Animateur vedette sur les ondes de Radio Espace, Philippe Jacquet n’en oublie pas de bercer les nuits lyonnaises. Attaché à sa ville, le patron de l’Opéra Rock n’a jamais tenté d’étendre son aura hors de Lyon. Sans grand regret, fier d’être un acteur qui compte entre Rhône et Saône.

Son teint hâlé le ferait presque passer pour un fabulateur. Mais ce serait mal connaître l’homme, au naturel souriant. La quarantaine bien entamée, sans pour autant « se voir vieillir », Philippe Jacquet n’a pas bien le temps d’apprécier la lumière du jour, son quotidien se résumant plutôt à l’éclairage des soirées lyonnaises, qu’il écume la semaine avant de reprendre le week-end venu,  le cours de sa vie d’animateur radio. DJ émérite, à la carrière aussi longue que ses playlists, le propriétaire de l’Opéra Rock s’exporte rarement hors des frontières de la capitale des Gaules. Ses dernières escapades à Montpellier ou dans la station alpestre de la Joue du Loup n’ont fait qu’entretenir ce teint naturellement bronzé. « Je suis bien dans ma ville », répète-t-il à l’envie, sans esquisser outre mesure, de regrets quant à une éventuelle carrière internationale. Avant de poursuivre : « J’ai un proverbe, vaut mieux être grand dans la cour des petits que petit dans la cour des grands. J’ai des demandes pour des soirées à l’étranger mais je préfère rester à Lyon. J’essaye de ne pas trop partir ». Pouvait-il en être autrement pour cette figure de la nuit, apprécié par la majorité de ses confrères ? La réponse est naturellement négative. Un simple coup d’œil à sa soirée d’anniversaire, pour ses 20 ans (22 en réalité, ndlr) d’exercice à la tête des platines de Radio Espace, suffit à s’en convaincre. Sourire sincère, Philippe Jacquet peinait à cacher ses émotions devant 800 personnes acquises à sa cause.

L’Opéra Rock mis en vente

Une consécration pour ce passionné de radio, qui jouait ses premiers sets à l’âge de 16 ans, sur une sono offerte par son grand-père. « J’étais toujours dans la musique, retrace-t-il. J’ai commencé à faire deux trois trucs, des mariages ». Puis les ondes radios se sont faites plus intenses, non sans le soutien appuyé de sa cousine. Un coup de pouce du destin assumé, que l’intéressé a su mettre à profit. « J’étais lancé, présente-t-il. Après, si  t’es pas trop mauvais, on te garde ». À en juger son agenda, noir de demandes – et allégé pour assurer l’ambiance du Parc OL – Philippe Jacquet se nourrit d’une solide réputation. Accaparé, ce passionné de DS n’a d’ailleurs que peu de temps pour lui, un motif suffisamment tenace pour justifier la vente de son bébé, l’Opéra Rock, qu’il avait porté sur le devant de la scène en 1997. Tant bien même la page semble se tourner, la passion demeure inaltérée. Ses tubes à tendance Deep et Electro ont encore de nombreuses soirées à ambiancer. Et les nouveautés sont encore légions. « J’adore faire découvrir de nouvelles musiques, avoue-t-il. J’ai des morceaux avant tout le monde, alors ça me fait kiffer quand je vois les mecs shazamer la musique ou me demander le titre ». À l’antenne ou derrière ses platines, Philippe Jacquet n’a donc nulle intention de s’arrêter. Si ce n’est dans dix ans, quand résonnera le son de la retraite. Viendra alors le temps de soigner la pigmentation de sa peau. Sur les plages corses. Ou entre deux recherches « d’un poulain à manager ». Là n’est pas encore la question. Les nuits lyonnaises le réclament. Les sunlights des tropiques attendront.

Pour visionner la vidéo de la soirée, cliquez ici