j-p-et-fabienne-lacombe-et- Par Alain Vollerin

 

…honore la mémoire du génial César, second sculpteur français du XXe siècle, après Brancusi qui était roumain à l'origine, et à égalité avec Etienne-Martin qui fut élève de l'école des beaux-arts de Lyon. Une compression qui a régalé la presse locale…

 

L'art était une fois encore à l'honneur grâce à Jean-Paul Lacombe, soucieux de faire vivre cette rue Pleney où bruissent encore les souvenirs des grandes heures de ce qui était au départ un modeste bistrot résonnant des chants et des cris de joie de la bande à Henry Béraud jusqu'à ce terrible jour de 1914 où le peintre Adrien Godien surgit en s'écriant : " C'est la guerre, les amis, c'est la guerre ! " Plus rien ne devait jamais être pareil à ces temps heureux, et tenant compte de l'évolution lamentable de notre société, nous regrettons encore ces temps heureux. Jean-Paul Lacombe avait invité des journalistes locaux ; à cette époque bénie, beaucoup d'entre eux n'auraient pas été jugés dignes de franchir son seuil tant leur inculture est vaste. Certains pérorent s'imaginant qu'ils sont lus parce qu'ils occupent une tribune. Les malheureux. Toujours Falstaffien, c'est-à-dire doté d'un bel embonpoint, Yvon Deschamps, le patron d'un opuscule dont on prétend qu'il ne tiendra bientôt plus dans votre poche, se dandinait comme à son habitude. L'air soupçonneux, surtout depuis qu'il a touché des indemnités dont il a enrichi une de nos banques préférées, Gérard Angel promenait un sourire d'homme coincé.

 

Chaleureuse ambiance. Heureusement, le maître de maison était en belle forme. Jean-Paul Lacombe a fait compresser son fourneau Molteni qui avait trente ans. C'est bien jeune pour mourir. Et bien justement, il sera toujours vivant, rutilant, redevenu matière brute rayonnante de ses ors et de cette belle couleur de fonte qui fit sa gloire de fourneau haut de gamme, et participe désormais à sa beauté d'œuvre d'artisan. Jean-Jacques Billon qui tint avec talent la rubrique gastronomique du journal Le Progrès avant d'être déposé sur la touche, n'a jamais été aussi célébré que depuis ce véritable drame local. Comme quoi, à chaque chose malheur est bon. Nous passâmes à table. Nous connaissions les œufs en meurette baignant dans le fumet d'un bon vin, comme un beaujolais de chez Georges Dubœuf, le beau-père. Jean-Paul Lacombe régénère admirablement la formule. Il a poché son œuf tiède pour le plonger dans une piperade de légumes et de chorizo, et un mousseux de poivrons, pain toasté. Un très agréable moment pour les gourmets. Je ne mange plus de filet de féra, depuis qu'un goret m'en a dégoûté à jamais. Je me suis donc tourné vers une tranche de poitrine de veau frottée au piment d'Espelette, cuite fondante servie avec un jus réduit et des pommes de terre émincées confites (pas assez à mon goût, un peu fades) au beurre et thym.

 

François Maille, une à l'envers et l'autre dans tous les sens, n'en finissait plus de téléphoner à la Nadine Flageole. Quant à Maurice Fusier, très en forme, j'ai bien cru qu'il raconterait une fois encore son histoire de Uhlans. Si vous le croisez, demandez-lui ce récit haut en couleurs. Le dessert ? Une tarte tropézienne traitée comme un vacherin avec des fraises. Copieux et délicieux. Comment échapper à son esprit critique ? Nous eûmes  le plaisir de la visite d'Alain Vavro, incontournable designer des grandes tables lyonnaises. Il était accompagné de Gisèle Lombard. Est-ce normal ? Tout le monde le sait, la Gisèle ne peut faire deux pas sans son petit Jean-Jacques. A tel point que certains pensent qu'elle a la tête sur le Billon. Le Molteni compressé trônera chaque jour en terrasse dans la rue Pleney où vous pourrez le voir. Il faisait soleil, un temps exceptionnel cette année, un merveilleux présage pour Fabienne et Jean-Paul Lacombe.