède ou même un Jean-Yves Sécheresse (tous, aujourd’hui disparus des radars), autant il est triste de savoir que quelqu’un pour qui vous avez de l’estime, vous en veut parce que vous l’avez brocardé.

Tout est bien qui finit bien puisque, grâce à Laurent voilà réconciliés deux irréconciliables. De quoi laisser quelque espoir à Manuel Valls

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