Propos recueillis par Thierry Lahon (médianet) & Pascal Auclair (FMI)

Pour ce 4ème épisode de nos Secrets de vacances, deux femmes de tempérament sont au rendez-vous. Venant d’univers à priori très différents, nous allons pourtant, encore une fois, leur découvrir de nombreux points communs…

Nora Berra députée européenne, médecin de formation, a été nommée secrétaire d’État chargée des Aînés, puis secrétaire d’État chargée de la Santé de novembre 2010 à mai 2012. Tout récemment, elle s’est aussi engagée dans la course aux primaires UMP… Au lendemain de son éviction et de son annonce de ralliement à la candidature de Georges Fenech, elle arrive tout sourire sur la terrasse de l’àKGB. Plus battante et déterminée que jamais.

Cécile Siméone ex Miss Météo de Canal +, est une femme calme et douce, qui poursuit sa route dans la région lyonnaise, en famille et au côté du footballeur Dominique Casagrande, ancien gardien de but du PSG. Eclectique, elle a été actrice, propriétaire d’une boutique de mode, décoratrice et prépare aujourd’hui un album qui devrait sortir fin 2013, début 2014. Bref une femme multiple et contemporaine.

Avant de débuter notre déjeuner, pouvez-vous nous dire à quoi vous fait penser le mot vacances ?

N.B: C’est tellement trivial de dire soleil, que je vais éviter de le dire. Alors, pour moi les vacances : c’est ne rien faire, c’est se poser.

C.S: C’est un peu pareil pour moi, je dirais le lâcher prise, à tous les niveaux.

Parlez-nous de vos vacances d’enfant

CS : Mes parents travaillaient beaucoup, donc je partais beaucoup avec mes grands-parents. C’était des vacances formidables, toujours en famille. On allait dans un lieu qui aujourd’hui ne me correspondrait plus… mais ma tante y avait une maison, c’est le Cap Agde. Enfant, c’était très bien, il y avait de belles plages, et c’était une maison avec piscine. J’y suis allé pendant des années. Petite, le camp naturiste était seulement en construction, ce n’était pas comme aujourd’hui. J’adorais me balader sur le port avec ma grand-mère, surtout pour aller y manger des glaces ! Mais aujourd’hui je dois avouer que ce n’est pas un endroit où j’aimerais partir en vacances.

NB : Moi, mes parents nous emmenaient en vacances avec toute ma fratrie, nous étions onze enfants ! Nous partions souvent en Haute Savoie, en famille chez des cousins qui avaient une maison aux pieds des montagnes. C’était entre Bonneville, et Annemasse, et suffisamment loin de la ville. Il n’y avait que des petits hameaux, on cueillait des baies et on observait des chamois. Je devais avoir entre 6 et 8 ans. Je me souviens aussi du voyage en train que nous faisions, même nos chats faisaient partie de l’aventure !

Quelques souvenirs gustatifs ?

NB : Oui,  la tomme de Savoie. De grands goûters avec du vrai pain !

CS : J’avais une grand-mère espagnole qui nous faisais tout ce qu’on aimait, et surtout pas les légumes que ma mère lui demandait de nous préparer ( rires ). Je me souviens moi aussi de goûters avec les tartines de beure et de sucre. Il y avait aussi le lait à la grenadine qu’on appelait bébé rose… Aujourd’hui, je réalise que mes filles mangent beaucoup trop de gâteaux, j’ai énormément de mal à leur faire aimer un simple pain beurre. Les temps changent…

NB : Je me souviens aussi de la confiture, la vraie confiture artisanale, quel régal !

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Vos jeux d’enfants ?

NB : J’étais un peu baroudeuse, j’adorais construire des cabanes, on jouait dans la rivière, c’était surtout des jeux de pleine nature.

CS : Moi, j’étais un vrai petit poisson. On me disait souvent que j’allais finir palmée. L’un de mes jeux préféré était de rester le plus longtemps possible sous l’eau. J’adorais rester au fond de la piscine et regarder le ciel sous l’eau. J’ai comme ça beaucoup de souvenirs dans la piscine de ma tante. Finalement, nous allions très peu à la mer, mes grands- parents n’étaient pas véhiculés. Je crois aussi que ce n’était pas dans les habitudes de cette génération. Et puis, maintenant,  j’imagine que les plages du Cap d’Agde au mois d’août devaient être synonymes de beaucoup de contraintes. Nous préférions donc rester dans la maison familiale ou nous passions de très très bons moments.

Des chamailleries entre frères et sœurs ?

CS : Nous n’étions que 2, avec 9 ans d’écart, donc, on arrivait à se supporter. Et puis vous savez j’étais très sage !

