Par Morgan Couturier

Formé à l’art du skywriting sur la côte Ouest des Etats-Unis, le Lyonnais Walter Dintinger illumine le ciel de ses messages depuis 2011, à l’image de l’émouvant « Laura » apposé début octobre, au-dessus des têtes rilliardes. Un talent unique, qu’il est le seul à partager en Europe.

À chaque inscription céleste, ce même réflexe. Les yeux tournés vers le ciel, à travers l’objectif d’un appareil, les Lyonnais prennent soin d’immortaliser l’instant, avant de le figer à jamais sur la toile. Avec en filigrane, cette même question : qui est donc cet artiste, dont les tableaux s’affichent au dessus de la capitale des Gaules ? Expert de cet art unique, le nom de Walter Dintinger émerge de plus en plus au fil des discussions, preuve de la notoriété acquise par ce messager du ciel. « C’est souvent des commandes », avoue-t-il, alors que particuliers et entreprises gravitent de plus en plus autour de cet oiseau d’acier, reconnaissable à son plumage militaire. « On m’appelle dans toute la France, et même en dehors, précise le directeur de Oui’Up, faisant allusion à une commande du gouvernement turkmène. Je sais ce que je peux faire ou ne pas faire ». Formé à Las Vegas, l’aimable aviateur a pourtant plus d’un tour dans son cockpit, lui ce prince d’un ciel qu’il côtoie depuis l’âge de 15 ans. Happé par les nuages, Walter Dintinger s’est laissé border au gré des courants. D’air évidemment. Un virus incurable, que le pilote est allé amplifier avec la pratique du skywriting. « Voler, ça m’attirait mais l’aviation est un milieu d’ingénieurs, très rigoureux et pas toujours rigolo, se confie-t-il. J’avais besoin du skywriting pour continuer à rêver ».

Lyon inscrit dans le ciel de Las Vegas

Et faire rêver, par l’intermédiaire de ses dessins, dont ce mythique smiley inscrit par-delà la Part-Dieu en décembre 2014. Depuis, le manche de son avion pour seul pinceau, Walter Dintinger s’est forgé une solide réputation, le droit à l’erreur rangé sous la carlingue de son Marchetti SF 260. « C’est beaucoup de répétition au sol pour bien enchaîner le message, décrit-il. La fumée (de la paraffine, ndlr), tu ne la vois pas beaucoup en l’air. C’est un travail de longue haleine. Je sais quand c’est bien et quand c’est moins pro. Mais je m’en sors tout le temps ». Ses nombreuses escapades aériennes aidant, le pilote fait corps avec les cieux. Reste à populariser cette profession, encore trop méconnue pour être « utilisée à son plein potentiel ». Et ce, malgré les retours incommensurables de tels messages.  « C’est un savoir-faire que l’on vend. Il faut compter 1800 euros pour un cœur. Ensuite, on fonctionne à la lettre. Plus le message est long plus c’est cher. Malgré tout, c’est une exclamation à chaque fois. Les gens s’en souviennent 5 ans après ». La fin justifie donc les moyens. Un mot, un cœur, le Lyonnais tient un projet : faire du ciel le plus bel endroit de la terre.