NB : Nous, nous étions 11 ! ( rires ). Nous nous suivions tous, avec chaque fois environ 1 an d’écart. Nous étions très complices et malgré les inévitables querelles d’enfants, nous étions très soudés.

Souvenir d’une grosse bêtise ?

CS : J’étais une petite fille cool. Je n’ai vraiment pas le souvenir d’avoir fait de grosses bêtises avant l’adolescence…

NB : Moi non plus, je n’arrive pas à me rappeler de grosses bêtises.

Plutôt poupée ou garçon manqué ?

NB : Garçon manqué !

CS : Pareil pour moi. J’ai bien sûr eu ma période Barbie, mais ça n’a pas beaucoup duré !

Toutes les 2 lyonnaises ?

CS : Je suis née à Oullins. Mon père était constructeur de maisons, il avait l’amour de la pierre et nous avons toujours vécu en périphérie lyonnaise.

NB : Je suis née à l’Hôtel Dieu, je suis une vraie lyonnaise même si mes parents sont de Neuville, au nord de Lyon.

Parlez-nous de vos vacances d’adolescentes ?

CS : Au début de mon adolescence nous allions encore au Cap d’Agde. Donc forcement, avec mes cousins, nous sommes allés voir le camp naturiste qui venait d’éclore… Et même si nous ne sommes pas restés longtemps, puisque nous étions habillés, cela nous avait beaucoup, beaucoup amusé (rires). Le plus difficile, à cet âge, c’est de réussir à se faire des amis sur la plage. Mais bien sûr, Il y a eu les premières amourettes, celles de 14 ou 15 ans. Mais rien de bien fou. N’oubliez pas que j’ai une mère espagnole et un père italien, alors l’histoire était vite réglée !

Et puis très vite, j’ai eu un petit copain sérieux, j’avais 16 ans. Avec lui et ses parents, nous partions à l’île de Ré. On sortait beaucoup la nuit, on dormait la journée sur la plage, on faisait tout ce que nos parents ne voulaient pas que l’on fasse. On était des troupeaux de jeunes. L’adolescence quoi ! Ensuite, encore un peu plus âgée, on louait des maisons à 10 ou 12, toujours sur la côte Atlantique, à l’île d’Oléron. A cette époque, je préférais la côte Atlantique à la Méditerranée.

NB : A l’adolescence, mes parents nous ont fait découvrir l’Algérie, leur pays d’origine. Nous prenions le train jusqu’à Marseille, ensuite, le bateau. C’était une vraie expédition. Nous sommes partis 3 fois entre mes 12 ans et mes 20 ans. Ces voyages étaient tout à la fois un choc et une émotion. Nous découvrions la maison d’enfance de nos parents, et pour nous c’était très surprenant car c’était un total changement de mode de vie et de culture. Tous les soirs, nous faisions de grandes veillés, en famille, avec nos oncles et nos tantes et tous nos cousins… La journée, nos parents nous faisaient découvrir la ville. Et puis, comme j’avais la chance d’avoir un grand frère qui avait son permis de conduire, nous avons aussi, entre jeunes, découvert le pays. Nous partions jusqu’à Bejaïa en petite Kabylie, ou jusqu’à  Alger. Nous sommes même allés visiter les vestiges historiques des hauts plateaux. De superbes souvenirs.

Maintenant, lyonnaise à plein temps ?

CS : Oui, ça fait 8 ans que je suis revenue de Paris ! J’adorais la capitale, mais maintenant, ma vie de femme est ici, avec mon mari et mes filles. J’y suis très heureuse.

NB : Je n’ai jamais quitté Lyon, mis à part lorsque j’étais ministre. Pourtant, même à ce moment là, je ne restais que le mardi, mercredi et jeudi sur Paris. C’était très  important pour mois de passer mon week-end à Lyon…

Êtes-vous de grandes voyageuses ?

NB : Lorsque j’étais au gouvernement, forcement.  J’étais, de part ma fonction, amenée à signer de nombreuses conventions aux 4 coins du monde, j’ai donc été en Chine, en Russie, etc…

CS : Depuis que j’ai mes enfants je voyage beaucoup moins, j’attends qu’elles soient plus grandes. Mais plus jeune, je suis allée par exemple aux Etats Unis pour le mannequinat, à New York et Miami, à plusieurs reprises. Pour Canal, aussi, j’ai pas mal voyagé.

NB : Quand j’étais médecin, je partais régulièrement en congrès à l’étranger. Généralement, ces voyages de travail se terminaient le vendredi soir, alors on se débrouillait pour rester le week-end et visiter les pays qui nous accueillaient. Ainsi, je suis beaucoup allée aux Etats-Unis. Sinon, en dehors du contexte professionnel, j’ai beaucoup aimé la Réunion. Je m’y suis rendue avec mon conjoint et ça a été une découverte fabuleuse. C’est une région qui m’a beaucoup marquée. Une beauté naturelle, un équilibre et une diversité parfaite, que ce soit au niveau des paysages ou des personnes.

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Vous est-il arrivé de vivre de grosses galères de vacances ?

CS : Oui, une fois j’ai eu très peur. Nous étions partis pour Delhi, en Inde, c’était en 1998.  Nous avions décidé d’aller découvrir le Kashmir, qui est par ailleurs un endroit magnifique, mais hélas à l’époque en guerre civile. C’était une région contrôlée par l’armée indienne et il y avait beaucoup d’attentats terroristes. Nous avions décidé de poursuivre notre périple vers le Ladak. Nous avions loué une vielle voiture avec des kashmiris pour nous y conduire. En cours de route, nous avons été arrêtés par les militaires. Le copain avec qui je voyageais était est allé se renseigner pour savoir si nous pouvions passer le barrage et continuer notre route. Je ne le voyais pas revenir et j’étais seule face à tous ces militaires en arme. En tant que femme, j’ai vite compris que je ne représentais pas grand chose, j’ai eu très peur. En fait, il faut savoir que dans ces contrées les hommes  n’ont aucune estime pour les femmes qui ne sont pas mariées et je ne l’étais pas… Du coup, mon ami répétait continuellement que j’étais sa femme, nous avions même trouvé une bague pour crédibiliser nos propos. A tout cela, vous rajoutez le bruit des éclats de bombes, un vrai cauchemar dans un paysage de rêve. Tout ça pour dire que c’est un voyage qui m’a presque traumatisée, que je l’ai très mal vécu, alors que c’est une très belle région.

NB : En ce qui me concerne, je n’ai pas eu l’occasion de me retrouver dans une situation aussi compliquée. Si je devais raconter quelque chose ce serait  un retour en avion des Canaries. Il y avait des vents très violents et vu les turbulences j’ai cru que l’avion aller vraiment s’écraser ! J’étais avec mes enfants, on était secoué de toutes parts, tous les passagers étaient agrippés à leur sièges, livides. Je regardais mes enfants en me disant, c’est peut être la dernière fois que tu les vois… Heureusement nous sommes arrivés vivants et à bon port. ( Rires )

Vous souvenez-vous de vos premiers voyages ?

CS : C’était avec mes parents. On voyageait de nuit, ça me semblait être un très long voyage. Ils avaient aménagé, pour ma sœur, moi et notre berger allemand, de véritables petites couchettes à l’arrière de la voiture, on adorait ça.

NB : Moi, c’est mon 1er voyage pour l’Algérie. Mes parents avaient décidé de se rendre jusqu’à Alméria en Espagne pour y prendre le bateau. Mon frère conduisait un minibus Volkswagen que d’ailleurs, ma mère possède toujours aujourd’hui. C’était vraiment super sympa même si le voyage me semblait, moi aussi, interminable.

Premier vol aérien ?

NB : Lyon-Oran

CS : Je devais avoir 12 ou 13 ans. C’était pour aller dans le sud, chez mes grands parents.

D’autres souvenirs aériens ?

C.S : Le plus long voyage que j’ai fait, c’était pour l’Australie, destination Sidney. Mais il y a aussi, alors que je bossais encore pour Canal, un voyage qui avait été organisé pour la soirée de réveillon de l’an 2000. La chaine avait envoyé tous les chroniqueurs de l’émission un peu partout dans le monde. Je me suis retrouvée aux îles Fidji pour 3 jours. Il fallait 24 heures de vol avec les escales pour seulement 24 heures sur place et un direct… Un truc de fou, impensable aujourd’hui, j’ai adoré !

NB : Fréquemment tous les voyages ministériels… Par exemple, à l’occasion d’un séminaire Franco-Russe où nous devions partir avec François Fillon, qui était Premier ministre. Nous voyagions à bord de l’avion que la presse avait baptisé « Air Sarko One ».  C’est un avion assez exceptionnel, il y a un salon pour le président ou le Premier ministre, une salle de réunion qui fait aussi office de salle à manger… Ce voyage se déroulait en décembre 2012, et souvenez-vous, il y avait eu une énorme tempête de neige. Nous nous sommes retrouvés immobilisés sur le tarmac pendant des heures, l’avion était enseveli par la neige. Trois heures d’attente, cloués au sol, sans pouvoir rien faire, cela a forcement  détendu l’atmosphère et reste une joli souvenir.